«Ces accusations ne tiennent pas debout»

InterviewCandidat à la Mairie de Genève, Simon Brandt dénonce une arrestation «disproportionnée» et conteste les faits reprochés.

Simon Brandt, candidat au Conseil administratif de la Ville de Genève, a été relâché en fin de soirée vendredi.

Simon Brandt, candidat au Conseil administratif de la Ville de Genève, a été relâché en fin de soirée vendredi. Image: Laurent Guiraud

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Vendredi aux aurores, le député PLR et conseiller municipal Simon Brandt a été arrêté par la police, avant d’être relâché quinze heures plus tard, après quatre perquisitions. Prévenu de violation du secret de fonction, le candidat à l’Exécutif de la Ville de Genève s’exprime pour la première fois sur les circonstances de son interpellation, qu’il juge disproportionnées, et clame son innocence.

Simon Brandt, votre arrestation a alimenté de nombreuses rumeurs. Que s’est-il vraiment passé?

À 7h15, je sortais de chez ma mère, chez qui j’avais passé la nuit, pour aller au Grand Conseil (ndlr: session du budget). En bas de l’immeuble, trois inspecteurs m’ont demandé de les suivre. Au total, ils étaient onze, postés devant mon domicile, celui de ma mère et de mon ex-compagne. J’ai été amené dans les locaux de l’Inspection générale des services (IGS). Là, on m’a demandé de me dévêtir. On m’a placé en cellule, avant de m’en sortir pour m’installer dans une autre pièce. On m’a ensuite passé les menottes pour me les enlever quelques minutes plus tard. Une fois à l’Hôtel de police, on m’a remis en cellule. J’ai appris pourquoi j’étais là vers 16h45, en même temps que mon avocat, que je venais de voir.

Y a-t-il bien eu perquisition?

Oui, il y en a eu quatre au total. Vers 11h, on m’a emmené à mon bureau, puis chez ma mère, où l’on a perquisitionné ma chambre d’enfant. On a pris tous les ordinateurs, un disque dur externe et même les clés USB de ma sœur. On a fait pareil chez moi et chez mon ex-compagne, comme si j’avais pu y cacher des choses.

Alors, que vous reproche-t-on?

À 16h45, mon audition par la police a commencé et a duré quatre heures. J’ai compris qu’un volet concernait la diffusion du rapport sur les notes de frais des fonctionnaires de la Ville, dont on me soupçonne d’être l’auteur, bien que le document soit considéré comme public par le préposé aux données et à la transparence. L’autre reproche, en revanche, était gravissime: on m’a dit avoir découvert fortuitement dans mon téléphone (ndlr: confisqué lors d’une première perquisition en juin) un message portant à croire que j’avais transmis des données police à un tiers, via mon poste de travail.

Et l’avez-vous fait?

?Dans ce message, envoyé en décembre 2018, je confirmais à un tiers qu’une connaissance commune avait bien déposé une main courante. Mais je l’ai vérifié oralement auprès d’un autre proche, et non pas dans les dossiers police. Je n’ai jamais consulté la main courante, je ne sais même pas si j’y ai accès car je n’en ai pas besoin dans mon travail. Par ailleurs, à cette période, je n’étais même pas au travail mais en vacances. Consulter des dossiers tels que ceux-ci laisse une trace dans le système. Or, les policiers n’ont même pas vérifié avant de m’arrêter! Au vu de mes réponses, le procureur général m’a informé que ces vérifications allaient être faites. Ces accusations ne tiennent pas debout.

L’action de la police était-elle disproportionnée selon vous?

Si on m’avait téléphoné, envoyé une convocation au lieu de venir me cueillir au pied du lit, je serai venu. Si on m’avait fait chercher à mon travail, j’aurais coopéré. Moi, Simon Brandt, 1m93, 68 kilos, candidat à la Mairie qui n’aime pas voyager, je n’allais pas m’enfuir, je ne suis pas violent! On m’a fait comprendre que j’allais passer la nuit en cellule, et finalement ça n’a pas été le cas. C’était impossible de faire plus violent, à part en mobilisant le char Piranha ou le groupe d’intervention! D’autant plus que ces policiers savaient que la perquisition de juin m’avait déjà beaucoup choqué. Tout cela n’était pas justifié.

Y voyez-vous une revanche vis-à-vis de Pierre Maudet, qui vous a placé à votre poste actuel à la police?

Prétendre que je fouillerai dans les dossiers pour ce dernier n’a aucun sens et est une accusation très grave. Je suis la dernière personne à pouvoir le faire en toute discrétion. Pierre Maudet a nommé des dizaines de personnes à la police, avec un statut bien supérieur au mien. Mais probablement qu’à travers moi, certains souhaitent l’atteindre ou obtenir des informations à son sujet. Des policiers étaient très hargneux, d’autres moins. On m’a jeté en pâture sur la place publique. Pourquoi maintenant, à la veille du budget, le jour même de l’audition de Pierre Maudet, alors que la police avait déjà saisi mon téléphone il y a six mois?

D’autres éléments ont-ils attisé la curiosité des inspecteurs?

On m’a aussi reproché la présence de certains documents sur mon bureau (rapport d’arrestation sur les antispécistes, directive VIP), alors qu’ils m’avaient été donnés par des collègues policiers pour pouvoir simplement effectuer le travail d’analyse pour lequel je suis employé.

Cette affaire remet-elle en question vos prétentions à la Mairie?

Paradoxalement, elle m’a donné beaucoup d’énergie. Sur le volet police, mon innocence est facilement prouvable. La plainte sur le rapport de la Ville, pourtant public selon le préposé, montre quant à elle le message de l’Exécutif actuel: élus, taisez-vous, sinon voici ce qui vous arrivera! Ma mère a été perquisitionnée trois fois en six mois juste parce que son fils fait de la politique! Ce n’est pas acceptable.

Contestez-vous votre suspension?

J’ai été libéré de mon obligation de travailler. Je ne me vois pas retourner travailler à la police avant que le doute soit levé sur cet aspect.

Créé: 15.12.2019, 20h59

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