Un négationniste veut la peau du juge du tribunal

JusticeL’homme, qui doit être jugé le 30 juillet, voulait que le révisionniste Robert Faurisson soit entendu au procès. Refus du magistrat.

Image: AFP

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Arrêté le mois dernier, un négationniste, qui s’en prend aux juifs et à une organisation de lutte contre l’antisémitisme, sera jugé le 30 juillet devant le Tribunal de police. En principe… En effet, selon nos informations, le quinquagénaire, défendu par Me Pierre Bayenet, a demandé la récusation du juge dans un courrier du 17 juillet. Aux yeux de la défense, le président du tribunal aurait un parti pris dans cette affaire.

Au début du mois, l’accusé demande que le révisionniste français Robert Faurisson, condamné pour «incitation à la haine raciale», soit entendu durant le procès. Pourquoi? «Mon client soutient, par exemple, qu’une chambre à gaz exposée aux touristes à Auschwitz n’en est pas une, explique Me Bayenet. Il remet en cause les témoignages de soldats afro-américains qui disent avoir libéré des camps de concentration. Selon lui, ce sont de faux témoins.

Enfin, il conteste qu’il y ait eu des ordres écrits d’éliminer les juifs à cette époque. Mon client ne nie pas le génocide, il conteste des faits ponctuels. Pour répondre à ces interrogations, il nous paraît donc intéressant que le tribunal interroge Robert Faurisson.» Refus sec du juge le 16 juillet: «Le tribunal n’a pas à instruire, puisqu’il s’agit d’un fait notoire, l’existence d’une contestation, par les personnes se réclamant du révisionnisme, de la véracité des témoignages relatifs à l’Holocauste, de l’existence de millions de victimes juives sous le nazisme, ainsi que de l’existence des chambres à gaz.»

Me Bayenet ne compte pas en rester là. Il demande donc le lendemain au magistrat de se récuser: «Il est inadmissible qu’on ne laisse pas la possibilité à mon client de prouver que ce qu’il a dit est vrai.» Aux yeux de Me Philippe Grumbach, avocat de la partie plaignante, le prévenu «veut utiliser le Tribunal de police comme un forum pour dire que les chambres à gaz n’existaient pas. C’est inacceptable.» Si le magistrat refusait de se récuser, Me Bayenet saisirait alors la Cour de justice.

Comme nous l’écrivions le 28 juin, le Ministère public avait condamné le détenu, via une ordonnance pénale (OP), à une peine de quatre mois de prison ferme pour discrimination raciale et calomnie. C’est parce qu’il a fait opposition à cette sanction qu’il doit affronter désormais un procès public.

(TDG)

Créé: 18.07.2013, 22h50

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