«Samedi, je manifeste. Demain, j’agis pour le climat!»

EnvironnementPrès de 4000 personnes ont défilé samedi contre le réchauffement climatique. Des jeunes qui, déjà, prennent le taureau par les cornes. La preuve.

Les jeunes ne se contentent pas de descendre dans la rue pour crier des slogans: ils font déjà beaucoup plus, la preuve.

Les jeunes ne se contentent pas de descendre dans la rue pour crier des slogans: ils font déjà beaucoup plus, la preuve. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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«Nous espérons que 2019 marquera un tournant entre notre inaction passée et notre action future.» Samedi après-midi, place Neuve, sous la statue du général Dufour, un manifestant conclut par ces mots la manifestation qui vient de se terminer.

Près de 4000 personnes, des jeunes pour la plupart, ont défilé dans les rues du centre-ville pour dénoncer l’inaction des politiques face à l’urgence climatique. Ces jeunes se contentent-ils de descendre dans la rue pour crier quelques slogans? En fait, ils font beaucoup plus.

Morceaux choisis autour de quatre questions posées à une vingtaine de manifestants.

1: Des gestes au quotidien

Dans votre quotidien, que faites-vous pour le climat? À cette question, la plupart disent, comme une évidence, trier leurs déchets, faire du vélo et manger local le plus possible. Mais il y a mieux.

Nathan Z., 17 ans, Plan-les-Ouates: «Dans ma famille, nous faisons nous-même yoghourts, biscuits et thés froids. Il n’y a pas de bouteilles en verre. J’éteins la lumière.»

Marc V., 24 ans, Genève: «Je limite mes vols en avion et suis végane depuis un an. Je n’achète des habits que quand ils craquent. J’apporte mes repas au travail. Je me rase avec un rasoir de sûreté et un pain de rasage pour limiter mes déchets.»

Lucie D., 21 ans, Zurich: «Je fais du vélo. J’ai décidé que je ne prendrai l’avion plus qu’une fois par an.»

Madeleine H., 15 ans, Perly: «Je fais du tricot, de la couture, je trie. Je fais du scoutisme, ce qui me permet de mieux connaître mon environnement.»

Aaricia M., 20 ans, Chancy: «Je n’achète plus d’habits depuis un an, je suis végane et je ne prends plus l’avion.»

Amandine M. 17 ans, Plan-les-Ouates: «Dans la famille, nous achetons des produits en vrac et nous avons des panneaux solaires. Mon père fait aussi du pain lui-même, il commence à y arriver.»

Morgane C., 21 ans, Satigny: «Je fais du vélo, je trie et je commande mon panier à légumes du coin.»

Camille V., 17 ans, Certoux: «Je fais du vélo et j’ai décidé que je ne passerai pas mon permis voiture.»


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2: Des attentes politiques

Qu’attendez-vous des politiques?

Nathan Z. 17 ans, Plan-les-Ouates: «Qu’ils respectent les accords de Paris, sans tergiverser. Mais le système suisse est trop lent.»

Madeleine H., 15 ans, Perly: «On nous pousse à consommer, à prendre l’avion qui est moins cher que le train. C’est cela qu’il faut changer.»

Arnaud B., Vessy, 22 ans: «Que le climat devienne une vraie urgence. Les politiques en parlent toujours dans le futur. Or, il faut prendre des décisions pour maintenant déjà.»

Morgane C., 21 ans, Satigny: «Des lois qui dissuadent d’acheter des produits qui viennent de l’autre bout du monde.»

Lucie D., 21 ans, Zurich: «Moins de glandus. Ils sont d’une incroyable lenteur.»

Anthony F., 22 ans, Collonge: «Plus rien du tout.»

Aaricia M, 20 ans, Chancy: «L’État doit fermer les abattoirs et interdire l’élevage. Et arrêter de subventionner la filière de la viande.»

Mathilde Z., 20 ans, Thônex: «Taxer les billets d’avion, réduire le trafic des voitures et faire en sorte que les produits bio soient accessibles à tous.»

Marc V., 24 ans, Genève: «Une loi restrictive contre le C02, avec des délais courts de mise en œuvre. On n’a plus le temps, il faut décroître.»

Léa F., 24 ans, Champel: «Qu’on arrête de culpabiliser les gens. Il faut plutôt faire pression sur les grandes entreprises qui sont les vraies responsables de la situation.»

3: Prêts à s’engager?

Êtes-vous prêts à vous engager pour le climat, en politique ou dans une association?

Madelaine H., 15 ans, Perly: «Je suis au Parlement des jeunes. Mais je me réjouis d’avoir la majorité pour faire davantage et voter.»

Marc V., 24 ans, Genève: «Dans la société où je travaille, j’ai créé un groupe environnement. Nous avons offert des carafes aux collègues et supprimé les bouteilles à eau. Il y a eu pas mal de résistances.»

Amandine M., 17 ans, Plan-les-Ouates: «Je me suis engagée à devenir végétarienne. Et j’irai voter.»

Anthony F., 22 ans, Collonge: «Je suis engagé dans une association d’entraide en Afrique. Mais je me dis que c’est vraiment ici, à notre échelle, qu’il faut agir vite.»

Aaricia M., 20 ans, Chancy: «Je milite pour l’égalité animale. Je participe à des happenings où nous diffusons des vidéos d’abattoirs.»

4: Le temps des sacrifices

Pour vraiment lutter contre le réchauffement climatique, il faut réduire sa consommation. Mais nos jeunes sont-ils prêts à faire des sacrifices? Par exemple: se limiter à trois t-shirts et deux jeans, manger des pommes plutôt que des avocats, préférer la savonnette au gel douche et ne plus voyager en avion.

Nathan Z, 17 ans, Plan-les-Ouates: «Trois t-shirts, deux jeans? Je n’ai pas beaucoup plus.» Sa copine confirme: «Et ça ne me gêne pas.»

Angèe H., 17 ans, Perly: «Avec ma mère et ma sœur, on s’échange nos habits. Ça nous fait une seule garde-robe, qu’on assortit en allant dans les friperies.»

Arnaud B., 22 ans, Vessy: «Aucun souci pour votre liste, sauf pour l’avion, car il est difficile à remplacer. Mais une fois par an seulement, et pour aller loin. Pas question de le prendre pour trois jours à Barcelone.»

Morgane C., 21 ans, Satigny: «J’achète très peu d’habits et surtout de deuxième main. Je réduis mes vols, c’est difficile, mais il le faut car, sinon, cela annule tous mes efforts.»

Camille V., 17 ans, Certoux: «Je récupère les habits de ma mère et vais dans les friperies. J’aime beaucoup voyager, mais il faut faire des concessions. Donc, stop pour l’avion.»

Lucie D., 21 ans, Zurich: «La savonnette, bien sûr, depuis longtemps. Et je résiste à acheter des habits. Je me dis que je n’ai besoin de rien.»

Anthony F., 22 ans, Collonge: «Je n’achète plus d’habits depuis trois ans. Et j’ai fortement réduit mes vols.»

Matteo Z., 21 ans, les Grottes: «J’achète beaucoup de deuxième main et j’aime bien les matériaux de récup. Le plus difficile, c’est l’avion. Je me dis que je pourrais me permettre un grand voyage tous les trois-cinq ans. Mais jamais un vol pour un week-end.»

Mathilde Z., 20 ans, Thônex: «Je commence à éviter les boutiques, H&M, Zara et compagnie. On peut être coquette sans y aller.»

Léa F., 24 ans, Champel: «Ces efforts semblent aujourd’hui impensables, nous sommes nés dans ce monde. Mais ça va très vite devenir une évidence. J’y réfléchis de plus en plus.» (TDG)

Créé: 02.02.2019, 20h04

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