Une crèche illégale sommée de fermer

Petite enfance Située au Grand-Lancy, la structure ne répondait pas aux normes de sécurité. Une quarantaine de familles se retrouve sans garde.

La structure qui a ouvert ses portes l’été dernier au chemin du 1er-Août ne répondait pas aux normes de sécurité.

La structure qui a ouvert ses portes l’été dernier au chemin du 1er-Août ne répondait pas aux normes de sécurité. Image: LAURENT GUIRAUD

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La mesure est extrêmement rare. Le Canton vient de prononcer la fermeture immédiate d’une crèche privée au Grand-Lancy. La structure, ouverte l’été dernier, ne répondait pas aux normes de sécurité. Une quarantaine de parents se retrouve depuis le début de la semaine sans solution de garde.

La décision a été prise après une visite surprise effectuée par le Service d’autorisation et de surveillance de l’accueil de jour (Sasaj). Ce dernier, rattaché à l’Office de l’enfance et de la jeunesse du DIP, a agi à la suite d’une dénonciation.

Absence de sécurisation

Sur place, les deux représentantes du Sasaj ont découvert douze enfants dont quatre bébés surveillés par quatre nounous. Aucune des encadrantes n’était au bénéfice d’une autorisation du service. Alors que la structure se définissait comme un accueil parent-enfant, ni père ni mère n’était présent ce jour-là.

Lors de sa visite, le Sasaj a par ailleurs relevé des «déficits en matière de sécurité, d’hygiène et d’aménagement» dans les locaux. Il fait mention de produits toxiques accessibles par les enfants, de l’état très défectueux du sol d’une des salles ainsi que de meubles cassés et inadaptés. Les portes et un escalier en colimaçon n’étaient pas sécurisés. Les locaux ne possédaient pas de fenêtres permettant une vue sur l’extérieur et l’aération des locaux. Enfin, le matériel pédagogique à disposition des enfants était insuffisant.

Raquel Da Silva, coordinatrice de la structure, indique que l’arcade était auparavant occupée par une assurance. Elle se dit consciente que «tout n’était pas parfait» et qu’elle était dans l’illégalité. «Nous avons essayé d'être le plus transparent possible avec les parents sur notre situation, précise la jeune femme. Mais beaucoup l’acceptaient car ils n’avaient pas d’autre solution.»

Alexandra Pacot était précisément dans ce cas. «Mon conjoint et moi étions les deux au chômage, nous n’avions donc pas droit à une place en crèche, confie la mère de famille. Les mamans de jour que nous avons rencontrées ne nous ont pas inspirés, nous avons donc choisi cette option.» Avait-elle observé les manquements dénoncés par le Sasaj? «Je n’ai jamais rien remarqué de choquant, répond Alexandra Paccot. Les enfants étaient contents d’aller là-bas et avaient l’air de bien s’amuser, pour moi c’était l'essentiel.»

Quid des tarifs? Un montant de 1800 francs par mois était demandé aux parents pour un accueil à 100%, soit huit heures par jour du lundi au vendredi, répond Raquel Da Silva. C’est légèrement plus que la somme maximale demandée dans une crèche subventionnée.

Pénurie de places

Raquel Da Silva n’en est pas à sa première remise à l’ordre par le Sasaj. Avant d’ouvrir la crèche au chemin du 1er-Août, la jeune femme accueillait des enfants chez elle, à quelques pas de là. Une interdiction a été prononcée à son encontre en 2017 par le Sasaj. «Je n’avais effectivement pas l’autorisation d’être maman de jour, admet-elle. Mais il y a une telle pénurie de places en crèche, des parents se retrouvent sans solution à part engager une nounou au noir, est-ce vraiment mieux?»

À Lancy, quelque 600 enfants attendent une place dans une structure subventionnée par la commune. Un nouvel établissement ouvrira ses portes à Pont-Rouge cet été. Il offrira 54 places supplémentaires. Deux autres crèches de taille similaire sont également projetées.

Surveillance régulière

À chaque ouverture d’une nouvelle structure pour la petite enfance, le Sasaj procède à «une visite de surveillance». «Nous vérifions que les conditions d’accueil sont satisfaisantes pour garantir le bien-être des enfants et leur sécurité (aménagement des locaux, sécurité en cas d’incendie et salubrité, équipement, personnel formé et en nombre suffisant)», détaille Guylaine Antille, secrétaire générale adjointe du DIP. Par la suite, le service réalise une visite «au minimum tous les deux ans».

Durant les sept dernières années, c’est la première fois qu’une fermeture immédiate a dû être prononcée.

Créé: 13.02.2020, 07h01

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