Troisième condamnation pour «l’archange Gabriel»

JusticeHaut fonctionnaire en France, il avait dénoncé des scandales. Ici, il est sanctionné pour contrainte sexuelle sur sa fille.

Cour d'assises. Le frère de la plaignante (à gauche) et l'accusé, Gabriel Aranda: «En public, mon père était un homme charmant, attentionné.» (CROQUIS PATRICK TONDEUX, 8 DECEMBRE 2009)

Cour d'assises. Le frère de la plaignante (à gauche) et l'accusé, Gabriel Aranda: «En public, mon père était un homme charmant, attentionné.» (CROQUIS PATRICK TONDEUX, 8 DECEMBRE 2009) Image: Patrick Tondeux

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Troisième procès et troisième condamnation pour Gabriel Aranda, ce haut fonctionnaire français ayant vécu incognito durant trente ans à Genève sous le nom de Daumier. Ses avocats sont têtus mais la justice genevoise parfois aussi. Hier, le tribunal lui a infligé une peine de 30 mois de prison dont 6 mois ferme pour contrainte sexuelle sur sa fille.

Pas l’ombre d’un doute

Soit une sanction de six mois inférieure à celle décidée par les deux instances précédentes, notamment à cause de «l’écoulement du temps», a expliqué la présidente du Tribunal correctionnel. L’affaire est loin d’être terminée. Les voies de recours sont infinies. La ténacité de la défense également.

Il faut dire que l’homme est plutôt bien épaulé. Ses conseils s’appellent Charles Poncet et Marc Bonnant. Malgré quelques revers – trois incidents ont été écartés coup sur coup hier matin – ils ne se lassent pas. Pourquoi? Parce que ce client est un ami de trente ans. «Il ne peut pas être coupable des actes ignominieux dont sa fille l’accuse», indique Me Bonnant. Il assure que s’il avait «l’ombre d’un doute», il ne le défendrait pas.

Gabriel Aranda avait fait la couverture des magazines français il y a plus de trente ans pour avoir dénoncé des scandales et des affaires de corruption dans l’Hexagone. On l’avait ainsi surnommé le «saint Just» de la photocopie à une époque où les mails et les smartphones n’existaient pas. Et puis, après sa période de gloire, il avait complètement disparu. Evanoui sans laisser d’adresse.

C’est seulement en 2009 que la Tribune de Genève a découvert que l’homme vivait incognito à Genève sous le nom de Daumier. Cet analyste financier œuvrait pour les plus grandes études de la place. Travailleur, discret, très apprécié. Voilà pourquoi, lorsque éclate l’épisode le moins glorieux de sa vie, l’accusation de viol et de contrainte sexuelle de la part de sa fille, ses amis avocats volent à son secours. «Ma virginité c’est lui qui me l’a prise à 8 ans», avait dit sa fille devant la Cour d’assises. «Menteuse!» lui avait aussitôt répondu son père qui n’a jamais rien reconnu. A ses yeux, toute l’affaire était un coup monté par son ex-épouse. Même les déclarations de l’un de ses fils affirmant avoir vu certaines scènes ne l’avaient pas ébranlé.

Actes sexuels prescrits

Aujourd’hui, le septuagénaire n’a pas assisté aux débats. Il a présenté un certificat médical. Dans la matinée, sa fille, souffrante, a également quitté le prétoire. Le temps écoulé et la stratégie de la défense ont payé. La période pénale durant laquelle les actes ont été commis était de quinze ans, elle n’est plus que de cinq ans. L’accusation de viol a été écartée, seule demeure celle de contrainte sexuelle. Et les avocats sont bien décidés à continuer le combat.

Gabriel Aranda a notamment terrorisé ses enfants en leur disant que grâce à ses appuis «il pouvait se jouer de la justice». Pour le moment, cette même justice lui demande de payer 20 000 francs de tort moral à sa fille et 26 000 francs de frais de procédure. (TDG)

Créé: 31.05.2013, 23h00

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