Après l'agression d'un arbitre, l'État et la Ville de Genève réagissent

Football genevoisLe Canton rencontrera l’Association genevoise de football et les arbitres le 18 septembre, afin de dresser un état des lieux de la violence.

Thierry Apothéloz, conseiller d'État chargé du Sport.

Thierry Apothéloz, conseiller d'État chargé du Sport. Image: Steve iuncker gomez

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«L’agression d’un arbitre est inadmissible.» Conseiller d’État chargé des Sports, Thierry Apothéloz a réagi mercredi matin sur sa page Facebook après les violences dont a été victime un arbitre, dimanche aux Evaux.

Cas isolé ou recrudescence de violence?

Le magistrat socialiste, que nous avons contacté mercredi, annonce qu’il a invité l’Association cantonale genevoise de football (ACGF) et l’Union genevoise des arbitres de football (UGAF) à se mettre autour d’une table pour dresser un premier état des lieux. La rencontre est prévue le 18 septembre: «Je veux voir dans quelle mesure cet épisode tragique est un fait isolé ou s’il y a derrière une recrudescence des problèmes de violence autour des stades, explique-t-il. Je souhaite en outre étendre la réflexion, par le biais d’une enquête, à l’ensemble des clubs de sport du canton. Le message doit être ferme: aucune forme de violence n’est tolérable dans les enceintes sportives, qui doivent être des cadres aidant à la tolérance et à la construction de la cohésion sociale. Le hasard du calendrier fait que nous avons abordé cette question avec le Bureau de l’intégration des étrangers, qui travaille depuis quelque temps sur un projet de prévention de la violence et des discriminations dans le sport. Il sera présenté très prochainement.»

Une problématique plus large

Selon Thierry Apothéloz, des Assises contre la violence, réclamées par les arbitres au mois de juin, «sont intéressantes car elles permettent à toutes les personnes concernées de trouver des solutions en commun. Mais ce n’est pas une solution magique. Je comprends la réaction des arbitres et leur colère devant cet acte de violence inadmissible. La force de cette réaction m’invite à penser que la problématique est plus large et qu’il y a des points à éclaircir autour de cette affaire. C’est l’objectif de la rencontre du 18 septembre. La justice mènera son enquête.»

L'expérience de Vernier

Ancien conseiller administratif à Vernier, Thierry Apothéloz a eu l’occasion de se pencher sur la question de la violence dans le sport au sein même de sa commune: «Par exemple, il y a de cela quelques années, un mandat avait été donné aux travailleurs sociaux hors murs pour intervenir auprès des jeunes spectateurs qui avaient des comportements parfois inadéquats autour d’un stade. C’est une piste à développer avec l’ensemble des acteurs concernés: joueurs, responsables de club, spectateurs, arbitres, fédérations. Même si je souligne que, dans l’ensemble, à Genève, ces problèmes sont rares et que dans l’immense majorité des cas, tout se passe très bien.»

La Ville a organisé un forum sur la violence dans le sport

De son côté, la Ville de Genève, dont les terrains accueillent chaque semaine plus d’une centaine de matches, suit de très près le dossier: «Nous avons déjà eu l’occasion de dire à l’ACGF, avec laquelle je n’ai pas encore pris contact suite à l’agression de dimanche, qu’il fallait dépasser le stade de la réaction, de la sanction», relève Sami Kanaan, conseiller administratif chargé du Sport. «Je comprends la colère des arbitres. Je rappelle que sans eux, ça ne tournerait pas. De notre côté, dans nos centres sportifs, nous devons aussi gérer les après-matches, les tensions dans et hors des vestiaires. Il ne faut pas diaboliser toutes les rencontres, la plupart d’entre elles se déroulent bien. Mais la violence est parfois là.»

En mars 2017, la Ville avait d’ailleurs axé son forum du sport bisannuel sur la problématique de la violence. «Organiser des États généraux avec l’ACGF, qui demeure un partenaire précieux, me semble un bon début pour retrouver le plaisir de faire du sport», poursuit le magistrat socialiste.

Des matches auront-il lieu ce week-end?

Le comité central de l’ACGF, quant à lui, annonce que les arbitres qui souhaitent officier ce week-end pourront le faire librement, malgré la grève annoncée par l’UGAF. Les directeurs de jeu sont invités à se déterminer avant 10 h ce jeudi. Les clubs seront ensuite avisés avant 16 h.

Les actions de l'ACGF

L'association rappelle en outre qu'elle ne reste pas inactive face à la violence et promeut le fair-play de diverses manières, notamment avec la mise en place du concept «Be tolerant» chez les juniors, la supervision par des inspecteurs ou délégués de certains matches jugés à risque, en collaboration avec la police cantonale, ou encore la collaboration avec les communes pour la mise en place de réseaux autour des clubs. En outre, des instructeurs arbitres sont mis à la disposition des clubs. (TDG)

Créé: 12.09.2018, 18h57

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