Les associations de défense des handicapés se fâchent

PolitiqueSelon elles, la majorité de droite de la Commission du logement a vidé de sa substance le projet de loi du Conseil d’État.

Seuls les bâtiments offrant plus de 50 places de travail ou ceux comprenant plus de 8 logements seraient concernés.

Seuls les bâtiments offrant plus de 50 places de travail ou ceux comprenant plus de 8 logements seraient concernés. Image: Pierre Abensur

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Les associations de défense des handicapés montent au créneau. En cause, l’accessibilité des constructions et des installations, un dossier qui est au cœur de leurs préoccupations. Or, dénoncent-elles, les représentants de la droite à la Commission du logement du Grand Conseil viennent de «vider de sa substance le projet de loi du Conseil d’État».

«L’objectif est de diminuer les obstacles pour les handicapés, or le rapport de majorité de la commission prévoit au contraire d’élever de nouvelles barrières», image Marjorie de Chastonay, présidente de la FéGAPH (Fédération genevoise des associations de personnes handicapées et de leurs proches). «C’est scandaleux!» ajoute la députée Verte.

«Les seuls intérêts défendus par les élus de droite sont ceux des milieux de l’immobilier», enchaîne la socialiste Irène Buche, rapporteuse de minorité. «Le rapport de majorité met des limites inacceptables à l’accessibilité aux constructions. Seuls les bâtiments offrant plus de 50 places de travail ou ceux comprenant plus de huit logements seraient concernés. Ce projet de loi n’a dès lors plus de sens et la gauche le refusera.» Pierre Vanek (Ensemble à Gauche) annonce de son côté que son parti soutiendra le lancement d’une initiative populaire si le projet de loi amendé par la commission devait être accepté.

Anticonstitutionnel

«Sur le fond, le projet de loi du Conseil d’État est dénaturé, constate l’avocat Cyril Mizrahi, vice-président de la FéGAPH et lui aussi député PS. Il n’est dès lors plus conforme à la nouvelle Constitution genevoise de 2012 ni à la Convention de l’ONU sur les droits des personnes handicapées. Par exemple, la Constitution ne mentionne aucun seuil à partir duquel les logements et les places de travail doivent être adaptés à tous. Au contraire du rapport de majorité. Par ailleurs, prévoir que des portes, des couloirs, des aménagements dans les sanitaires puissent être adaptés en cas d’occupation du local par une personne handicapée ne représente pas des coûts excessifs.»

L’urgence sera demandée

André Assimacopoulos, président de l’association HAU (Handicap Architecte Urbanisme), rappelle en outre que «chacun d’entre nous peut, à un moment ou un autre, souffrir d’un handicap, même temporairement. Pensons aussi aux personnes qui vieillissent et ne peuvent plus se déplacer avec facilité. S’il faut alors entreprendre de gros travaux dans un logement pour l’adapter, par exemple aménager des douches de plain-pied avec l’écoulement nécessaire, élargir des portes, etc., c’est long et compliqué.»

La FéGAPH a donc proposé un amendement général au projet de loi et l’urgence sera demandée au Grand Conseil, ce jeudi.

Les arguments de la droite

Rapporteur de majorité, député PLR et secrétaire général de la Chambre genevoise immobilière (CGI), Christophe Aumeunier répond aux critiques: «Je constate d’abord que la commission s’est réunie à 19 reprises et a procédé à de très nombreuses auditions, notamment des représentants des milieux du handicap. C’est beaucoup, preuve que notre travail a été très fouillé.»

Le député ajoute que «les représentants de la droite ont eux aussi un immense respect pour les personnes souffrant d’un handicap. Mais nous devons également tenir compte des questions de proportionnalité. Rendre des locaux adaptables, cela équivaut à adapter dès le départ la typologie des pièces, la taille des couloirs, des portes, l’absence de seuils, etc. Cela a un coût, qui devrait alors être supporté par les locataires ou les propriétaires. C’est donc difficile à réaliser pour toutes les constructions.»

Christophe Aumeunier précise enfin que «la FéGAPH nous a transmis de nouveaux amendements après les travaux de la commission. Je vois mal comment le Grand Conseil pourrait les voter sur le siège, il faut auparavant les étudier. En revanche, je ne serais pas défavorable à un renvoi en commission, si le parlement l’accepte.»

(TDG)

Créé: 21.03.2018, 20h12

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

La Suisse, nid d'espions
Plus...