Os calcinés et menhirs cachés dans un champ

Grand-SaconnexUn terrain recèle des trésors. Des fouilles ont révélé une petite nécropole.

Le premier monolithe découvert par les archéologues en 2014.

Le premier monolithe découvert par les archéologues en 2014. Image: Service cantonal d'archéologie

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Il y a des communes qui peuvent ajouter à leur carte de visite: «Site archéologique d’exception». C’est le cas du Grand-Saconnex. Il ne fait pas les choses à moitié, en se contentant de receler quelques miettes de céramiques ou une empreinte de fortification. Non. Lui voit grand: il déterre des menhirs! Un premier monolithe a été découvert en 2014. Pas un silex de poche mais une vénérable pierre – 4000 av. J.-C. – de 1,50 mètre. Un second, plus petit, est sorti de terre cette année.

Les monolithes ne courent pas les rues dans le canton. On en a déjà trouvé sous le temple de Saint-Gervais ou au parc La Grange mais ils demeurent rares. A cela s’ajoute encore l’exhumation d’ossements calcinés datant de 300 av. J-C. «Nous avons trouvé quatre crémations, expliquent Marie Besse, professeure d’archéologie préhistorique à l’Université, et Tara Steimer, cheffe de chantier. Nous ne savons pas si ce sont les restes éparpillés d’un bûcher ou si ces os appartiennent à un seul individu. Des crémations de cette période sont très peu courantes, ce pourrait même être une première à Genève.»

Jonction autoroutière

Ces découvertes ont été réalisées dans un champ jouxtant l’aéroport, dans le périmètre destiné à la nouvelle jonction autoroutière – cet embranchement devrait être aménagé en parallèle de la construction de la route des Nations. Ils permettent de reconstituer le passé des lieux et de dégager trois occupations: «Dans une première période, entre 3000 et 2700 av. J.-C., les menhirs indiquent que l’endroit devait servir de lieu cultuel. Ensuite, entre 800 et 700 av. J.-C., c’était une zone d’habitation, nous avons trouvé des traces de foyers ainsi que des drains qui traversent l’entier du site sur 60 mètres de large, probablement pour évacuer l’eau de ce terrain sujet aux inondations. Enfin, entre 300 et 150 av. J.-C., l’endroit accueillait une nécropole.»

La pointe du menhir

Ces découvertes ne sont peut-être que la pointe du menhir. Mais les archéologues devront rester sur leur faim; les fouilles ont pris fin vendredi. Le champ va pouvoir se préparer à sa quatrième occupation: une jonction autoroutière. Moins poétique sur la carte de visite… (TDG)

Créé: 02.10.2016, 21h29

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