Aides aux entreprises: les subventions reculent

ÉconomieMalgré de bons résultats, la Fondation d’aide aux entreprises manque de soutien. Ses dirigeants s’en inquiètent.

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Nouvel exercice réussi, en 2018, pour la Fondation d’aide aux entreprises (FAE). Dans son rapport annuel, qu’elle vient de publier, la FAE indique que 20,8 millions de francs ont été injectés dans l’économie genevoise par son biais l’an dernier et que plus de mille emplois ont été soutenus. Septante-neuf PME ou autres start-up ont bénéficié de son intervention, un record.

Son président, Philippe Lathion, se montre pourtant amer. Il souligne que depuis plusieurs années, et malgré de nombreux bons résultats, la subvention dont bénéficie la FAE diminue. Or elle est essentielle pour remplir sa mission. «Aujourd’hui la capacité de soutien de la FAE pour répondre aux demandes de financement est réduite», écrit-il.

La FAE, qui emploie une petite dizaine de personnes, a été mise en place en 2006 par l’État pour apporter des solutions de financement aux entreprises du canton. Elle doit ainsi soutenir l’économie locale, en évitant toute distorsion de concurrence. En 2010, le Canton lui a versé une subvention de 8,9 millions de francs, un chiffre qui a diminué depuis. En 2018, il est passé à 5,36 millions – quelque 3,5 millions en moins en huit ans.

«L’argent revient souvent»

«Si la FAE veut continuer à mener à bien sa mission, il faut lui en donner les moyens», indique Patrick Schefer, son directeur, rencontré mardi. «Si les subventions continuent de diminuer, la FAE aura moins d’impact.»

Le directeur insiste sur le fait qu’une grande partie des subventions sert à couvrir les risques et que souvent l’argent retourne dans les caisses de l’État. «Sans garanties financières suffisantes, nos banques partenaires nous lâchent et nous ne pouvons pas soutenir autant d’entreprises que nous voulons. C’est d’autant plus dommage que dans l’écrasante majorité des cas, l’entreprise réussit à rembourser les emprunts et l’argent est rendu à l’État.»

La baisse est d’autant plus piquante que Pierre Maudet, le ministre de tutelle de la FAE, a indiqué il y a quelques années vouloir doter de davantage de moyens les organisations cantonales chargées d’accompagner les entreprises. Le montant des subventions accordées à l’Office de promotion des industries et des technologies (OPI), à la Fondation genevoise pour l’innovation technologique (Fongit) et à Éclosion (un incubateur dans les sciences de la vie) décline pourtant également depuis plusieurs années.

Projet de loi

Sollicité, Pierre Maudet estime qu’à la FAE, ce recul a été en partie compensé par «un mécanisme de capitalisation des sommes perçues et non utilisées». Le magistrat précise que «les montants publics alloués durant quatre ans qui n’étaient pas consommés devaient auparavant obligatoirement être restitués à l’État. Ces derniers peuvent désormais être provisionnés en tant que risques, c’est-à-dire imputés en réserve, pour un éventuel usage ultérieur.»

Pierre Maudet ajoute que nos questions «tombent à point nommé puisqu’un projet de loi accordant des indemnités et une aide financière de fonctionnement à des organismes d’aide et de promotion des entreprises, pour les années 2020 à 2023, a été déposé le 17 avril». Le texte prévoit une augmentation annuelle du budget de la FAE de 642 464 francs, portant ainsi l’indemnité financière octroyée par le Canton à quelque 6 millions de francs. Selon le conseiller d’État chargé de l’Économie, cette adaptation législative doit permettre de maintenir à niveau les prestations de la FAE. «Les ressources supplémentaires qui y sont introduites s’avèrent indispensables à l’accomplissement des missions relatives au soutien du tissu entrepreneurial de notre canton», souligne Pierre Maudet.

Reste à savoir dans quelle mesure ce texte présenté par le Conseil d’État, qui comprend également l’octroi de 300 000 et de 40 000 francs annuels supplémentaires pour la Fongit et l’OPI, recevra un accueil favorable de la part des députés genevois.

Créé: 10.06.2019, 21h10

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