Une Mouette, ça vole et ça vogue

30 minutes chrono Cet été, la «Tribune» se poste en un point précis du canton et raconte ce qui s’y passe.

Image: Laurent Guiraud

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D’une rive à l’autre en bateau, c’est à la fois très pratique, rapide, agréable et marrant.

Il y a ceux qui marchent, pédalent, conduisent ou sautent dans le tram pour se rendre au travail. Le tout-venant. Et puis il y a les chanceux qui prennent la Mouette. Ils s’offrent une virée au fil de l’eau à l’heure du cappuccino ou de l’apéro. Le Pâquisard qui gagne sa vie dans les Rues-Basses ou aux Eaux-Vives a le profil idéal pour traverser la rade sur l’un de ces petits bateaux peints en rouge et jaune. Il existe quatre lignes pour quatre trajets, et cinq ports: Molard, Eaux-Vives, Port-Noir sur la Rive gauche; Pâquis et Chateaubriand sur la Rive droite. Lundi, peu après 17 heures, le Pâquisard rentre chez lui. Sur le quai en contrebas de la place du Rhône, il n’est pas tout seul. On se presse devant l’automate à billets. Lui, bien sûr, il rigole, il a son abonnement, il a tombé la veste. Les touristes tentent de décrypter le mode d’emploi de la machine. Pourquoi se priver d’une si jolie attraction? Moyennant 3 francs, il y a de quoi s’amuser pendant une heure. Une famille juive, reconnaissable à la kippa pour les deux messieurs et les quatre garçonnets, la perruque pour la dame, parlemente en yiddish. Ouf! les tickets tombent enfin.

Dans la queue pour monter à bord, un concentré de Genève. Deux Sud-Américaines rentrent de la piscine avec rabanes et paniers de pique-nique. Elles habitent au Grand-Saconnex. Ça sent l’huile solaire. Une dame plutôt chic se pince le nez, excédée d’avoir à subir, à l’issue d’une journée estivale hélas laborieuse, le tapage de ceux qui sont allés à la plage. «Combien de personnes à bord de la Mouette?» glisse-t-on à la conductrice. «Cinquante.» Ça claque comme le compteur de passagers que l’employée manie. Elle est de mauvais poil et ne se privera pas de l’afficher durant les quatre croisières en trente minutes sous sa direction.

En face de moi, un homme que l’on croise souvent du côté de l’Université, vêtu d’un bermuda été comme hiver, semble un familier de la Mouette. Il guette avec effroi l’épi de maïs ruisselant de beurre que manie une petite fille grimpant à ses côtés. La mère de l’enfant, en foulard et longue tunique, grignote son propre quatre-heures sans veiller au grain. Au passage du pont du Mont-Blanc, par en dessous évidemment, l’instinct fait qu’on baisse la tête, bêtement.

Accostage sur la Rive droite, parmi les stands des Fêtes de Genève. Quatre Coréens embarquent et l’on ne peut que rire devant la caricature: alors que les deux hommes ne lèvent pas le nez de leur smartphone, les deux jeunes femmes se prennent en selfie durant les cinq minutes que dure le trajet. «Mais où est le Jet d’eau?» s’interrogent deux femmes, les épaules couvertes de paréos colorés en guise de parasol. C’est vrai ça, où était le Jet d’eau lundi à 17 h 30?

(TDG)

Créé: 09.08.2017, 21h01

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