Un incubateur cantonal décolle

EconomieLa Fongit n’a jamais soutenu autant d’entreprises. Son directeur voit beaucoup plus grand.

Antonio Gambardella, au centre avec des lunettes, et son équipe dans les locaux du «bluebox», à Plan-les-Ouates.

Antonio Gambardella, au centre avec des lunettes, et son équipe dans les locaux du «bluebox», à Plan-les-Ouates. Image: Lucien Fortunati

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Ça s’agite derrière la façade turquoise du «bluebox», dans le QG de la Fondation genevoise pour l’innovation technologique (Fongit), à Plan-les-Ouates. Des Asiatiques y côtoient des Américains et des Genevois. Les salles de meeting sont remplies. La semaine passée, une délégation d’un parc technologique d’une banlieue de Moscou est venue s’inspirer.

Soixante start-up sont incubées ici. C’est douze de plus en un an et 36 de plus qu’en 2014, quand Antonio Gambardella est arrivé.

Communiquer pour grandir

Le directeur de la Fongit, un ancien associé d’un fonds de capital-risque, a été recruté pour faire passer la vitesse supérieure à cette institution qui semblait avoir atteint son rythme de croisière. Professionnaliser l’incubateur, accroître sa force de frappe, internationaliser la bête tout en restant concentré sur les domaines digitaux, technologiques et médicaux. Et communiquer.

La Fongit, créée en 1991, a présenté ses résultats annuels (de 2017) pour la première fois lundi, à la Tribune de Genève. L’incubateur se dévoile pour deux raisons: son nouvel essor est spectaculaire et il a besoin de se faire connaître pour grandir davantage.

Six employés, autant de coaches en entreprises et des prestataires de services (juridiques, comptables, fiscaux, dans les assurances, la propriété intellectuelle ou la création de sociétés) travaillent pour la Fongit. Le groupe propose 5000 m2 de bureaux et peut investir lui-même jusqu’à 150 000 francs par jeune pousse. La plupart d’entre elles ont été créées par des entrepreneurs étrangers, issus du CERN notamment. Jamais autant d’entreprises n’y ont été incubées et autant d’investisseurs attirés. Les sociétés, qui représentent 250 emplois, ont levé 150 millions de francs ces cinq dernières années.

Parmi elles, ProtonMail, leader mondial de la messagerie cryptée, emploie 80 personnes dans le monde. Cleverdist, active dans les systèmes de contrôle pour l’industrie 4.0, compte parmi ses clients des multinationales à travers le globe. Selexis, une entreprise de biotechnologie, a été rachetée en 2017 par un géant japonais des sciences de la vie.

«Transformer une idée en valeur économique»

L’accélération est continue. L’incubateur a déménagé au Bluebox en 2012, mais il accueille toujours des pépites dans ses anciens locaux, juste en face. En 2016, la Fongit crée Geneus au Campus Biotech Innovation Park, dans un troisième bureau à Sécheron, avec deux autres incubateurs. Ce mois, la fondation a lancé un fonds de capital-risque en partenariat avec un entrepreneur finlandais.

But des opérations? «Favoriser l’innovation, ce processus qui vise à transformer une idée en valeur économique durable, définit Antonio Gambardella. L’innovation, c’est la seule option pour un tel développement.» La Fongit reçoit 1,9 million de francs par an de l’État, selon un contrat de prestations renégocié tous les quatre ans et qui arrive à échéance fin 2019.

Pour 2020-2024, l’institution espère recevoir plus, les retombées économiques pour le canton étant supérieures au montant de la subvention, selon son directeur. La Fongit, qui a traité environ 300 demandes de projets l’an dernier, n’a jamais été aussi stricte (douze ont été retenus) en partie parce qu’elle n’a ni la force ni la place d’en accueillir davantage. Antonio Gambardella estime que les conditions-cadres à Genève sont bonnes: il faut certes patienter une vingtaine de jours pour créer une société – contre quelques minutes sous d’autres cieux – mais les étapes suivantes, les transferts d’actions notamment, sont plus simples.

Les investisseurs, longtemps en retrait sur l’arc lémanique, comblent leur retard, ce qui permet aux start-up de lever des fonds plus tôt. La réforme fiscale en négociation (PF17) doit rendre Genève plus attractive encore.

Le défi des permis de travail

Les incubateurs – de la Fongit à Éclosion en passant par Genilem – sont en place. «Arrêtons de réinventer de nouveaux projets, renforçons plutôt ceux qui existent déjà et fonctionnent», lance Antonio Gambardella, qui souligne que les intérêts vont au-delà de la Fongit.

«Le canton a tout pour réussir, mais il peut passer à côté de son potentiel», prévient-il, alors que d’autres pôles d’innovation s’érigent à travers le globe dans le sillage de la Silicon Valley.

L’Italien pointe la frilosité des banques et la difficulté pour les étrangers d’obtenir un permis de séjour en Suisse. Un gros souci: «Ici comme dans la Silicon Valley, la plupart des entrepreneurs sont d'origine étrangère», conclut-il. (TDG)

Créé: 16.04.2018, 17h29

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