Un handicapé campe sous la chaise des Nations

protestationEric Grassien dénonce la difficulté pour les personnes à mobilité réduite de trouver un logement adapté.

Eric Grassien entend camper sur la place des Nations jusqu’à ce qu’on lui donne les clés d’un appartement ou un contrat de location.

Eric Grassien entend camper sur la place des Nations jusqu’à ce qu’on lui donne les clés d’un appartement ou un contrat de location. Image: PIERRE ALBOUY

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A l’abri de la pluie, sous la chaise au pied cassé de la place des Nations, une tente de camping, une table et un sommier. Sur la table, des victuailles, du tabac, une rose dans une bouteille; dessous, une vieille chienne qui sommeille. Et Eric Grassien, qui vit là depuis mardi passé, comme l’annonçait Le Courrier d’hier.

Eric Grassien? Un handicapé hémiplégique français bien connu des Genevois. Il a quitté le foyer pour requérants d’asile des Tattes, où l’Hospice général l’avait logé dans l’urgence en septembre passé: un lieu de vie non adapté aux personnes en fauteuil roulant (notre édition du 28 mai), sans compter les problèmes de violence et de drogue.

Car si le quadragénaire a décidé ce déménagement radical, c’est bien pour dénoncer les difficultés rencontrées par les personnes à mobilité réduite dans la recherche d’un logement: «Soit il y a des marches à l’entrée, soit l’ascenseur est trop étroit», déplore Eric Grassien, qui entend bien camper sur la place des Nations «jusqu’à ce qu’on me donne les clés d’un appartement ou un contrat de location».

Une vie au grand air qui ne serait pas possible sans l’aide d’amis, qui lui apportent de la nourriture et du linge. A l’instar de Janaina, de passage lundi matin, qui considère l’action d’Eric Grassien comme «courageuse»: «Les handicapés ont besoin de logements où ils puissent vivre de façon indépendante, comme les personnes valides.» Les touristes en visite se montrent également concernés, lisant les articles qu’Eric Grassien a placardés autour de son campement, le prenant en photo ou lui donnant un peu d’argent.

Si le quadragénaire affirme n’avoir pas eu d’ennuis sur la place, qui est «bien gardée», il avoue ne dormir que trois ou quatre heures par nuit et «devoir toujours être attentif». La police l’a quant à elle déclaré en contravention pour refus de circuler mais ne fera rien de plus pour l’instant: «Une expulsion se fait sur plainte du propriétaire (ndlr: la Ville). Or, pour l’instant, aucune plainte n’a été déposée. On attend de voir quel partenaire va décider d’intervenir», précise Sylvain Guillaume-Gentil, porte-parole. (TDG)

Créé: 12.06.2013, 07h51

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