L'achat de logements bloqué pour 50 futurs propriétaires

LancyLa vente d’appartements au quartier de l’Adret est soumise aux députés. Qui pourraient bien la refuser.

Le secteur de l’Adret, situé derrière la gare de marchandises de la Praille, a été acheté aux CFF il y a une petite dizaine d’années, dans le cadre de la construction du CEVA. Le Canton a décidé d’y construire 640 appartements. Le chantier bat son plein.

Le secteur de l’Adret, situé derrière la gare de marchandises de la Praille, a été acheté aux CFF il y a une petite dizaine d’années, dans le cadre de la construction du CEVA. Le Canton a décidé d’y construire 640 appartements. Le chantier bat son plein. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Ils ont signé, traité avec leur banque et sont en train de choisir la couleur des catelles et le revêtement de leur cuisine. Cinquante ménages se préparent à devenir propriétaires dans le futur quartier de l’Adret Pont-Rouge, à Lancy. Mais leur rêve est suspendu au feu vert du Grand Conseil, qui pourrait bien refuser la vente de ces appartements.

Comme les terrains appartiennent à l’État, l’accord des députés est obligatoire. Pour l’heure, les élus rechignent. La Commission des finances a en effet rejeté un projet de loi qui concrétise ces transactions. Une alliance contre nature s’est forgée contre elles. Elle est composée des députés socialistes, d’Ensemble à Gauche et du Parti libéral-radical (PLR). Le plénum devrait se prononcer à la fin de mars ou d’avril.

Le secteur de l’Adret, situé derrière la gare de marchandises de la Praille, a été acheté aux CFF il y a une petite dizaine d’années, dans le cadre de la construction du CEVA. Le Canton a décidé d’y construire 640 appartements. Le chantier bat son plein.

L’opération a été menée par un organisme public, la Fondation pour la promotion du logement bon marché et de l’habitat coopératif (FPLC). D’ordinaire, elle se consacre aux logements sociaux. Mais à l’Adret, elle a décidé de vendre une cinquantaine d’appartements en pleine propriété (PPE).

Mixité sociale

Pourquoi cette exception? Pour apporter de la mixité sociale, mais surtout pour équilibrer les comptes. Car le terrain a coûté 51 millions, dont 17 pour la dépollution et l’arrachage d’anciens rails. La PPE permet d’absorber ces surcoûts et d’apporter du cash.

Mais voilà. La gauche est réticente. Pour elle, la mission de la FPLC consiste à réaliser du logement bon marché. La laisser faire de la PPE représente une «dérive» non souhaitable. Quant à la mixité, elle estime qu’elle pourrait être obtenue par des logements non subventionnés.

La position du PLR est plus surprenante. Ce parti est le grand défenseur de l’accession à la propriété. La PPE, il en raffole. Pourquoi s’y opposer?

Le rôle du promoteur

Il faut savoir qu’en général, la FPLC se contente d’acheter des terrains et de les remettre à disposition de communes ou d’acteurs privés. Or, à l’Adret, elle a endossé le rôle de promoteur, ce qui déplaît au PLR. «La FPLC sort de sa mission, estime Cyril Aellen, député PLR. Il n’appartient pas à un organisme subventionné de faire ce que le privé peut réaliser aux mêmes conditions. Le PLR défend les PME et le libre marché. D’ailleurs, les prix obtenus par la FPLC ne sont pas meilleur marché. Il n’y a donc aucun avantage à faire construire par un acteur public.»

Le conseiller d’État Antonio Hodgers rappelle que c’est son prédécesseur François Longchamp, un PLR, qui avait opté pour cette solution. «Sinon nous n’aurions eu que des logements sociaux. Je trouve la position du PLR un peu rigide, lui qui ne jure que par la PPE.»

Enfin, certains députés ont tiqué en voyant la liste des futurs acquéreurs. On y trouve un ancien haut fonctionnaire dont les activités étaient liées au développement du CEVA, chantier dont découle cette opération immobilière. La FPLC a expliqué que les attributions ont été faites par une régie, choisie à la suite d’un appel d’offres, et selon des critères stricts.

«Considérations dogmatiques»

Le Grand Conseil va-t-il suivre la position de sa commission? À voir. Un proche du dossier regrette qu’il soit «pollué par des considérations dogmatiques qui n’ont rien à voir avec l’économie immobilière».

«Si la vente est refusée, nous céderons ces PPE en droit de superficie», prévoit le magistrat. En clair, les propriétaires ne posséderont que les murs, l’État restera propriétaire des terrains et réclamera une rente pour son usage. Près de quarante autres appartements ont déjà été vendus sous cette forme dans le quartier.

Logements livrés début 2020

Les futurs acquéreurs ont acheté en connaissance de cause. Ils savent que la vente est conditionnée au vote du Grand Conseil. Il n’empêche que les appartements seront livrés au début de l’année prochaine. Des propriétaires ont déjà payé des plus-values pour des aménagements spécifiques. «Si la vente était annulée, ils seraient remboursés», assure Damien Clerc, à la FPLC.

Créé: 19.03.2019, 07h22

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