L’absence non justifiée d’un élève sera amendée

GenèveLe Département de l’instruction publique souhaite limiter l’absentéisme dans les classes du primaire et du Cycle d’orientation.

Onex, le 23 avril 2015. Un cours donné au Cycle d’orientation du Marais.

Onex, le 23 avril 2015. Un cours donné au Cycle d’orientation du Marais. Image: Pierre Abensur

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Terminé, les week-ends prolongés à répétition et les vacances à la carte! La rentrée scolaire 2015 se veut stricte. Le Département de l’instruction publique (DIP) vient de mettre sur pied une procédure détaillée des mises à l’amende pour absences non autorisées ou injustifiées. Les enseignants ont été informés, lors de leur séance de rentrée, de la possibilité de sévir financièrement.

Le DIP précise que la mise en pratique de cette procédure vise à «outiller les directions d’école d’une mesure de dernier recours pour assurer la présence des élèves en classe et garantir leurs apprentissages dans le cadre de l’école obligatoire». Objectif: faire face à l’absentéisme qui sévit au primaire et au Cycle d’orientation. «Nous n’avons pas de statistiques à disposition, indique Pierre-Antoine Preti, responsable de la communication et des relations extérieures au DIP, mais la généralisation de l’usage des vols low cost, en particulier, a conduit les élèves à être absents hors des vacances scolaires.»

Concrètement, les parents qui n’enverront pas leur enfant à l’école de manière injustifiée ou sans en avoir au préalable été autorisés par l’enseignant ou le directeur d’établissement pourront être sanctionnés. Mais seule la Direction générale de l’enseignement obligatoire est habilitée à prononcer la mise à l’amende, sur la base d’une analyse détaillée d’un rapport d’infraction adressé par les directions d’établissement.

«Il est important de considérer qu’il s’agit d’une mesure d’ultime recours, après que l’ensemble des autres mesures possibles a été déployé dans le cadre de la relation famille-école», ajoute Pierre-Antoine Preti.

Jusqu’à 1200 francs

La nouvelle procédure détaille le montant des amendes. Ainsi, la première infraction sera passible de 150 francs, la deuxième de 350 francs et la troisième de 1200 francs. Des frais administratifs de 10 à 30 francs seront facturés en sus.

Selon le document, la mise à l’amende pourra être prononcée plusieurs fois durant la scolarité obligatoire. Et c’est le service finances et administration de la Direction générale de l’enseignement obligatoire qui sera chargé d’établir la contravention et d’assurer le suivi du débiteur. Le montant de l’amende ira directement dans les caisses de l’Etat et ne sera donc pas destiné à l’établissement scolaire concerné.

En soi, la possibilité d’amender les absents n’est pas nouvelle. Elle existait déjà depuis plusieurs années dans la Loi sur l’instruction publique, ainsi que dans les règlements d’application de l’école primaire et du Cycle d’orientation. «De rares mises à l’amende ont eu lieu uniquement au Cycle d’orientation il y a plus de cinq ans, précise le chargé de communication. Depuis, cela n’a plus été appliqué. La procédure a été réactualisée dans le cadre de la création de l’enseignement obligatoire et communiquée aux enseignants lors de cette rentrée scolaire 2015-2016. Elle permet un traitement équitable des situations tant au niveau du primaire que du Cycle.»

Accueil mitigé

Du coté de la SPG (Société pédagogique genevoise, le syndicat des enseignants) et des associations de parents d’élèves, la mesure ne convainc pas. «Je ne suis pas persuadé de l’efficacité des amendes, indique Laurent Vité, président de la SPG. Je pense que le dialogue entre enseignants et parents reste primordial. En revanche, je comprends que le DIP souhaite montrer aux parents qu’ils ont également des devoirs, et pas seulement des droits.»

Même son de cloche au sein du Groupement genevois des associations de parents du primaire: «Nous espérons que cette sanction sera appliquée avec intelligence et mesure», commente la coordinatrice, Anne Thorel Ruegsegger.

En punissant financièrement l’absentéisme, Genève ne fera pas exception. «Vaud, Fribourg et Neuchâtel pratiquent la mise à l’amende, affirme Pierre-Antoine Preti. En Suisse alémanique, cette pratique est aussi répandue.» (TDG)

Créé: 03.09.2015, 19h00

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