Porteous ne deviendra pas une prison mais les occupants sont priés de quitter les lieux

OccupationLe gouvernement retient le projet d'un centre culturel sur le site de l'ancienne station d'épuration. Le collectif présent sera associé aux discussions à venir. Avant cela, il doit rendre les clés pour permettre les importants travaux de sécurisation prévus par l'Etat.

Les occupants ont commencé à aménager les grands espaces intérieurs de Porteous, prémices du centre culturel à venir.
Vidéo: Lucien Fortunati

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La nouvelle était attendue par tous les acteurs intéressés à l’avenir de Porteous, cette ancienne station d’épuration au bord du Rhône. À commencer par les occupants eux-mêmes, qui ont investi les lieux l’été dernier et n’en sont plus repartis.

La première phrase du communiqué officiel tombé mercredi dans l’après-midi se lit pour eux comme une jolie victoire: «Après une discussion générale sur l’affectation des bâtiments, le Conseil d’État a décidé d’attribuer le bâtiment Porteous au Département de la cohésion sociale pour la création d’un centre destiné à des projets culturels.» La fameuse banderole, accrochée au porte-à-faux de Porteous, «Nous construisons un monde sans prison», a donc été entendue. Les ambitions pénitentiaires à cet endroit sont définitivement recalées.

Occupation fédératrice

«Oui, nous sommes heureux aujourd’hui», déclarent d’une même voix les membres du collectif qui est dans la place depuis bientôt cinq mois. «Nous avons réussi à faire entendre raison aux gens qui nous gouvernent sur ce point essentiel. Notre occupation, la plus longue dans la durée depuis une bonne décennie, a fédéré beaucoup de monde. Elle a fait office de référendum alternatif face au projet de prison qui était passé en force. Nous nous réjouissons désormais de collaborer avec Thierry Apothéloz, de défendre devant lui notre dossier, d’avancer dans les travaux planifiés. Notre projet se pense et se vit dans le lieu, il est organique et concret. Des chantiers collectifs sont prévus en février, durant les vacances scolaires et universitaires. Notamment sur le front de la sécurité. Nous allons aménager des issues de secours, en concertation étroites avec les architectes que nous avons sollicités.»

De la théorie à la pratique

Préoccupation partagée. La dernière phrase du communiqué le confirme: «Le Conseil d’État accordera une place prépondérante à la sécurité des personnes sur le site.» Comment? En prenant, dès demain, une décision également concrète qui ne va pas exactement dans le sens de l’élan bâtisseur affiché par les occupants. De la théorie à la pratique, les moyens mis en oeuvre divergent en changeant d'échelle. Pour le responsable désigné, c'est-à-dire l'Office cantonal des Bâtiments (OCBA), l'avenir proche de Porteous ne se construit pas avec des matériaux de récupération. Commentaire de Thierry Apothéloz: «Nous allons demander au collectif de quitter les lieux dans les meilleurs délais. C’est un préalable aux discussions à venir. Les occupants le savent. C’est tout à leur honneur d’avoir déclenché une prise de conscience. Ils doivent maintenant tenir leur parole. Le programme reste à construire, qui fera de Porteous un lieu culturel à part entière. En l’état, cette adresse est inhabitable et dangereuse. Les travaux de sécurisation à mener seront de notre fait. Ils devront être rapidement menés, car risque il y a, nos ingénieurs ont rendu un rapport qui l'indique clairement.»

Juste cause

La balle revient donc dans le camp des membres de Prenons la ville. Ils l'ont prise, ils doivent la rendre, après avoir apporté la preuve que leur cause était juste. A Porteous, le monde se fera sans prison, mais aussi sans les cabanes en bois qui viennent de pousser sur le toit. A moins que l'on décide de les conserver comme le vestige d'une occupation réussie. Une évacuation par la force serait, assurément, moins sensible à ce patrimoine enrichi, combinant vision sociale et fantaisie partageuse. (TDG)

Créé: 16.01.2019, 20h34

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