Agressée dans le tram à Genève, deux semaines avant le vote anti-homophobie

Votations du 9 févrierUne romande témoigne des menaces et insultes qu'elle a subies parce qu'elle portait un badge contre les discriminations sexuelles.

Le 9 février, les citoyens suisses devront dire s'ils acceptent d'élargir la norme pénale aux discriminations en raison de l'orientation sexuelle.

Le 9 février, les citoyens suisses devront dire s'ils acceptent d'élargir la norme pénale aux discriminations en raison de l'orientation sexuelle. Image: Lucien Fortunati

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«La menace et les insultes, tout comme l'indifférence et le silence, cela ne doit plus être une option». Sur sa page Facebook, Jehanne, une Neuchâteloise de 41 ans, a témoigné dimanche 26 janvier de l'agression homophobe qu'elle a subie en prenant le tram 15 à Genève entre les Acacias et Cornavin. Elle portait un badge de la campagne contre les discriminations de la votation du 9 février, quand un homme assis juste derrière elle, les pieds posés sur le siège, a commencé à l'insulter et à la menacer.

Elle écrit: «Un homme m’a traité de «sale gouine qui ne devrait pas exister, qui mériterait qu’on lui foute le feu» à plusieurs reprises. Il a ensuite tenté de me balancer son poing dans le visage (sans que quiconque dans le tram ne bouge)». Elle a directement porté plainte contre X, pour insulte et menace.

Jointe par téléphone, elle soutient d'une voix posée qu'un oui à la votation du 9 février aurait permis d'ajouter les circonstances aggravantes d'insulte à caractère homophobe. Si Jehanne estime avoir été accueillie correctement par la police, qui lui a proposé un verre d'eau et a vu qu'elle était choquée, elle se souvient qu'il n'était «pas très agréable d'être debout derrière une vitre pour déposer plainte alors qu'on se sent encore très mal».

La victime ajoute que l'homme, d'apparence jeune, qui visait aussi verbalement «les juifs et les cathos», a fini par sortir de la rame en se retournant pour lui diriger des doigts d'honneur. Jehanne déplore que personne n'ait réagi. «J'étais tremblante, en train de pleurer, et je n'ai croisé aucun regard. Alors je témoigne pour montrer que cela arrive plus souvent qu'on ne le pense et qu'il faut renforcer la prévention, notamment dans les écoles, pour que les gens ne baissent plus les yeux dans le tram.»

Plainte confirmée par la police

La police genevoise confirme qu'une plainte a bien été déposée dimanche 26 janvier au poste des Pâquis. «À ce jour, il n'y a pas eu d'interpellation, indique Alexandre Brahier, porte-parole. La plaignante a fourni une photo de l'agresseur au policier enquêteur qui a établi un communiqué de recherche à son encontre. L'enquête est en cours.» Aucun témoin ne se serait annoncé pour l'heure.

Dans un communiqué commun avec la victime, la Fédération genevoise des associations LGBT condamne cette «violente agression lesbophobe et soutient pleinement Jehanne et toutes les personnes LGBT qui sont la cible d'agressions et de violence, qu'elles aient lieu dans la rue, dans l'espace public, à l'école, en famille, dans les médias ou encore dans le monde du travail.»

«Les violences et les discriminations LGBT-phobes font des ravages, en particulier auprès des jeunes LGBT, qui ont entre 2 et 10 fois plus de risques de faire une tentative de suicide que les jeunes hétérosexuels. Personne ne devrait avoir peur de prendre un tram et de se faire insulter, personne ne devrait avoir peur de marcher dans la rue, en donnant la main à la personne que l’on aime et de se faire agresser, de lire des propos appelant à la haine contre les personnes trans dans les médias, de faire son coming-out, d’être la cible d’une discrimination institutionnelle ou étatique», conclut ce texte.

Créé: 04.02.2020, 11h42

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