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Un accord a été trouvé afin de satisfaire Caran d’Ache

La parcelle que va quitter l’entreprise à Thônex sera déclassée en zone ordinaire, de quoi mieux financer son déménagement.

Le terrain qu’occupe actuellement Caran d’Ache sera déclassé en zone ordinaire.
Le terrain qu’occupe actuellement Caran d’Ache sera déclassé en zone ordinaire.
Georges Cabrera

C’est un Antonio Hodgers, patron de l’Aménagement, tout sourire qui a présenté mercredi l’accord trouvé avec Caran d’Ache concernant l’avenir de la parcelle de 3,4 hectares que l’entreprise va laisser à Thônex. Aujourd’hui en zone industrielle, le terrain sera déclassé en zone ordinaire, un régime dans lequel l’État ne contrôle pas les prix, ce qui offre une meilleure rentabilité au projet d’urbanisation qui s’y développera. Une modification qui doit encore être validée par le Grand Conseil.

«La règle, c’est que nous déclassions en zone de développement, a toutefois précisé d’emblée le conseiller d’État. Cette parcelle est l’exception car plusieurs conditions sont remplies pour que nous puissions le faire sans risque.»

Le propriétaire s’engage

Ces conditions réunies sont l’existence d’un propriétaire unique du terrain, une superficie pas trop grande et un environnement déjà urbanisé. De plus, et surtout, il y a les engagements de Caran d’Ache à ne densifier que modérément, à proposer une part de logements en coopérative d’habitations et à destination de personnes âgées. Last but not least, la Commune recevra le terrain nécessaire à la réalisation d’un demi-groupe scolaire.

En clair, chacun a fait un bout de chemin pour aboutir à ce compromis. Lequel a également l’approbation de la Commune, souligne le Conseil d’État. «Cette solution satisfait toutes les parties, a confirmé Carole Hubscher, présidente du conseil d’administration de Caran d’Ache. Elle marque l’engagement du Conseil d’État en faveur de notre entreprise. J’en profite pour remercier la Commune de Thônex, qui accepte une densification responsable.»

Une polémique pour rien?

A priori, tout le monde est content, mais ce n’était pas exactement l’état d’esprit il y a trois semaines, alors que les acteurs du dossier négociaient encore. Dans un article de la Tribune de Genève du 7 mars, le conseiller administratif thônésien Pascal Uehlinger assurait qu’Antonio Hodgers tenait mordicus à de la zone de développement – ce qui aurait impliqué une densification importante – et qu’on allait de ce fait au clash.

«Ce dossier a effectivement été médiatisé de manière surprenante, a commenté Pierre Maudet, également présent. Cette démarche de la Commune étonne alors que les négociations n’étaient pas achevées. Ce sont les mystères de la politique communale… Pour le Conseil d’État, l’essentiel était d’accompagner cette relocalisation dans le canton.»

Fleuron de l’industrie genevoise, créée en 1915, renommée dans le monde entier, l’entreprise Caran d’Ache quittera le site qu’elle occupe depuis 1974 à Thônex à l’horizon 2022-2023, a précisé Carole Hubscher. Mais elle restera à Genève, comme l’a souligné avec satisfaction Pierre Maudet. C’est dans la zone industrielle en devenir des Rouettes, située à Bernex, qu’elle a trouvé son bonheur.

Les Corbillettes, c’est non

Il y a l’exception, et puis il y a la règle. Selon le Conseil d’État, c’est cette dernière qui doit s’appliquer au périmètre dit des Corbillettes, sur la commune de Vernier, qui se situe entre l’avenue Louis-Casaï et le chemin des Corbillettes. Le gouvernement a donc décidé mercredi matin de ne pas déclasser en zone ordinaire ce terrain comme le lui demandait la majorité du Grand Conseil dans une motion.

«La parcelle de Caran d’Ache remplit toutes les conditions pour un déclassement en zone ordinaire, celle des Corbillettes aucune, a ajouté Antonio Hodgers. En outre, la Commune de Vernier s’est opposée à la création d’une zone ordinaire sur son territoire.»

L’Exécutif cantonal souhaite en fait depuis 2011 déclasser ce secteur en zone de développement 3. «Nous estimons que la zone de développement constitue un mécanisme adéquat de mise à disposition de logements répondant aux besoins de la population, tout en assurant une certaine mixité sociale», a poursuivi le responsable de l’Aménagement.

Le système permet de contrôler les plans financiers des futures constructions ainsi que les prix de location ou de vente pendant dix ans. La zone de développement implique également l’élaboration d’un plan localisé de quartier, ce qui garantit une organisation spatiale plus cohérente. Un autre mécanisme prévoit la possibilité de cessions gratuites de terrains à l’État ou aux communes en contrepartie de la garantie des droits à bâtir aux propriétaires. Enfin, cette zone permet l’application de la «loi Longchamp», cadrant l’accès à la propriété par étages (PPE).

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