Municipales en France: le frontalier au coeur de la campagne

Grand GenèveA la fin du mois de mars, les Français éliront leurs maires. En France voisine, la campagne bat son plein, marquée par le contexte national, les enjeux locaux mais aussi ceux spécifiques à la région

A Annemasse s’opposent notamment le sortant Christian Dupessey (à g.) et Louis Mermet, ici lors de la visite de l’ex-premier ministre François Fillon le 10 février.

A Annemasse s’opposent notamment le sortant Christian Dupessey (à g.) et Louis Mermet, ici lors de la visite de l’ex-premier ministre François Fillon le 10 février. Image: Lucien Fortunati/Tribune de Genève

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«Les frontaliers sont devenus l’enjeu des élections des deux côtés de la frontière», lance Michel Charrat, président du Groupement transfrontalier européen (GTE). «Rien d’étonnant vu leur nombre et leur poids économique.» A Annemasse, ils sont 9000. A Annecy-le-Vieux, déjà plus d’un millier. «A Saint-Julien, un actif sur deux est frontalier», souligne le candidat Michel de Smedt. Soit une part non négligeable de l’électorat. Et les candidats l’ont bien compris. Durant cette campagne, les frontaliers sont devenus une cible privilégiée. Au point qu’ils sont sollicités, en raison de ce statut, pour intégrer les listes. A l’image des deux vice-présidents du GTE qui figurent dans l’équipe de Christian Dupessey, à Annemasse, présentée samedi.

Autre symbole fort de la présence du frontalier au cœur des débats: les soutiens. Ainsi, à Gaillard, la liste «apartisane» d’opposition menée par Christophe Piguet se gargarise de l’appui personnel de Michel Charrat. Tandis qu’Anne Michel, candidate à Annemasse, s’affiche aux côtés des bonnets rouges frontaliers.

Comme le souligne le politologue Simon Labouret, «il y a des enjeux propres à cette région frontalière». Se sont invitées dans la campagne des thématiques nationales voire internationales, telles que la votation du 9 février. L’ex-premier ministre UMP François Fillon l’a compris un peu tard. En visite le 10 février en terres frontalières, alors qu’il avait le matin même salué le vote suisse, il a été prié de revoir sa copie. «Il ne connaissait pas toutes les données du problème et a corrigé ses déclarations le soir même», argue Louis Mermet, tête de liste à Annemasse.

Tout aussi étonnantes, les prises de position des candidats au sujet de la réforme de l’assurance maladie des frontaliers. «Les élus locaux ont tendance à s’emparer de la question du droit d’option alors même qu’elle n’est pas vraiment de leur ressort», commente Simon Labouret. Pour la gauche locale, «la crainte, c’est que les frontaliers sanctionnent le gouvernement à travers ce vote alors que notre travail consiste à les aider», confie Michel de Smedt. «Je regrette que certains utilisent les frontaliers à des fins politiciennes», renchérit Christian Dupessey. «Les frontaliers sont inquiets. Mais il ne faut pas à notre échelon leur faire de promesses qu’on ne pourra pas tenir», avance prudemment Pierre Brunet, UMP. A Annecy-le-Vieux, la liste d’opposition Plus belle ma vie a dédié un meeting aux frontaliers à la mi-février, proposant de répondre à leurs «attentes spécifiques». Transports et services périscolaires arrivant bien sûr en tête.

L’objectif partagé par tous les candidats reste de les attirer aux urnes. Vivant des deux côtés de la frontière, cet électorat est abstentionniste. «On se demande s’il est encore attaché aux enjeux français», lâche Simon Labouret. D’où une participation dans le Genevois en général inférieure de 10 points de pourcentage à la moyenne nationale. Reste à savoir si l’opération de séduction portera ses fruits.

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Créé: 04.03.2014, 07h10

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