Une nouvelle grève des femmes est en gestation

InégalitésEn attendant l’événement prévu en 2019, ce sont les élus fédéraux qui reçoivent un carton rouge.

En 2016, pour le 25ème anniversaire de la grève des femmes, la Communauté genevoise d’action syndicale et ses partenaires avaient invité la population à un jeu de massacre mettant en scène leurs revendications.

En 2016, pour le 25ème anniversaire de la grève des femmes, la Communauté genevoise d’action syndicale et ses partenaires avaient invité la population à un jeu de massacre mettant en scène leurs revendications. Image: Carla da Silva

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La Suisse revivra-t-elle le 14 juin 2019 une marée fuchsia comme celle que le pays avait connue en 1991 à la même date? Ce n’est plus impossible depuis que le congrès des femmes de l’Union syndicale suisse (USS) a voté en janvier en faveur d’une nouvelle grève des femmes. À Genève et ailleurs en Suisse, des femmes s’y préparent. Et les raisons d’être en colère ne manquent pas, ont affirmé mardi des représentantes de la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS).

«La mobilisation de 1991 avait été payante, souligne Valérie Buchs, du SIT. Elle avait été organisée dix ans après l’introduction dans la Constitution du principe constitutionnel de l’égalité entre femmes et hommes parce que rien ne bougeait. Or, quatre ans plus tard entrait en vigueur la Loi fédérale sur l’égalité.»

600 francs de moins par mois

Le problème, c’est que les discriminations et les inégalités demeurent vingt-deux ans après l’adoption de cette loi. «Elle est peu utilisée par les victimes et mal connue des juridictions elles-mêmes, poursuit la syndicaliste. Pourtant, aujourd’hui encore, les femmes gagnent chaque mois près de 600 francs de moins que les hommes en Suisse. Par an, 7,7 milliards de revenu leur sont volés.»

«Une grève, cela ne se décrète pas sur un coin de table, cela se construit»

Dans ce contexte, les débats et les atermoiements de l’Assemblée fédérale sur la révision de la Loi sur l’égalité passent très mal. «Le projet initial du Conseil fédéral était déjà insuffisant, mais le Conseil des États l’a transformé en une réforme de façade, déplore Audrey Schmid, d’Unia. Le système de contrôle de l’égalité salariale ne concernera que 1% des entreprises (ndlr: ne sont concernées que celles qui ont au minimum 100 employés) et moins de la moitié des salariés. De plus, il n’y aura pas de sanctions contre les entreprises fautives ni d’obligation de mise en conformité avec la loi.»

Le 14 juin étant également le début de la Coupe du monde de football, la CGAS a décidé d’agir ce jour-là en distribuant des cartons rouges. «Nous en adresserons un par courrier aux parlementaires fédéraux genevois en leur demandant de se battre pour une révision qui soit efficace», indique Valérie Buchs.

Présentes à la fan zone

Pour marquer le coup, les femmes des syndicats distribueront également aux abords de la fan zone de Plainpalais des cartons rouges ainsi qu’un appel à participer à la manifestation nationale en faveur de l’égalité salariale, qui se déroulera à Berne le 22 septembre.

Cette action est présentée comme une première étape de la mobilisation qui devrait permettre l’organisation d’une nouvelle grève des femmes le 14 juin 2019. Mais d’autres sont prévues. Ainsi, à Genève, c’est le 28 juin que sera créé un collectif pour préparer l’événement.

«Une grève, cela ne se décrète pas sur un coin de table, cela se construit, conclut Valérie Buchs. Et il faudra que le champ des revendications s’élargisse à d’autres domaines que celui du monde du travail.» (TDG)

Créé: 12.06.2018, 17h13

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