Migrants, Bunkers, Poggia: un débat utile au Galpon

Asile«Dormir dans un dortoir de seize places durant plus de six mois, c’est complètement délétère», a rappelé Sophie Durieux des HUG.

 Théâtre du Galpon, table ronde sur le logement des migrants, Mohammad Awad Yadallah.

Théâtre du Galpon, table ronde sur le logement des migrants, Mohammad Awad Yadallah. Image: Georges Cabrera

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D’abord, en guise d’état des lieux visuel et sonore, un court-métrage tourné au smartphone embarqué, réalisé par Anne-Claire Adet. Son titre, Bunkers, son sous-titre incitatif: «Bienvenue en enfer». Nous voici dans l’une de ces structures souterraines où s’entassent les migrants, au fil des nuits sans sommeil. Le traitement interpelle, la musique dramatise, les propos sont accusateurs et sans retour.

Plombant. Les mots sont plus forts que les images. Ils s’échangent tout au long du débat, digne et instructif, organisé mercredi soir au Théâtre du Galpon. On apprend davantage à écouter les intervenants qu’à suivre cette plongée de bout en bout désespérante.

BUNKERS - Trailer from Anne-Claire Adet on Vimeo.

Dans les propos du Dr Sophie Durieux, médecin adjointe aux HUG, responsable du programme de santé pour les migrants au département de Médecine de premier recours, des pistes en forme de réflexion urgente sont à creuser. «Dormir dans un dortoir de seize places durant plus de six mois, c’est complètement délétère, rappelle-t-elle. La question de la durée, qui n’est jamais posée dans les faits, serait plus supportable si les gens savaient à leur arrivée combien de temps ils devront rester dans les abris.» Le bénéfice de cette information transmise serait réel «sur le plan humain et médical.»

Cuisiner est interdit dans ces lieux d’hébergement. «Or, les expériences menées ici et là montrent que le geste simple de préparer le repas ensemble permet de rétablir du lien social. Sans compter qu’il favorise des mets plus adaptés à ceux et celles qui les consomment.» Certaines maladies chroniques, comme le diabète, nécessiteraient par ailleurs «une alimentation appropriée à laquelle la cuisine actuelle ne peut pas répondre».

Le même médecin plaide pour des «centres de jour», des endroits favorisant la socialisation, l’apprentissage du français, la découverte de la culture locale. Ces lieux existent, certes, mais en nombres insuffisants, et ils sont pris d’assaut.

On note ces recommandations déjà entendues pour, à nouveau, les répercuter. Les migrants souffrent par ailleurs de vivre dans des abris où les visites sont interdites. «Sortir de l’impasse pour retrouver la surface» - titre du débat - passe aussi par les liens à entretenir avec le voisinage.

En surface, les politiques occupent le terrain. Leur marge de manœuvre est restreinte. «La pénurie de logements est telle que nous sommes obligés de réagir une fois que le problème est déjà là», souligne le conseiller d’Etat Mauro Poggia. A ses côtés, La conseillère nationale Lisa Mazzone en appelle à «davantage de volontarisme et à un changement d’attitude», afin de combler notre «retard à l’intégration qui est bien réel». Elle est applaudie.

Créé: 07.04.2016, 09h33

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