Sans accord, les agents municipaux feront la grève chaque mois

Ville de GenèveLa police municipale débrayera deux jours, à la rentrée de février. Objectif: obtenir une hausse de salaire.

La police municipale de la ville fera grève le lundi 25 et le mercredi 27 février, durant deux heures.

La police municipale de la ville fera grève le lundi 25 et le mercredi 27 février, durant deux heures. Image: Laurent Guiraud

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Ils ne vont pas lâcher. Les agents de police municipale (APM) ont écrit au Conseil administratif de la Ville de Genève afin de détailler les conditions de leur grève: ces pandores débrayeront deux jours, après les vacances de février. Et ils n’hésiteront pas à reconduire cette action tous les mois s’ils n’obtiennent pas de réponse à leur revendication principale: la réévaluation salariale de leur fonction.

La police municipale de la ville fera grève le lundi 25 et le mercredi 27 février prochain, durant deux heures. Pas de manifestation ou de sit-in prévu, juste un rassemblement d'agents dans une salle qui reste encore à déterminer. Puis, le 8 mars, en fonction des avancées du dossier, les agents décideront de reconduire ou non leur débrayage. Un processus qui sera renouvelé à chaque début de mois.

La période n’est pas choisie au hasard. La semaine de la rentrée scolaire est une période de grande visibilité pour la police municipale, qui mène une action de prévention et de répression baptisée «PréDire» en collaboration avec la police cantonale. Les agents procèdent par exemple à des contrôles de vitesse ou d'alcoolémie.

Un seul contrôle manqué

N’est-il pas irresponsable de débrayer en pleine campagne de prévention? Non, assure le Syndicat des polices municipales genevoises (SPMG). «D’une part, nous ne manquerons qu’un seul contrôle sur 16, le lundi à la reprise des cours, de 14 h à 16 h, explique Cyril Nobs, son vice-président. D’autre part, la police cantonale sera présente également. L’objectif n’est pas de prendre en otage les citoyens.» Contactées, les forces de l'ordre cantonales disent ne pas avoir été sollicitées par les APM au sujet de leur grève.

Comme expliqué dans nos éditions du samedi 1er février, la police municipale de la Ville souhaite que son salaire soit réévalué suite à l’élargissement de ses compétences ces dernières années, notamment judiciaires. Depuis 2011, les agents sollicitent la création de deux classes salariales supplémentaires. Sans succès: si le conseiller administratif en charge des APM, Guillaume Barazzone, s’est prononcé en faveur de cette hausse salariale, celle-ci s’inscrit dans un projet global de réévaluation des fonctions de la Ville de Genève, actuellement bloqué. En effet, pour l’heure, la commission du personnel de la Ville ne siège plus dans la commission d’évaluation, regrettant un "manque de transparence". Des discussions sont en cours pour reprendre le processus.

Demande de transparence

Les agents de police municipale demandent également à avoir accès à la liste des indemnités auxquels ils sont censés avoir droit. En effet, outre un forfait pour leurs horaires irréguliers, pour la pénibilité du travail et pour l’entretien de leur matériel, ceux-ci estiment pouvoir bénéficier de compensations supplémentaires vu les nuisances qu’ils subissent. «Mais il n’y a pas de transparence. On refuse de nous donner ces informations sous prétexte que l’évaluation des fonctions est en cours», poursuit Cyril Nobs.

L’objectif n’est pas de prendre en otage les citoyens

Cyril Nobs, Vice-président du Syndicat des polices municipales genevoises

Côté politique, les élus n’ont pas tardé à donner de la voix suite à l’annonce de la grève. Quatre motions et une interpellation ont été déposées en urgence lors du dernier Municipal. Un texte émanant du PLR et du MCG exige la réévaluation de la fonction ainsi que l’accès au brevet fédéral. L’UDC demande le port de l’arme pour les agents, tandis qu’Ensemble à Gauche souhaite que ceux-ci soient sensibilisés aux violences sexistes. Enfin, les Verts et le MCG veulent une étude approfondie des besoins d’une telle police en ville et demandent la création d’un statut spécial dans la loi, toujours pour permettre aux APM d’obtenir le brevet fédéral. (TDG)

Créé: 11.02.2019, 19h36

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