Sept cabines de téléphone pour parler du suicide

GenèveUne exposition propose des témoignages d’adolescents qui ont tenté de mettre fin à leurs jours.

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Comment parler du suicide des adolescents? Depuis lundi, une exposition interactive propose au public de réfléchir à ce sujet en passant dans des cabines téléphoniques.

Cette campagne de prévention est organisée par la fondation Children Action aux côtés des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). «Le suicide n’est pas une fatalité. Nous cherchions une façon originale de sensibiliser les jeunes et leur entourage, indique la directrice, Stéphanie Kolly. Happy City Lab nous a donné l’idée des cabines. Des artistes renommés les ont customisées. Nous voulions un lieu très passant: les Bastions étaient tout désignés.» A partir du 11 et jusqu’au 25 septembre, l’exposition se déplacera à l’UBS des Acacias.

Que se passe-t-il dans ces cabines? Trois d’entre elles proposent des témoignages de jeunes en détresse, de parents et de professionnels. La quatrième donne des informations générales sur le suicide, une autre balaie les idées reçues sur la question. Dans la sixième, le public peut écouter des chansons sur le mal-être adolescent. Et laisser des messages vocaux ou écrits dans la septième.

Selon l’OMS, 800 000 personnes se suicident chaque année dans le monde. Ce serait plus que l’ensemble des victimes des guerres et des catastrophes naturelles. En Suisse, le suicide représente la première cause de mortalité chez les 15-29 ans. «Il diminue depuis que l’on a pris conscience du problème au milieu des années 90, note la Dre Anne Edan, responsable de l’Unité de crise Malatavie des HUG. Le taux est passé de 50 à 25 suicides pour 100 000 habitants. A Genève, un ou deux suicides de jeunes sont répertoriés en moyenne chaque année.»

Les médecins rappellent que le premier facteur de risque est d’avoir déjà tenté de mettre fin à ses jours. «Il est donc très important de ne pas banaliser une tentative de suicide; une prise en charge efficace permet d’éviter le risque de récidive à court et plus long terme», relève Anne Edan.

La psychiatre souligne que l’adolescence constitue une période de vulnérabilité, durant laquelle la tentation suicidaire n’est pas rare; 2% des jeunes disent avoir des pensées suicidaires tous les jours ou tous les deux jours. «Les parents doivent être attentifs. Un changement de comportement – repli sur soi, consommation de produits toxiques ou chute des résultats scolaires – peut être un signe de mal-être.»

Chaque année, 250 à 300 adolescents sont suivis à Malatavie; 20 à 30% d’entre eux ont tenté de se suicider. «Le réseau santé-social riche à Genève a permis d’intervenir avant le passage à l’acte chez les autres», apprécie le médecin.

(TDG)

Créé: 07.09.2017, 18h28

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