Marie-Thérèse Porchet pouponne

Cirque KnieLa créature de Joseph Gorgoni se remet en piste pour une quatrième tournée avec le cirque national suisse.

Contrairement aux apparences, Marie-Thérèse Porchet n’a rien perdu de son mordant.

Contrairement aux apparences, Marie-Thérèse Porchet n’a rien perdu de son mordant. Image: DR

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Avec l’âge, elle ne s’améliore pas. Marie-Thérèse Porchet est toujours aussi teigne, grande gueule et de mauvaise foi. C’est le personnage qui veut ça. Car celui qui l’incarne est tout son contraire. Joseph Gorgoni serait plutôt du genre aimable et prévenant. Nous l’avons rencontré dans le quartier de Plainpalais quelques jours avant la première genevoise du Cirque Knie, vendredi 24 août. Un rendez-vous qui lui file un peu le trac. Normal, il connaît presque la moitié des gens qui prendront place sous le chapiteau blanc et rouge. L’artiste ne veut donc pas les décevoir même si, au fond de lui, il sait que ça marchera.

Knie et vous, c’est une histoire d’amour?

Une histoire d’amitié, en tout cas! C’est la quatrième fois que je me produis chez eux et je m’y sens bien. Je ne fais pas partie de la famille, mais on a du plaisir à se voir, à vivre et à travailler ensemble. Donc tout est plus facile! En 2001, j’ai assuré uniquement la partie romande de la tournée, j’ai ajouté la suisse italienne en 2004. Et en 2010, c’était toute la Suisse! Mais cette année, je ne vais pas chez les Bourbines.

Et pourquoi donc?

C’était trop pour moi, je n’avais pas le temps. Les Knie ont aussi besoin de noms pour faire venir le public. Mon personnage est un peu connu en Suisse alémanique, mais pas autant que celui de Helga Schneider qui joue actuellement à Berne. Une vraie dame, elle, pas un travelo!

Depuis quand se prépare le retour de Marie-Thérèse?

Cela fait des années que les Knie me demandent de revenir chez eux. Oui, d’accord. Encore faut-il trouver une idée pour raconter une histoire. Car au cirque, on ne peut pas inventer n’importe quoi. Et puis Géraldine Knie est tombée enceinte. Elle a accouché de son troisième enfant. Là, on s’est dit qu’on tenait le sujet: Marie-Thérèse allait devenir nounou. À partir de là, nous pouvions broder…

Quand vous dites «nous», c’est vous et Pierre Naftule?

Oui, bien sûr, et ça fonctionne ainsi depuis que Marie-Thérèse existe. Les idées viennent un peu des deux, même si les trucs les plus délires sont de moi. On s’amuse beaucoup quand on imagine les scènes, quand Pierre les écrit. Il a une manière extra de mettre les mots juste là où il faut pour que ça fasse rire. C’est une sorte de magicien! On s’est revu dernièrement pour refaire la fin du spectacle que je faisais en compagnie de Spidi. Dès qu’il a su que je revenais, le clown du cirque a voulu que je le fasse travailler, car il aimait se déguiser, faire le pitre. Et là, il est mort. Quelle tristesse.

Vous ne travaillez pas pareil sur la scène ou sur la piste.

Si je venais présenter sous le chapiteau le spectacle que je fais au théâtre, ça ne marcherait pas du tout! Le cirque a un public beaucoup plus familial, et il faut en tenir compte. Je figure sur l’affiche du Knie, mais la star, c’est le cirque. Les représentations que je donne ici sont beaucoup moins éprouvantes au niveau physique que celles que je fais au théâtre. La fatigue est différente. Le spectacle de cette tournée dure deux heures dix et je suis là tout le temps. Les artistes de la tournée font leur tour de piste et puis s’en vont. Moi je dois garder l’énergie, rester concentré tout le temps et tenir compte des autres. Je ne suis pas tout seul, quoi! C’est ce qui change.

Comment intervenez-vous dans le spectacle?

Je lie le tout, à la manière d’un clown de reprise. J’interviens cinq fois en tout. Cette année, je fais peu de prestations véritablement circassiennes. Je vole un peu dans les airs, je réalise des acrobaties avec les frères Errani, évidemment, et je me produis avec un chameau. On aurait pu imaginer à nouveau un numéro avec les chèvres ou avec les chevaux, ça marche bien. Mais pourquoi Marie-Thérèse ferait-elle du cheval, alors qu’elle doit s’occuper d’un enfant? Ça n’a pas de sens!

Regrettez-vous qu’il n’y ait plus d’éléphants chez Knie?

C’est vraiment les animaux que je préfère au cirque. ll y en avait huit quand j’ai commencé, en 2001. La dernière fois, ils n’étaient déjà plus que trois. J’ai eu la chance de travailler avec Patma, à l’époque, qui était d’une grande douceur. Alors oui, je regrette les éléphants, ils amenaient un truc incroyable au spectacle. Mais c’est devenu trop compliqué, trop dangereux. Et puis il y a tellement de restrictions maintenant, d’attaques des milieux de défense des animaux… Or, en vingt ans, je n’ai jamais vu quelqu’un chez Knie élever la voix contre un éléphant ou un cheval. Ils sont respectueux des animaux, et les répétitions sont toujours ouvertes. Bien sûr, les éléphants se sentent mieux dans la brousse quand ils sont nés là-bas. Maintenant, ils se trouvent à Rapperswil…

Reviendrez-vous une 5e fois?

Il n’y a pas de comédiens humoristes qui sont venus autant de fois que moi au Cirque Knie, je crois. Après, il y a une histoire d’âge. Je vais être ridicule…

Mais vous entrez toujours dans vos costumes de scène…

Il n’y a que ceux du premier spectacle de 2001 que je ne peux plus porter. Les autres me boudinent la moindre, mais je peux encore les enfiler! Depuis le début de ma carrière, je dois bien avoir une cinquantaine de tailleurs et de costumes faits sur mesure que je garde précieusement dans mes armoires. Ça peut servir!

Et Marie-Thérèse, comment vieillit-elle?

Elle est toujours aussi méchante, mais ça lui retombe dessus. C’est ainsi que cela fonctionne.

Créé: 17.08.2018, 19h25

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