Un comité gauche-droite défend la loi sur la Praille

Votation du 10 juinDes pontes du PLR et du PDC viennent brouiller les pistes et défendent une loi que la droite conteste.

Image: ©azzurromatto/E.Gastaldello

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À peine les élections sont-elles passées que les Genevois sont rappelés aux urnes. Le 10 juin, une votation importante les attend. Elle concerne le développement du secteur Praille-Acacias-Vernets (PAV) et le type de logements qu’on y construira. Et il sera difficile de se reposer sur les recommandations des partis. Car si les partis de droite prônent le non, ils ne sont pas unanimes.

Mardi, le comité «ProPav» s’est présenté pour défendre la révision de la loi proposée. Et ce groupe ressemble à un comité d’union nationale. Aux côtés de représentants de la gauche, on y trouve des pontes de la droite: les anciens conseillers d’État PLR Mark Muller et Claude Haegi, le PDC Pierre-François Unger, l’entrepreneur PLR Michel Balestra, ainsi que plusieurs acteurs des milieux immobiliers.

«Nous avons constitué ce comité car le PAV ne doit pas être l’otage de conflits partisans, explique la socialiste Nicole Valiquer. Nous défendons un projet qui est le fruit d’un long travail consensuel.»

La question porte sur le nombre et le type de logements à réaliser. Ces quotas ont été fixés en 2010, sous l’ère du conseiller d’État Mark Muller. Mais ils ont été jugés insatisfaisants pour rentabiliser les opérations immobilières.

Davantage de logements

La révision soumise au vote propose une nouvelle répartition. Davantage d’appartements sont prévus par rapport aux futurs emplois et la proportion de logements d’utilité publique (LUP) a été revue à la baisse. On en réalise 62% au lieu de 67% prévus, dont une bonne partie de subventionnés.

En outre, on introduit la possibilité de réaliser 12% de PPE (appartements à vendre) sur les terrains appartenant à l’État. Mais comme l’État ne va pas se dessaisir de ses parcelles, il les louera sous forme de droit de superficie.

«Cette nouvelle répartition apporte 12 400 logements, davantage de mixité et les PPE permettent de mieux rentabiliser les opérations, déclare Mark Muller. Un Non à cette révision serait un très mauvais signal pour le PAV et provoquerait un retard de deux ans.»

L’entrepreneur Yann Borgstedt, qui envisage de construire, confirme: «Cette loi n’est pas parfaite mais elle nous permet au moins d’avancer. Nous avons trop attendu.»

Les partis de droite (PLR, PDC et UDC) et les associations patronales rejettent le texte, au motif que les LUP sont trop nombreux et la véritable PPE inexistante.

Fruit d'un consensus

Des arguments qui n’ébranlent pas Claude Haegi, qui s’oppose à son parti. «Cette révision est le fruit d’un consensus et offre des progrès considérables. La Chambre immobilière a eu une influence démesurée sur les députés de droite et prend le risque de tout bloquer.» (TDG)

Créé: 15.05.2018, 19h30

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