Retour à la case départ pour la «tour des Grottes»

ProjetLe Municipal exige que le Conseil administratif revoie sa copie en concertation avec les habitants du quartier.

En 2010, un concours avait été lancé pour occuper la parcelle exiguë.

En 2010, un concours avait été lancé pour occuper la parcelle exiguë. Image: Laurent Guiraud

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Peut-on encore parler de la «tour des Grottes»? Probablement pas. Huit ans après la naissance de ce projet, l’édifice qui devait initialement s’élever à dix étages sur rez n’est en tout cas pas près de sortir de terre. Hier soir, le Municipal de la Ville de Genève a décidé d’exiger, conformément à une proposions du PS, que le Conseil administratif revoie entièrement sa copie. Et lui présente «un projet concentré et repensé». Autrement dit: retour à la case départ.

«Après huit ans de pataugeages», s’agace le chef de groupe MCG, Daniel Sormanni. Son parti était l’un des seuls à soutenir la proposition du magistrat chargé des Constructions et de l’Aménagement, Rémy Pagani, consistant à confier le projet à la Fondation de la Ville de Genève pour le logement social (FVGLS). Cette dernière envisageant un immeuble de huit étages.

Question de gabarits

Pour rappel, en 2010, un concours est lancé pour occuper cette parcelle exiguë sise dans le haut du quartier. Le projet qui rafle la mise est un immeuble de dix étages sur rez. De quoi entraîner la grogne des habitants des Grottes. S’ensuivent plusieurs années de pourparlers, portant principalement sur le gabarit de l’immeuble désormais surnommé «la tour des Grottes».

En juin 2016, lors d’une réunion publique, face à Rémy Pagani, les habitants des Grottes finissent par accepter un bâtiment de cinq étages sur rez, soit six niveaux. Une option que le magistrat d’Ensemble à Gauche s’engage à défendre auprès de la FVGLS.

À l’occasion du débat en plénière, en ce début de soirée mercredi, il n’est pas présent. Le MCG et l’UDC se retrouvent bien seuls pour défendre l’octroi du droit de superficie à la fondation. Aux yeux de Daniel Sormanni, «il n’est pas sérieux de la part du Conseil municipal de bloquer ce projet». Et de traiter les opposants à la tour d’«égoïstes qui ne pensent qu’à eux et pas à ceux qui cherchent un logement à Genève».

Un avis que ne partage pas le Vert Alfonso Gomez. «Ce projet a été refusé par le quartier car il est mal ficelé. Il est le fruit d’une approche quantitative et non qualitative.» Le conseiller municipal d’Ensemble à Gauche Morten Gisselbaek franchit un pas supplémentaire estimant qu’en 2010, «le jury s’est trompé». Et de soutenir au passage la démarche de la Coopérative des Grottes, qui souhaiterait se voir confier la parcelle.

«La patate chaude»

L’indépendant Pierre Gauthier dénonce quant à lui «la manœuvre du Conseil administratif, qui tente de se débarrasser de la patate chaude qu’il n’a pas su gérer», en la donnant à la FVGLS. Le PLR soutient, lui aussi, le retour à l’envoyeur. Le conseiller municipal Rémy Burri dénonce «le méchant rétropédalage de Rémy Pagani» et s’inquiète des 930 000 francs déjà dépensés par la Ville pour ce projet qui piétine. Son groupe milite pour l’option R + 9 étages.

À l’heure du vote, la proposition du PS est adoptée par 54 oui contre 13 non (UDC, MCG et l’indépendant Pascal Spuhler). La tour s’effrite et Rémy Pagani se voit contraint de reprendre ce dossier.


Parc de la Jonction: une nouvelle étape

Hier soir, le Conseil municipal de la Ville de Genève a joué aux marchands de tapis. De 500 000 à 400 000 francs, le crédit d’étude visant à réaliser un parc à la pointe de la Jonction s’élèvera finalement à 460 000 francs. La discussion a en effet essentiellement porté sur le soutien financier à accorder à la démarche participative inhérente au projet. Ce dernier est en effet porté par six associations. L’Alternative a ainsi profité du débat en plénière pour souligner tous les bienfaits de ce type de processus, déplorant au passage qu’il n’ait pas été employé dans le dossier de la tour des Grottes.

De son côté, le PLR demandait la suppression des 100 000 francs destinés à ce point en particulier. Aux yeux du conseiller municipal Pierre de Boccard, le procédé consistant à rémunérer un travail effectué bénévolement ne relève «pas de l’amateurisme mais du clientélisme!» Désireux de trouver un compromis, le PDC a proposé de couper la poire en deux et d’accorder 60 000 francs plutôt que 100 000. Au final, le crédit d’étude accordé au projet atteint donc 460 000 francs.

De quoi permettre au projet du parc de la Jonction d’aller de l’avant. Le futur parc s’étendrait sur 15 000 m2 en lieu et place des abris couverts où dorment actuellement les bus des TPG. En 2019, ces derniers doivent en effet déménager, direction Vernier. «Les échéances sont là devant nous», a insisté pour sa part le conseiller administratif chargé de l’Aménagement, Rémy Pagani. M.P.

Créé: 20.06.2018, 23h04

Articles en relation

La tour des Grottes ploie sous la pression des habitants

Logement Mardi, avant le Municipal de la Ville de Genève, la Coopérative des Grottes a milité pour un projet participatif. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Hong Kong: un pays, deux systèmes
Plus...