Un contrôle automatisé du parking démarre dans les rues de la Ville

StationnementTestée en 2016, une voiture repérant les fraudeurs relèvera dès mercredi de 500 à 1000 plaques par heure.

Image: Steve Iuncker Gomez

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Ils sont nombreux et ils seraient bien inspirés de changer leurs habitudes, sous peine de crouler sous les amendes. Les fraudeurs du stationnement verront débarquer ce mercredi un ennemi technologique dans les rues de la Ville de Genève. Testée durant quelques semaines à l'automne 2016, une Scan Car va prendre ses quartiers permanents au bout du lac et sera suivie en avril d'un second modèle. Equipée de dispositifs de prise de vue sur son toit et reliée à une base de données, cette voiture électrique est capable de contrôler les droits de stationnement de 500 à 1000 véhicules par heure et d'aiguiller les contractuels vers les contrevenants, augmentant ainsi fortement l'efficacité du travail des agents.

Aujourd'hui, on estime qu'environ 60% des véhicules qui sont parqués sur les places à horodateurs dans les rues de Genève sont en situation irrégulière. «Le but n'est pas d'entrer dans une répression absolue des usagers, mais bien de les inciter à payer leur place», précise Antoine de Raemy, président de la Fondation des parkings, chargée du contrôle du stationnement en ville. Une ville comme Madrid, qui connaissait un taux de fraude analogues à Genève, est apparemment parvenue à le réduire à 10% après l'introduction d'une Scan Car.

On robotise, mais on embauche

Mais tout laisse penser que cette évolution sera catalysée initialement par une avalanche de contraventions. Les contractuels ne sont donc pas (encore?) exposés au risque de chômage. La Fondation en recrute même ces jours une dizaine s'ajoutant aux 69 qui arpentent déjà le bitume.

Ce sont bien eux qui continueront de décerner les bûches. «Le système n'amende pas, il améliore fortement l'efficacité et l'étendue du contrôle», résume Jean-Yves Goumaz, directeur de la Fondation. Les agents pourront foncer directement sur les contrevenants potentiels grâce aux signalements envoyés par la Scan Car. Comment le système fonctionne-t-il? La voiture, surmontée de quatre caméras à double focale sur son toit, peut lire les plaques même en remontant un axe à 80 km/h et même si un espace de 20 centimètres seulement susbsiste entre les parechocs. Les données sont comparées à celle d'une base centralisée où les droits de stationnement sont enregistrés.

On parle à la fois de droits de longue durée comme ceux qu'accorde le macaron habitant, voué à disparaître à moyen terme dans sa forme physique pour être remplacé par une simple inscription informatique. On parle aussi de droits plus temporaires, comme le paiement pour un séjour sur une place blanche, qu'il se fasse par téléphone ou au moyen d'un horodateur sur lequel on compose le numéro minéralogique. Ces dernières machines communiquent avec la base de données: d'ici à quelques jours, elles ne délivreront plus de ticket à placer derrière le pare-brise.

Des données à fort potentiel

La base de données permet d'autres évolutions. C'est grâce à elle qu'on peut accorder aux habitants du quartier un tarif réduit dans le nouveau parking des Gazomètres, à la Jonction. Conjuguée au support Swisspass, elle permettra aussi bientôt de donner accès aux vélostations. Les données expédiées par la Scan Car devrait aussi fournir des statistiques aux autorités et permettre d'envisager une application qui indiquerait à l'usager dans quelle mesure du stationnement est disponible dans tel ou tel lieu.

La Fondation assure que les données ne posent pas de problème quant à la protection de la sphère privée. Elle souligne aussi qu'elle a joué la carte de la transparence avec une Scan Car facilement identifiable, plutôt que de choisir un véhicule banalisé. Un fraudeur est-il bien inspiré de réagir s'il voit approcher cette voiture espionne? Oui, il serait bien inspiré de procéder, avant que le contractuel ne débarque à son tour, à une régularisation de sa situation, par exemple en réglant son dû par téléphone portable.

Si Genève fait figure de pionnière suisse en adoptant le contrôle automatisé, plusieurs villes européennes recourent déjà à des Scan Cars. La Fondation a acquis et équipé les deux siennes pour un budget de quelque 150 000 francs. (TDG)

Créé: 06.02.2018, 17h00

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