Une femme de ménage accusait ses patrons: le Parquet classe la procédure

GenèveElle l’avait emporté en 2012 aux Prud’hommes avant de porter l’affaire au pénal.

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Illustration Image: Steeve Iuncker-Gomez

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S., une femme de ménage bolivienne avait défrayé la chronique en traînant son patron devant les prud’hommes et en obtenant il y a cinq ans 100 000 fr. Le montant correspondait à des heures supplémentaires non payées et à une indemnité pour un accident survenu avec le fils du patron.

Après cette victoire, la domestique avait porté l’affaire sur le plan pénal où elle subit aujourd’hui un échec. Rappelons qu’en 2012, sa plainte pénale a conduit le patron à être prévenus en novembre 2012 de lésions corporelles graves, facilitation du séjour illégal et emploi d’un étranger sans autorisation. Le fils s’est lui retrouvé poursuivi pour lésions corporelles graves.

Le Ministère public classe aujourd’hui cette procédure. Les faits, concernant le séjour illégal, sont prescrits tandis que les accusations de la domestique ne tiennent pas la route selon le Parquet.

En 2003, à son arrivée dans une famille aisée de la rive gauche, la domestique commence son travail, nourrie et logée. En décembre 2005, elle est victime d’un accident dans une voiture conduite par le fils du patron. Elle subit de graves blessures aux yeux. Elle aurait dû bénéficier d’un suivi médical postopératoire et d’une seconde intervention chirurgicale, mais au lieu de cela, dit-elle, les employeurs et leur fils organisent le retour de la bonne en Bolivie, le 19 février 2006. Ils lui auraient payé un billet d’avion pour La Paz alors qu’elle était convoquée quelques jours plus tard aux HUG en vue de la seconde intervention. Depuis, l’ex-employée, qui est revenue à Genève le 20 mai 2006 pour se faire tardivement opérer le 23, a perdu la vision de l’œil gauche. Celle de l’œil droit est réduite à 40%.

Le Parquet relève que S., défendue par Me Sandy Zaech, a été employée entre 2003 et 2006 alors qu’elle était en situation illégale. La prescription étant de 7 ans, ce volet tombe à l’eau. Dans sa plainte S. soutenait que les deux hommes lui avaient dit que ses amis ne devaient pas la voir à l’hôpital en Suisse de peur sa situation illégale et son emploi soit découverts. La procureure n’est pas convaincue par cette entrave à la liberté d’action. Pas plus qu’elle ne croit au fait que S. a été poussée par les deux hommes à quitter la Suisse. Ce duo s’est-il accommodé du risque de la rupture du suivi médical? Le Parquet répond non et précise «qu’il appartenait également à S. de mettre en place des soins à recevoir en Bolivie.»

Pour Me Zaech, ce qui a marqué S. est que «sa situation de dépendance et de vulnérabilité vis-à-vis de ses employeurs ne lui a pas permis d’obtenir justice. Pour ma part, je me suis battue pour elle et je regrette que la justice pénale n’ait pas pris en considération la position d’infériorité dans laquelle elle se trouvait, tant durant les faits qui ont suivi l’accident que dans le cadre de la procédure.» Avocat du patron, Me Robert Assaël conclut: «Ce genre de plainte mensongère et abusive engorge le Ministère public qui face à 25 000 nouvelles affaires par an, ne peut pas s’occuper des affaires prioritaires avec célérité. L’acquittement de mon client et de son fils, hommes intègres et droits, rétablit leur honneur sali. L’ex-employée a abusé de la justice. Elle a provoqué une longue et coûteuse instruction: 3 ans, 11 audiences. Les frais de procédures ont d’ailleurs été mis à sa charge, ce qui est rare.»

(TDG)

Créé: 07.08.2017, 12h05

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