Une craquée, une peufnée ou une raclée de cerises?

RégionalismesL’Université de Neuchâtel a lancé une vaste enquête sur les usages actuels du français dans les Alpes et le Jura franco-suisse.

L'Université de Neuchâtel. Image d'archives.

L'Université de Neuchâtel. Image d'archives. Image: Keystone

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«Cette année, le cerisier a donné beaucoup de fruits. Cela veut dire que vous avez ramassé: une craquée, une pétée, une peufnée, une raclée, une chiée ou une tapée de cerises?» L’Observatoire du français en Suisse romande de l’Université de Neuchâtel a lancé, le 1er juin, une vaste enquête sur les usages actuels du français dans les régions des Alpes et du Jura (Suisse romande, Ain, Doubs, Isère, Savoie et Haute-Savoie). Son but: tester la vitalité, l’étendue géographique et la prononciation d’une septantaine d’expressions régionales. Près de 4400 personnes ont déjà répondu. Les premiers résultats seront livrés à la fin de l’été.

L’internaute qui se soumet à l’exercice est rapidement surpris par la quantité de mots utilisés pour désigner la même chose. Pour nommer une personne simple d’esprit, pas moins de treize termes ont été recensés. Les participants doivent ainsi dire s’ils parlent plutôt de «bâblet», «bedoume», «bobet», «dadet», «niolu», «tocson» ou «toyet».

Pour réaliser les questionnaires, les linguistes se sont appuyés sur le Dictionnaire des régionalismes de France et les travaux réalisés par le Centre de dialectologie et d’étude du français régional de Neuchâtel, dont le Dictionnaire suisse romand publié en 1990. «Dans le cadre de cette enquête, nous essayons de tester d’autres termes que ceux que nous évoquons spontanément lorsqu’on parle de vocabulaire romand, comme la panosse ou poutzer, explique Federica Diémoz, directrice du centre. L’idée est alors de voir comment ces tournures ont évolué. Et si les expressions très connotées régionalement ont davantage tendance à disparaître que celles dont on ne sait même pas qu’elles sont des régionalismes.»

Toute personne francophone qui souhaite participer à l’étude doit préalablement donner son âge, son sexe, les codes postaux des localités dans lesquelles elle et ses parents ont grandi, ainsi que son «plus haut diplôme obtenu» et son métier. «Ces données permettront de déterminer si certains critères jouent un rôle dans l’emploi de tournures régionales», précise Federica Diémoz.

Pour participer à l’enquête: www2.unine.ch/observatoirefrancaissr (TDG)

Créé: 16.06.2015, 18h41

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