Un accident relance le débat sur les premiers secours

FootballL’intervention d’un arbitre assistant, ambulancier de formation, a sans doute sauvé la vie d’un footballeur, dimanche à Vessy.

Deux ambulances et un hélicoptère de la Rega sont intervenus dimanche à Vessy.

Deux ambulances et un hélicoptère de la Rega sont intervenus dimanche à Vessy. Image: Infolecteur/EC

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«Vous savez, je n’ai rien fait d’extraordinaire», glisse Sami Ferchichi. N’empêche, cet arbitre assistant a probablement sauvé la vie d’un footballeur, suite à un accident de jeu qui relance le débat sur les premiers secours dans les enceintes sportives du canton. Retour sur un drame évité de justesse, dimanche dernier à Vessy. La rencontre de 2e ligue oppose le FC Champel au FC City. Sami Ferchichi, 38 ans, raconte: «Je me trouvais à quelques dizaines de mètres de l’action. Il y a eu un choc entre deux défenseurs du FC Champel. De loin, ça paraissait presque normal, mais j’ai immédiatement remarqué que l’un des joueurs tombés à terre commençait à avoir des convulsions. J’ai alors jeté mon drapeau de touche et j’ai couru vers lui…»

Avaler sa langue

Le hasard fait que Sami Ferchichi est samaritain à Plan-les-Ouates, mais en plus ambulancier professionnel. Il connaît les gestes qui sauvent. «Le joueur était pratiquement en arrêt respiratoire. J’ai mis ma main sur sa gorge et j’ai tout de suite vu qu’il avait, comme on dit, avalé sa langue.» L’expression est en effet trompeuse. D’un point de vue médical, il est techniquement impossible d’avaler sa langue. En revanche, en cas de crise d’épilepsie, par exemple, ou de choc violent, comme ce fut le cas dimanche à Vessy, l’organe peut se glisser au fond de la gorge et empêcher le blessé de respirer. Cela peut aller jusqu’à l’étouffement.

Avec l’aide du gardien de but champelois – «il s’appelle David, il m’a magnifiquement aidé, un gars super», souligne Sami Ferchichi – le joueur a alors été placé en Position latérale de sécurité (PLS), «puis j’ai basculé sa tête pour dégager un tant soit peu ses voies respiratoires. J’ai aperçu sa langue tout au fond de sa gorge, mais il était impossible, et aussi très dangereux à cause des risques de morsures, d’aller la retirer.» Ces quelques minutes durant lesquelles le footballeur secouru a pu respirer tant bien que mal grâce aux premiers soins prodigués ont évité un arrêt respiratoire complet, voire un arrêt du cœur. Mais d’autres facteurs ont permis d’éviter un drame en attendant l’arrivée des secours. «Sur le terrain d’à côté se disputaient des matches de foot américain, explique Sami Ferchichi. Or, dans ce sport, la fédération oblige les clubs à avoir un poste sanitaire durant les rencontres. On a donc appelé ces secouristes pour nous aider. J’ai aussi demandé qu’on aille chercher le défibrillateur – il y en a un à Vessy – au cas où le joueur ferait un arrêt cardiaque.»

Former tous les arbitres

L’ambulance est arrivée six à sept minutes plus tard. «C’est peu, mais sur place, ça paraît très long», confie encore l’arbitre genevois. Dès lors, le blessé a été mis sous perfusion, avant que l’hélicoptère de la Rega ne le transporte aux soins intensifs des Hôpitaux universitaires de Genève.

Mais que se serait-il passé si aucune personne présente autour ou sur le terrain n’avait été formée spécifiquement aux premiers secours? C’est pour pallier ce manque que le président de l’Union genevoise des arbitres de football, Skander Chahlaoui, relance l’idée d’une formation ad hoc pour les directeurs de jeu. «Notre comité va prendre contact avec les associations de Samaritains afin de voir comment nous pourrions former tous les arbitres du canton aux premiers secours, mais aussi au maniement des défibrillateurs. Car à chaque match, il y a au moins un arbitre, c’est un personnage central.»

Skander Chahlaoui relève également que le Tessin a déjà pris les devants et assure une telle formation à tous ses directeurs de jeu.

Nouvelles rassurantes

Quant au footballeur blessé, «il est aujourd’hui hors de danger et à ma connaissance, les examens qu’il a passés sont rassurants, indique Sam Mifano, président du FC Champel. Mais il est toujours hospitalisé et reste sous observation.»

Le boss champelois soutient l’initiative que souhaite mener l’Union des arbitres, et va même plus loin: «Je pense que sur les stades où il y a beaucoup de matches le week-end, ceux de la ville notamment, il faudrait prévoir un piquet de secouristes.» (TDG)

Créé: 13.04.2018, 07h18

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