Plainte d’une école après la diffusion d’une «fake news»

Fait diversAu Cycle du Renard, un élève a diffusé une page sur internet pour accuser un professeur de viol.

L’école et l’enseignant ont déposé une plainte. La page, diffusée sur internet, a disparu depuis.

L’école et l’enseignant ont déposé une plainte. La page, diffusée sur internet, a disparu depuis. Image: OLIVIER VOGELSANG

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Le 17 mai dernier, des élèves du Cycle d’orientation du Renard, à Vernier, ont averti la direction de celui-ci: une page créée par un élève sur les réseaux sociaux diffuse l’information selon laquelle un professeur de l’établissement aurait violé plusieurs élèves et écopé de 7 ans de prison. L’école et l’enseignant ont déposé une plainte. La page, diffusée sur internet, a disparu depuis.

Mise au courant des faits par quelques élèves, la direction du Cycle du Renard a informé le jour même la Direction générale de l’enseignement obligatoire. «Des démarches ont été effectuées auprès de la police par l’enseignant concerné, détaille Pierre-Antoine Preti, porte-parole du Département de l’instruction publique (DIP). Le modérateur du site originel a fait disparaître la page, sur demande de l’établissement.»

Ces affaires sont de plus en plus fréquentes, regrette le DIP. Entre trois et quatre cas ont été signalés ces derniers mois, ce qui est assez inhabituel. «Cela soulève la question des sites internet conçus pour organiser des «blagues» douteuses qui se transforment parfois en nouvelles fausses et diffamantes», poursuit le porte-parole. Si cette fois-ci, un enseignant a fait les frais d’une fake news, la victime peut tout aussi bien être un jeune.

Le DIP précise: dans ce genre de cas, tout est fait pour que le public croit à la véracité de l’information. Les sites ou pages créés sont parfois très proches de ceux des médias et peuvent aisément être partagés sur les réseaux sociaux. Le site incriminé annonce ainsi plus de 58 000 partages. Le nom de l’enseignant, lui, est livré à la vue de tous. «Ces fake news alimentent des rumeurs nauséabondes qui se transmettent parfois de manière virale, poursuit Pierre-Antoine Preti. Elles sont, autant pour les collaborateurs du DIP que pour les élèves, source de problèmes récurrents qui portent parfois atteinte à l’image, l’honneur et la personnalité des personnes visées.» Du côté de la Fédération des associations des maîtres du Cycle d’orientation (Famco), la problématique est connue. «Ce genre de cas arrive, parfois même entre élèves, relève Julien Nicolet-dit-Félix, membre de la Famco. Mais la plupart du temps, nous essayons de régler les problèmes de manière éducative et ne sommes pas contraints de recourir aux tribunaux.»

Le DIP assure tout mettre en œuvre depuis plusieurs années pour dénoncer ces pratiques, en retrouver les auteurs et les dénoncer. Lorsque des élèves sont à l’origine de tels agissements, le conseil de discipline de l’établissement peut être saisi. Par ailleurs, l’application WhatsApp, «important vecteur de fausses nouvelles» selon le DIP, est interdite aux moins de 16 ans depuis avril 2018. Un plan contre le cyberharcèlement est également déployé dans les écoles depuis 2016.

Créé: 08.06.2019, 08h44

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