À La Tulette, la peinture est une affaire de femmes

CarrièresUn entrepreneur a constitué une équipe de peintres en bâtiment exclusivement féminine. Réactions enthousiastes.

Les acteurs du secteur sont unanimes: les opportunités sont nombreuses pour les femmes dans la construction.

Les acteurs du secteur sont unanimes: les opportunités sont nombreuses pour les femmes dans la construction. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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C’est un chantier comme les autres mené par une équipe pas comme les autres. Elles se nomment Christelle, Émilie, Céline ou Eugénie. Toutes peintres en bâtiment de profession, réunies au sein d’une même équipe chargée de trois immeubles de standing en construction au chemin de la Tulette.

De mémoire de professionnels, c’est une première dans ce secteur profondément masculin. «Je cherchais un moyen de valoriser ce travail et les femmes qui le réalisent. Quand j’ai présenté le projet d’une équipe féminine au représentant du maître d’ouvrage, il a tout de suite donné son feu vert», se félicite François Culot, directeur de l’entreprise D’Orlando GPI, à l’origine de l’initiative.

Les neuf femmes qui s’affairent font partie des 180 employés de cette entreprise du bâtiment. D’ordinaire disséminées sur les chantiers, elles réalisent désormais les travaux ensemble au rythme d’un étage par semaine. Au total, 900 m2 de mur et 550 m2 de plafond à poncer, à recouvrir de revêtement avant les rouleaux de peinture et les finitions.

«Méticuleuses et efficaces»

Dans les étages, que l’on discute avec Christelle Pepe-Canard, spécialiste de la pose du papier de revêtement, avec Émilie Chevrier, mère de famille qui se voit faire ce métier «tant que le corps suivra» ou Eugénie Mégevand, peintre depuis près de vingt ans formée chez les Compagnons, ce métier était une évidence, même s’il contraint à se faire sa place parmi les hommes. «C’est vrai, il faut un caractère affirmé», concèdent les peintres.

Sur le chantier, l’équipe féminine a d’abord suscité des questionnements et des doutes, avant de laisser place à des réactions enthousiastes. Amaëlle Vuagniaux est chargée de la direction des travaux pour le compte de l’architecte et ne tarit pas d’éloges. «Elles sont très minutieuses, particulièrement adaptées à ce chantier de standing où chaque détail compte. Elles se montrent patientes et efficaces dans les contacts avec les autres corps de métiers, dit-elle. Et la tenue du chantier est impeccable.»

Parmi les ouvrières, on croise également Céline Rodrigues, 17 ans. Collégienne énergique, elle souhaitait vivre une expérience sur un chantier durant l’été. Son impression après dix jours de sueur? «Les horaires, la charge de travail, c’est compliqué. Mais ce sera peut-être une option après mes études. Je ne suis pas toujours comprise quand j’explique que je ne veux pas forcément faire de longues études. Peu importe, je n’irai sûrement pas à l’université, j’ai d’autres projets.»

Les acteurs du secteur sont unanimes: une jeune fille, comme un jeune homme, à la recherche d’un apprentissage de peintre en bâtiment trouve une place immédiatement (contre, parfois, plusieurs années d’attente dans d’autres secteurs).

Malgré les opportunités, les femmes restent peu nombreuses. À l’Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC), on comptait seulement quatre jeunes filles qui se formaient à la peinture en 2018. Au total, seuls 5% des apprentis dans les métiers du bâtiment sont des filles à Genève. «Elles sont surtout représentées dans les métiers du dessin et de la projection, précise Damien Berthod, directeur du Service de l’information scolaire et professionnelle à l’OFPC. Nous faisons beaucoup d’efforts pour encourager les filles à embrasser ces carrières car nous constatons qu’elles excellent aussi dans ces métiers et qu’elles y sont généralement bien accueillies. Par ailleurs, les métiers du bâtiment évoluent. Ils disposent notamment d’outils pour atténuer la charge physique.»

Plans de carrière et salaire équitable

À La Tulette, un pénible travail de ponçage des plafonds fait partie du cahier des charges. Aussi, un homme accompagne l’équipe féminine. Il manie la ponceuse, mais ses collègues se relaient également pour cette tâche physiquement éprouvante. François Culot s’empresse de préciser: «Nous pratiquons l’égalité salariale.»

Le visiteur remarque tout de même que les postes de responsables sont occupés par des hommes. Le patron promet que c’est en passe de changer: il a élaboré des plans de carrière pour deux membres de l’équipe féminine qu’il dirige. Bientôt, elles seront techniciennes responsables de chantier.

Créé: 12.07.2019, 16h45

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