Pour éviter les drames, la Ville lance ses «Super Nanny» à domicile

Coaching éducatifDes parents pourront faire appel à des éducateurs spécialisés pour résoudre une problématique familiale.

Sylvie a résolu les difficultés d’éducation rencontrées avec son fils grâce à l’intervention d’une éducatrice de la FOJ.

Sylvie a résolu les difficultés d’éducation rencontrées avec son fils grâce à l’intervention d’une éducatrice de la FOJ. Image: LAURENT GUIRAUD

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«–Allez, au lit. –Non! –Si! –Non!!!» «–Tu fumes des joints maintenant? –T’as rien à me dire, t’es pas ma mère!» Qu’elle soit classique, monoparentale ou recomposée, chaque famille a son lot de conflits. Pour éviter qu’une situation problématique ne s’aggrave, la Ville proposera dès le 1er décembre, par l’intermédiaire de la Fondation officielle de la jeunesse (FOJ), un service gratuit de «coaching éducatif» à domicile aux familles qui en feront la demande.

Suite à l’expérience positive du Grand-Saconnex, qui offre ce service depuis deux ans, la Ville emboîte le pas à cette commune et lance ce projet pilote sur un an dans les quartiers des Grottes, de Sécheron, du Petit-Saconnex et de la Servette. «Il y a des passages dans l’évolution de l’enfant qui peuvent être plus compliqués à gérer pour la famille. Ces aides à domicile sont des coups de pouce pour dépasser des difficultés que connaissent de nombreux parents dans la vie quotidienne», soutient Esther Alder, maire et chargée de la Cohésion sociale. En tout, quelque 4000 familles ayant des enfants entre 4 et 15 ans pourront potentiellement faire appel au nouveau service de la Ville. Le budget alloué au projet est de 70 000 francs.

L’avantage? C’est gratuit, confidentiel et moins lourd qu’une intervention du Service de protection des mineurs (SPMI). Aucun dossier n’est ouvert et les parents ont le choix d’arrêter les consultations quand ils le veulent. Le suivi est généralement d’une fois par semaine sur quelques mois mais peut durer jusqu’à un an dans des cas particuliers.

«Mon fils me testait tout le temps»

Sylvie*, mère célibataire de 38 ans, a bénéficié d’une telle aide à domicile au Grand-Saconnex il y a quelques mois. Elle raconte: «J’ai eu un problème de santé pendant quelques mois, ce qui m’a beaucoup affaiblie. Mon fils de 9 ans, pour qui la situation n’était pas facile à accepter, me testait tout le temps. Quand je lui ordonnais d’aller dans sa chambre, il me tenait tête. Je me suis dit que si je laissais la situation comme ça, il risquait de devenir un petit voyou.»

Sylvie a beaucoup apprécié l’aide de l’éducatrice venue pendant quatre mois à domicile: «On prenait le goûter ensemble, elle m’a redonné confiance en mon autorité en me donnant des outils concrets.» Un exemple? «Le ton de ma voix. J’ai une voix plutôt douce et un peu monocorde. J’ai dû apprendre à être un peu plus sèche pour montrer quand je suis fâchée.» Aujourd’hui, Sylvie dit avoir retrouvé «beaucoup de moments de qualité» avec son enfant. «L’intervention d’une personne neutre nous a fait du bien à tous les deux. Je sais qu’elle a aussi beaucoup compté pour mon fils.»

L’éducatrice de la FOJ qui est venue coacher Sylvie, Annick Campart, se souvient bien de cette famille: «Le garçon, par ailleurs très intelligent et créatif, avait beaucoup de peine à gérer ses frustrations et piquait des colères, auxquelles sa maman répondait par de longues explications, voire des justifications. J’ai travaillé avec elle pour définir les moments non négociables et ceux où elle voulait laisser son fils s’exprimer. Avec le garçon, nous avons mis en place une stratégie: lorsqu’il est contrarié, il monte dans sa chambre, dessine et écrit tous les vilains mots qu’il veut sur une feuille, en fait une boule et la jette, sans la montrer à personne.»

Les limites du coaching

L’éducatrice essaie de s’adapter au mode de fonctionnement de chaque famille. «Je ne viens pas imposer des règles, je fais avec ce que je rencontre à domicile, en suivant les demandes des parents. Dans mon travail, je me centre principalement sur leurs compétences et ressources.»

Tous les cas ne sont pas aussi exemplaires que celui de Sylvie. En cas de soucis plus importants, l’éducateur encourage la famille à prendre contact avec le SPMI et la soutient dans cette démarche. «Cela m’est arrivé avec une famille dont l’aînée de 13 ans se mettait de plus en plus en danger, en consommant de l’alcool, du cannabis et en sortant la nuit quand sa mère dormait», se souvient Annick Campart.

*nom connu de la rédaction

Coaching parental: Numéro gratuit pour les habitants des codes postaux 1202 et 1209, 079 951 42 03 (TDG)

Créé: 01.12.2015, 16h48

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