Proche d’un ex-dictateur, elle aurait été plumée

JusticeElle se retourne contre son amoureux, qui travaillait pour la famille el-Assad.

Tribunal de police. Mes Didier Bottge et Laura Caruso (à gauche), le prévenu (à droite).

Tribunal de police. Mes Didier Bottge et Laura Caruso (à gauche), le prévenu (à droite). Image: DESSIN PATRICK TONDEUX

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Le Proche-Orient et même l’Afrique se sont invités, hier, au Tribunal de police. On y a parlé de feu Omar Bongo, président du Gabon. De Rifaat el-Assad, oncle du président syrien et de la grande famille libanaise Joumblatt. On y a aussi parlé d’amour, de rupture et d’argent. D’un million de dollars et de près de 400 000 euros plus précisément. Placés et perdus par une jeune femme qui prétend avoir été séduite et escroquée par son amoureux.

Après avoir suivi des études de droit et de philosophie, J., le prévenu, explique avoir travaillé durant des années pour le vice-président syrien Rifaat el-Assad dans ses luxueux bureaux de l’avenue du Président Kennedy à Paris. Il gagnait 15 000 à 20 000 euros par mois, sans compter les commissions, et vivait agréablement. «Il était toujours reçu comme un roi dans les grands restaurants de Paris», indique à la barre son ancien chauffeur.

Des faux yeux bleus

En 2000, un proche de la famille al-Assad que l’accusé décrit comme un «chasseur de femmes» insiste pour lui présenter la propre fille d’Omar Bongo. Une très belle femme aux yeux bleus qui veut placer des fonds. «Puis, j’ai appris qu’elle n’était pas la fille de Bongo et qu’elle n’avait pas les yeux bleus, elle avait fait des trucs chirurgicaux.» Mais il en était déjà tombé éperdument amoureux. Et elle, pour lui prouver sa passion, lui a versé un million de dollars et 400 000 euros, cadeau du puissant Bongo.

L’argent est arrivé sur un compte «gitanes» auprès de la Société Financière (actuelle Société Bancaire Privée) à Genève puis sur un compte «glaive» dans le même établissement. L’argent est dilapidé. Et finalement ce qui reste atterrit sur un compte personnel de J. à Beyrouth.

Pourquoi lui a-t-elle confié cette fortune? «Elle voulait fuir le fisc français, mais aussi me prouver son amour. Nous vivions une passion.» Pourquoi avoir proposé à la jeune femme de déposer ses avoirs auprès de la Société Financière Privée? demande le procureur Zanni. «Pour faire plaisir à mon neveu qui y travaillait», répond J. Le magistrat: «Votre réponse n’a aucun sens. Votre amie sait que le juge genevois Perraudin enquête sur les fonds d’Omar Bongo et vous lui proposez d’ouvrir un compte justement à Genève?»

J. et son avocat, Me Didier Bottge, brossent l’image d’un couple qui mène grand train. «Trop», dit J. aujourd’hui. Range Rover, Mercedes, appartements à Paris et à Beyrouth, voyages et œuvres d’art. «J. aimait les peintures et les œuvres d’art, explique le frère du prévenu à la barre. Tous les deux me montraient régulièrement leurs acquisitions, c’était une passion commune.» Et le chauffeur du couple: «Leur maison était un petit musée.»

«Dévasté et dévalisé»

En fin de compte, la plaignante a eu l’impression d’avoir été trompée et volée. Elle a envoyé des camions pour vider les appartements communs de toutes les horloges, lustres et autres bibelots de valeur. Elle a porté plainte contre son ex-amoureux et lui a interdit de voir leur enfant né en 2002. Lui de son côté, persuadé qu’elle continuait à entretenir une liaison avec Omar Bongo, s’est éloigné: «J. a été dévasté, dévalisé, elle l’attaquait de partout. Ça a été une période très dure pour lui», indique son frère. Réquisitoire et plaidoiries ce matin.

Créé: 20.11.2012, 07h20

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