ABB Sécheron renonce à délocaliser le site de Meyrin

Économie Deux ans après l'annonce de délocalisation, le groupe zurichois fait volte-face et maintient son site de Meyrin. Le groupe japonais Hitachi en sera le propriétaire.

Unia manifestait à l'automne 2017 devant les locaux de l'entreprise de Meyrin après l'annonce des projets de délocalisation.

Unia manifestait à l'automne 2017 devant les locaux de l'entreprise de Meyrin après l'annonce des projets de délocalisation. Image: Lucien Fortunati / Archives

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C’est une volte-face dont l’histoire industrielle genevoise se souviendra: ABB Sécheron SA renonce à délocaliser son site de Meyrin dédié à la fabrication des transformateurs de traction.

Annoncé à la fin de 2017, ce départ annoncé d’un fleuron de l’industrie genevoise avait suscité une grande émotion et une levée de boucliers du personnel. Une grève historique de huit jours avait bloqué l’atelier avant des négociations tendues entre direction et syndicats, avec l’État pour arbitre. Sous l’égide de Pierre Maudet, une task force avait pour objectif d’atténuer le coût social au sein d’une entreprise comptant plus de 200 collaborateurs à contrats fixes auxquels s’ajoutaient des dizaines de contrats temporaires. À l’époque, une centaine de postes étaient menacés.

Mardi, un communiqué du Département du développement économique a annoncé la décision de la direction du groupe basé à Zurich. Le site de Meyrin reste à sa place, avec son expertise mondiale dans la fabrication des transformateurs placés sur les locomotives.

Cette annonce arrive à un moment particulier. Il y a un an, le groupe japonais Hitachi rachetait 80% de la division «réseaux électriques» d’ABB. Le site meyrinois en est le fer de lance. La transaction à 9,1 milliards de dollars (elle sera effective sous peu) permettra au groupe japonais de devenir le deuxième fournisseur de matériel électrique mondial, derrière l’américain General Electric. ABB, pour sa part, se concentrera sur la robotique et l’automatisation.

Avant cette transaction, le projet de délocalisation en Pologne voulu par les dirigeants d’ABB n’a jamais pu se concrétiser pleinement. En témoignent les transferts de compétences reportés d’un semestre à l’autre et le climat d’incertitude qui a régné au sein de l’entreprise. Pour de nombreuses sources internes, les structures existantes en Pologne n’étaient pas à même de répondre à la demande alors que les carnets de commandes ont toujours été fournis.

Enfin, le site meyrinois a développé en parallèle des compétences pointues en matière de mobilité durable sur lesquelles il mise désormais. On lui doit notamment le système électrique qui permet aux bus TOSA de rouler à Genève.

Aujourd’hui, le secrétaire syndical Alessandro Pelizzari se dit soulagé par ce «retour à la raison» qui permet de maintenir les emplois à Meyrin. Mais il garde aussi un goût amer au sujet des deux ans écoulés. «L’annonce de délocalisation a généré énormément de souffrance parmi le personnel. Depuis, beaucoup de gens sont partis, d’autres sont en arrêt maladie. Comment un tel cafouillage a-t-il pu se produire au sein d’un groupe de l’envergure d’ABB? C’est lamentable.»

Le groupe japonais continuera-t-il d’investir dans le site genevois? «Rien n’est jamais garanti dans les groupes privés. Mais les nouveaux dirigeants semblent avoir saisi qu’il ne faisait aucun sens de démanteler une chaîne de production avec une telle histoire et de telles performances dans un secteur qui se porte bien», observe Alessandro Pelizzari.

Selon le Département du développement économique de Pierre Maudet, «le groupe s’engage à investir de manière significative dans son nouvel outil de travail, où se concentre désormais toute sa valeur ajoutée sur le plan technologique». Le conseiller d’État salue ainsi «ce dénouement pour notre économie et pour les nombreux salariés concernés».

Créé: 05.03.2020, 14h53

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