Un contournement par la France redonne espoir à Soral

Mobilité Pour se délester du trafic pendulaire, le village songe à un nouvel évitement par la Haute-Savoie, qui dit son intérêt.

Un nouveau tracé est envisagé pour contourner le village de Soral victime du trafic pendulaire. Le tracé passerait par la France dans le vallon qui sépare Soral (à gauche) de Crache (à droite).

Un nouveau tracé est envisagé pour contourner le village de Soral victime du trafic pendulaire. Le tracé passerait par la France dans le vallon qui sépare Soral (à gauche) de Crache (à droite). Image: Lucien Fortunati

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Soral se tourne vers l’est et le sol français pour chercher une solution à l’invasion motorisée que le village subit. Réclamant depuis des lustres un contournement, la commune l’avait toujours envisagé par les champs bordant le village par l’ouest. Mais elle lorgne désormais le flanc opposé, vers une France qui ne dit pas non.

Ce tracé, avec quelques variantes, relierait la départementale 1206, qui court au pied du Salève, à celle de Soral, au nord du village. Pour ce faire, elle emprunterait le vallon situé entre Soral et le hameau français voisin de Crache, dépendant de la commune de Saint-Julien. L’itinéraire, qui exploite en partie des chemins existants, a été imaginé par un élu municipal, Alexandre Dunand, et a fait l’objet d’un soutien unanime en mars de l’Assemblée communale. «J’ai voulu considérer le problème à l’échelle de la région, relève l’auteur. Ce tracé a le mérite d’éviter les zones habitées tant de Soral que de Crache, mais aussi de proposer un itinéraire qui épargnerait d’autres résidents, à Cartigny, Saint-Julien ou Perly.» Le trentenaire a voué des soirées à l’ébauche de son tracé: «Avec un plan, on est plus persuasif.»

La France souffre aussi

L’adjointe au maire chargée de la Mobilité est emballée. «Ce plan me redonne de l’espoir au vu de ses atouts, plaide Anne Jaggi. Il permet notamment de développer une ligne de bus transfrontalière, impossible à déployer sur le réseau actuel, entre Bernex et Viry, comme cette commune française le réclame.» Autres avantages: bâtir sur sol français épargne les surfaces agricoles genevoises, contingentées sur ordre fédéral; et cela coûterait moins cher: en attendant des études plus poussées, on évoque une facture d’une dizaine de millions d’euros.

La France est-elle prête à sacrifier du terrain? Le maire de Saint-Julien voit le tracé d’un bon œil. «On peut optimiser son insertion dans le paysage», rassure Antoine Vielliard. Selon cet édile, la partie française est prête à aller de l’avant. «Il y aurait du sens à ce qu’une nouvelle route départementale transfrontalière voie le jour car il en existe peu, plaide-t-il. Et dans notre commune, les plaintes relatives au trafic émanant de Crache ou Thérens sont tout aussi aiguës que celles de Soral.»

Financement à négocier

Un financement franco-suisse devrait alors être négocié pour cette route presque entièrement française. Ce qui n’est pas évident sur le plan politique: le peuple genevois a refusé de financer des P+R en France en 2014.

Cette nouveauté survient alors que le Grand Conseil se prononcera à la fin de l’été sur un crédit de 300 000 francs voué à étudier un contournement pour Soral. Le principe a réuni une majorité, de droite, en commission. Et le rapporteur de majorité valorise la proposition franco-soralienne: «C’est la meilleure solution, opine Serge Hiltpold, député PLR. Elle permet d’aller de l’avant alors que le trafic qui se déverse sur Soral a bondi, dépassant les 10 000 voitures par jour, et qu’une sortie d’autoroute est prévue en France, non loin du village.»

Ces arguments font que les plaintes de Soral sont davantage prises au sérieux par le Canton. En septembre dernier, le ministre des Transports, Luc Barthassat, annonçait sa volonté de retarder l’ouverture matinale des petites douanes du sud du canton, à titre de test, afin d’épargner les habitants souffrant des flux pendulaires. Une mesure suspendue en l’attente de la conclusion de pourparlers transfrontaliers. Où en est-on? Le Département des transports se refuse à tout commentaire. Et ne se prononce pas plus sur le nouveau projet soralien.

Attractivité à modérer

La gauche parlementaire est sceptique. Les rapports de minorité d’Olivier Baud (Ensemble à Gauche) et du Vert François Lefort vont dans le même sens. Selon eux, un nouvel axe ne fera à terme qu’aggraver la situation en favorisant une augmentation globale des flux motorisés. La vraie réponse repose dans des parkings d’échange couplés à des liaisons en transports en commun, plaide l’écologiste.

Anne Jaggi prend le contre-pied. «Certains veulent éviter la création d’une nouvelle artère pénétrante, mais celle-ci existe déjà, comme le montrent les comptages, pointe l’élue soralienne. Nous voulons juste que cette pénétrante soit déviée par une route qui ne devra toutefois pas être trop attractive afin d’éviter de susciter un trafic supplémentaire.»

Créé: 03.08.2017, 14h20

Cliquer pour agrandir l'infographie. (Image: G. Laplace)

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