Remplacer l’achat par l’emprunt

Un problème une solutionTrois Genevoises ont créé une vétithèque, où les familles peuvent emprunter de vêtements pour leurs enfants.

Caterina, Marina et Vidya (de g. à dr.) ont créé l’association Vet’Lok en juillet et ont déjà reçu près de 1000 dons d’articles pour enfants.

Caterina, Marina et Vidya (de g. à dr.) ont créé l’association Vet’Lok en juillet et ont déjà reçu près de 1000 dons d’articles pour enfants. Image: LAURENT GUIRAUD

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A Noël passé, en faisant mes cadeaux, je me suis rendu compte des prix exorbitants des vêtements pour enfants. Et me suis demandé: comment font les familles aux moyens limités? Et certains de ces habits ne seront parfois portés que deux ou trois fois seulement, c’est du gaspillage…» Le constat émane de Marina, une Genevoise de 29 ans. En réponse, elle a décidé d’agir en proposant à deux amies d’enfance de créer une vétithèque. Soit une bibliothèque de vêtements et chaussures pour enfants, ouverte deux fois par mois depuis juillet. Une première à Genève.

Près de mille articles en stock

Marina, qui travaille dans une ONG suisse, Vidya, 29 ans, étudiante en master en socioéconomie, et Caterina, 28 ans, enseignante au primaire, ont commencé par fonder une association, Vet’Lok. «Le concept existe déjà dans d’autres pays mais ce sont généralement des entreprises qui gèrent le projet, il n’y a pas ce côté associatif.» Elles ont ensuite récolté des vêtements du côté de leurs proches.

«Puis, grâce au bouche-à-oreille, les gens sont venus spontanément déposer des habits dans notre point de récolte à la librairie portugaise Camões (boulevard James-Fazy), raconte Marina. Aujourd’hui, notre stock se compose d’un millier d’articles, des vêtements aux chaussures, pour les enfants de 0 à 12 ans.» Shorts, bottes de pluie roses, petite robe aux motifs africains, mini espadrilles, l’inventaire est éclectique. Le trio trie, et lave si besoin. «Mais la majorité des dons sont propres et en bon état, on a même reçu des habits qui avaient encore leur étiquette!» relève Vidya.

L’emprunt fonctionne avec une carte de membre. «Une carte de 6 mois coûte 30 fr. et 60 fr. pour un an. Nous avons choisi d’instaurer un tarif symbolique pour responsabiliser les membres, explique Caterina. Ça nous sert aussi à amortir nos frais (achat de cintres, de supports pour les vêtements, etc.). La carte est valable pour une famille entière.» La vétithèque ouvre deux fois par mois le samedi dans les locaux de BioPop, à l’îlot 13. La prochaine rencontre a d’ailleurs lieu ce samedi de 10 h à 13 h, exceptionnellement à la librairie Camões. Chaque enfant peut emporter dix articles, qu’il pourra garder pendant quatre mois, «la durée d’une saison environ, justifie Caterina. Mais le prêt peut être prolongé si besoin.»

Au moment du retour, que faire si le vêtement est troué, abîmé d’avoir bien vécu sur le dos de l’enfant? «On est bien consciente qu’à cet âge-là, il y a des risques que les habits ne reviennent pas forcément en bon état, répond Marina. Si on peut recoudre, on le fait. S’ils sont trop abîmés et que nous ne pouvons pas les rapiécer, nous les déposons dans les Boîtes à fringues.» Lavent-elles les articles rendus? «En général, les parents les nettoient avant de les ramener. La famille qui les empruntera à son tour les lavera probablement, alors si nous aussi nous les passons en machine, ça fait trois lavages… ce n’est pas vraiment en accord avec notre objectif de développement durable! On ne lave que si ça a l’air sale.»

Réduire gaspillage et dépenses

Le développement durable est dans leur ligne de mire. Mais leur projet vise aussi à réduire le gaspillage et la surconsommation de vêtements en leur donnant une seconde vie (ou une première) et offrir une alternative aux familles pour réduire leurs dépenses.

Vet’lok démarre tout juste et ne compte encore qu’une poignée d’adhérents. Parmi elles, Catherine, une Genevoise qui privilégie le seconde main. «J’aime le fait de donner une deuxième vie à des vêtements et de créer un réseau de solidarité entre les familles.» Ses enfants sont âgés de 10 et 12 ans, «ils sont un peu grands pour le concept, à cet âge-là on a envie d’habits neufs qu’on peut garder… Je me suis inscrite pour soutenir l’idée. Et je contribue en donnant des vêtements de mes enfants et en ramenant d’autres membres!»

Plus d’informations sur www.vetlok.ch ou le 16 septembre au festival Alternatiba.

Créé: 05.09.2017, 18h46

Racheter sans cesse

La durée de vie des vêtements pour enfants est souvent courte. Rapidement plus à la bonne taille, troués, usés, il faut les remplacer. Des dépenses importantes pour les parents – certains articles pour enfants sont aussi chers que ceux des adultes. A contrario, certains vêtements n’auront que peu ou jamais servi. Le système de la vétithèque permet de lutter contre le gaspillage et la surconsommation, de recycler des habits encore en bon état et de permettre aux familles de réaliser quelques économies.

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