Un étudiant crée un stéthoscope connecté au téléphone portable

TechnologieLe système enregistre les ausculations et fournit une analyse à partir d’une base de données pour aider au diagnostic.

Pierre Starkov, étudiant en médecine de 26 ans

Pierre Starkov, étudiant en médecine de 26 ans Image: Steeve Iuncker-Gomez

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«Vous entendez ce souffle au cœur?» demandait le professeur à ses étudiants en médecine penchés sur un patient. Parmi eux, Pierre Starkov, Genevois de 26 ans, ne l'entendait pas toujours ce souffle. Pourtant, ce n'était pas faute de tendre l'oreille dans son stéthoscope. «Ca m'a frustré, il manquait un outil qui nous permette de nous entraîner à détecter les sons anormaux, de les enregistrer, de les réécouter, voire de nous aider à les analyser grâce à une base de données», explique le Genevois, qui mène de front études de médecine et d'informatique. Il a alors l’idée de créer un stéthoscope digital qui réponde à ces besoins.

En décembre, son projet a remporté la 4e place au concours pour start-up organisé par la Fédération des Entreprises Romandes et a été retenu parmi les dix meilleurs idées de la Journée internationale de l'innovation des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

Du coeur au téléphone portable

Concrètement, comment ça marche? On prend un stéthoscope banal et on lui ajoute un module qui permet d'enregistrer le son et de l'envoyer au smartphone via Bluetooth. «Mais ce n’est pas un simple enregistreur», précise Pierre Starkov. Une application va permettre de reproduire sur un graphique le son transmis par le stéthoscope. «Cela permet de voir le signal, pas seulement de l’entendre, de visualiser ses pics, ses courbes.» Ensuite, elle va filtrer le signal sonore, en le segmentant et en mettant en valeur les parties importantes, par exemple en enlevant le son qui n’est pas cardiaque, tout cela grâce à des algorithmes. Sur le même modèle de fonctionnement que le programme pour smartphone Shazam, qui sait reconnaître des chansons en les «écoutant».

Une aide à l'analyse grâce à une base de données

Puis, l'application livre des pistes de diagnostic, sur la base d’une comparaison avec une base de données. «Cela pourrait éviter le recours à une batterie d’examens et faire ainsi baisser les coûts», avance Pierre Starkov. Le professeur Osman Ratib, chef du service de médecine nucléaire et imagerie moléculaire aux HUG qui collabore avec l’étudiant, tient à préciser: «Mais cet outil ne remplace pas le diagnostic du médecin, c’est une aide!»

Mini réseau social pour s'aider entre collègues

Enfin, dernière facette de l’application: un mini réseau social. «Le médecin peut créer une conversation, de type WhatsApp (ndlr: application de messagerie gratuite pour smartphone), avec des collègues et solliciter leur expertise sur un cas en leur envoyant un son.» Et surcharger ses collègues de travail supplémentaire? «Aujourd’hui, nous sollicitons déjà les spécialistes pour leur demander de venir analyser un cas qui nous pose problème et livrer leur diagnostic, indique le Pr Osman Ratib. Cette application permettra d’écouter un son sans se déplacer et de créer des échanges qui n’existent pas aujourd’hui par manque de temps.»

Quid de la confidentialité, le patient verra-t-il alors ses données circuler librement dans ces conversations, voire en-dehors du cercle médical? «Non, le système est crypté et sécurisé, assure Pierre Starkov. De plus, aucune donnée personnelle, comme le nom ou la date de naissance, ne sera échangée.»

Testé cliniquement dans un an

Le système n’est pas encore prêt à envahir les hôpitaux. Un prototype de stéthoscope a été réalisé mais l’application pour smartphone est en cours de développement, «tout comme la base de données des sons, que je suis en train de composer, explique l’étudiant en médecine. D’ici un an, l’outil expérimental - sans la partie d’aide au diagnostic - devrait être prêt pour être testé cliniquement. Nous allons commencer la recherche de fonds dans quelques mois.»

Le Pr Osman Ratib conclut: «Ce système répond à un besoin et est adapté au terrain. Il est basé sur un outil que presque tout le monde possède désormais, le smartphone. Il sera surtout utile aux médecins qui débutent, aux enseignants et aux généralistes qui n'auscultent pas de façon régulière.»

Créé: 14.01.2015, 20h08

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