Une flambée de légionellose aux Pâquis inquiète les médecins

Santé Depuis la fin de juin, une trentaine de cas ont été rapportés. La contamination a été identifiée dans le centre du quartier.

Des investigations épidémiologiques sont menées sur les toits des immeubles où des systèmes de climatisation pourraient être contaminés.

Des investigations épidémiologiques sont menées sur les toits des immeubles où des systèmes de climatisation pourraient être contaminés. Image: Olivier Vogelsang

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Avec une trentaine de cas au total, des personnes hospitalisées, dont certaines aux soins intensifs, la situation préoccupe les autorités sanitaires. Depuis la fin de juin, un nombre de cas de légionellose «largement plus élevé que le nombre habituel durant cette période» a été traité par le Service des maladies infectieuses des HUG.

A titre de comparaison, entre une et sept contaminations ont été diagnostiquées au même moment les années précédentes. «Oui, c’est une situation inhabituelle», confirme Jacques-André Romand, médecin cantonal, qui a averti l’ensemble des membres de l’Association des médecins du canton de Genève, mais également les autorités sanitaires des autres cantons romands et de France voisine, où un malade a été diagnostiqué. Reste à savoir si la source est la même que celle qui a provoqué les «cas groupés» à Genève.

Pneumonie sévère

Des investigations épidémiologiques sont en cours afin d’identifier l’origine de cette flambée. Les HUG, le pharmacien et le chimiste cantonaux mais aussi les services de la consommation sont mobilisés depuis plusieurs jours. D’autant que «d’autres cas sont susceptibles de survenir dans le canton de Genève», a écrit à ses pairs le médecin cantonal.

La légionellose se transmet principalement par aérosolisation de vapeur d’eau contaminée, mais pas de personne à personne. La source peut provenir des «bras dormants» des systèmes de refroidissement ou de condensation, des fontaines, des jets d’eau ou autres systèmes d’eau artificiels mal entretenus. Contaminées par une bactérie, les gouttes d’eau minuscules forment un nuage; inhalées, elles peuvent provoquer une pneumonie sévère après une période d’incubation de cinq à six jours généralement.

Hommes âgés vulnérables

L’Organisation mondiale de la santé qualifie la gravité de la légionellose de «variable, allant d’une atteinte fébrile bénigne à des formes parfois mortelles de pneumonie», et a identifié les hommes de plus de 50 ans comme la catégorie la plus vulnérable.

Dans le cas qui préoccupe les autorités sanitaires genevoises, les malades sont âgés de 63 ans en moyenne et 70% sont précisément des hommes. Les recherches ont également permis de déterminer que onze personnes touchées par la bactérie, soit la moitié des contaminés, habitent, travaillent ou fréquentent le centre du quartier des Pâquis.

Où exactement? Jusqu’ici, les recherches ont porté sur les toits des immeubles du quartier où s’échappe l’air climatisé. Mais pour l’heure, le médecin cantonal ne peut désigner un immeuble ou une installation précis. En revanche, «les résultats préliminaires de la campagne de prélèvements microbiologiques des systèmes de climatisation montrent des contaminations dans quatre d’entre eux. Les responsables de ces installations ont reçu l’ordre de procéder à des mesures d’assainissement immédiates, ce qu’ils ont déjà fait», informait-il vendredi après-midi.

Quoi qu’il en soit, des cas de cette maladie peuvent être repérés dans un rayon mesurant jusqu’à 10 kilomètres.

Ainsi, le médecin cantonal appelle les professionnels de la santé à la vigilance. Les symptômes de la légionellose sont variés. La maladie se manifeste généralement par un état grippal, avec de la fièvre importante et de la toux. Des troubles digestifs peuvent également se manifester, tout comme des douleurs musculaires et une perte d’appétit.

Partout dans le monde

La légionellose est également appelée maladie du légionnaire. Elle a été identifiée pour la première fois en 1977 dans une climatisation mal entretenue d’un centre de congrès américain. La bactérie avait alors causé des cas sévères de pneumonie chez des dizaines de vétérans de l’armée qui se réunissaient. Selon l’OMS, elle est présente partout dans le monde, mais l’utilisation de systèmes d’eau artificiels favorise la propagation de la bactérie. Dans les pays occidentaux, on compte en général entre 10 et 15 cas par million d’habitants. Le tabagisme et la consommation importante d’alcool font partie des facteurs augmentant le risque. Le taux de létalité se situe entre 5 et 10% mais augmente significativement si la maladie n’est pas traitée. (TDG)

Créé: 11.08.2017, 16h47

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