Agnes Wahli met sa foi au service de l'action

PortraitRencontre avec la directrice des institutions romandes de l'Armée du Salut, une femme de terrain à l'énergie contagieuse.

Agnes Wahli sur la terrasse du Centre Espoir à la rue Jean-Dassier, dépendant de l’Armée du Salut.

Agnes Wahli sur la terrasse du Centre Espoir à la rue Jean-Dassier, dépendant de l’Armée du Salut. Image: Geroges Cabrera

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

D’abord le grade, supérieur comme la coursive panoramique sur laquelle elle a donné rendez-vous à son photographe du jour. Bonjour Major Wahli. La poignée de main, ferme et vaguement intimidante, rappelle celle du commandant des pompiers. Ondes positives, confirmées par l’image qui apparaît en fond d’écran de son téléphone portable. Une vignette philatélique éditée par la poste jamaïcaine à l’occasion des 50 ans de la naissance de Bob Marley.

A l’Armée du Salut aussi, on affectionne la musique reggae. «J’ai travaillé comme officière missionnaire sur cette île des Caraïbes pendant quatre ans. Nous étions en poste à Mandeville, au centre du pays, avec mon mari et nos deux filles. Dépaysement absolu. Nous gérions une communauté et collaborions avec deux homes pour enfants. Nous étions les rares Blancs dans la cité; la violence au quotidien était palpable; au niveau de la sécurité, c’était assez compliqué.»

On ne choisit pas d’entrer à l’Armée du Salut pour y mener une carrière tranquille, surtout lorsque l’on est précocement habité par le désir de mêler la foi à l’action. Agnes Wahli est une femme de terrain. Les opérations d’envergure ne lui font pas peur. A peine rentrée en Europe, la voici qui repart, par deux fois, comme missionnaire de liaison en Indonésie lors du tsunami de 2006; puis en 2010 en Haïti, dix jours après le tremblement de terre. «Je me suis retrouvée cheffe de camp, dans une structure montée en urgence pour accueillir 20 000 personnes. Je devais coordonner la distribution de la nourriture, l’acheminement des articles d’hygiène, recruter des volontaires pour constituer des équipes capables de répondre aux besoins sanitaires. Six semaines d’engagement sans relâche, en œuvrant de 5 h du matin à 23 h.» C’est dit d’une voix calme et altruiste, qui ne cherche pas à héroïser ce geste d’entraide active.

Forcément, quand on a dans ses rangs une femme de cette envergure, on n’attend pas pour lui confier de nouvelles responsabilités. Le vaste monde, qui se visite au pas de charge, au rythme des interventions en cas de catastrophe, ramène à Genève, où elle s’installe en famille. «J’ai vécu dans cette ville, que je ne connaissais pas, mon deuxième dépaysement. Pasteure aux Grottes, au contact de la communauté latino. J’ai mis ça sur le compte de l’humour de Dieu», glisse Agnes en souriant.

Dieu a son guichet social au chemin Galiffe. Il fallait quelqu’un pour diriger l’accueil de nuit d’urgence, le restructurer et en faire une entité en soi. Ce sera encore pour sa pomme. Elle mord dedans à pleines dents. Le quartier général de l’Armée du Salut à Berne en veut plus et la nomme directrice des institutions sociales romandes. Onze adresses sous ses ordres, 450 collaborateurs, tout en gardant un œil responsable et stratégique sur un budget global d’environ 50 millions.

A ce stade, son frère en grade ne fait pas le poids. La Major Wahli a l’esprit bâtisseur. Agnes sait l’art de convaincre les politiques. Ce sera Sécheron en 2019, une structure d’accueil sans discrimination à l’année, dotée de 90 lits. «Ce projet n’existerait pas sans nos partenaires, à commencer par la Ville et le Canton», insiste la native de Moutier (oui, Moutier, pas Kingston!) Elle incarne comme personne le slogan rassembleur de l’Armée du Salut: «Ensemble, multiplions l’espoir.»

Avant de la laisser rejoindre sa troisième séance de la journée, on lui demande d’où lui vient cette foi énergique qui l’anime. «De ma grand-mère, prénommée Simone. Elle était très croyante et m’emmenait à l’église. Elle aimait la nature, cueillir le thym et le tussilage. Elle m’a appris à mettre des feuilles de choux sur les bobos de l’enfance.» Là, on oublie le grade et l’on garde pour soi les good vibes d’une poignée de main fraternelle.

Créé: 24.11.2016, 20h24

Bio express

1964 Naissance à Moutier (Jura bernois).

1984 CFC de droguiste à Neuchâtel.

1998 Entame une formation d’officière de l’Armée du Salut à Bâle (deux ans d’internat).

2000 Envoyée en mission en Jamaïque.

2006 Mission de trois mois en Indonésie après le tsunami.

2010 Cheffe de camp de réfugiés en Haïti après le tremblement de terre.

2011 Nommée directrice de l’Accueil de nuit d’urgence de l’Armée du Salut à Genève.

2016 Devient directrice des institutions sociales romandes de l’Armée du Salut.

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Après l'accord avec l'UE, Johnson doit convaincre le Parlement
Plus...