Manne record pour isoler le bâti

Transition énergétiqueEn 2019, 35 millions seront débloqués pour assainir le parc immobilier, tout en accompagnant les propriétaires et les locataires.

Genève, 16 septembre 2014. Une maison au label Minergie. C'est-à-dire qu'elle produit toute l'énergie qu'elle consomme.

Genève, 16 septembre 2014. Une maison au label Minergie. C'est-à-dire qu'elle produit toute l'énergie qu'elle consomme. Image: Olivier Vogelsang

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Jamais il n’y aura eu autant d’argent à disposition des milieux immobiliers pour assurer la transition énergétique à Genève. En 2019, 35 millions de francs seront débloqués par la Confédération, le Canton et les Services industriels de Genève (SIG) pour subventionner l’assainissement et l’optimisation thermique des bâtiments. Cette manne, qui provient majoritairement des recettes de la taxe sur le CO2, servira aussi à développer une mesure innovante pour mieux accompagner et conseiller les propriétaires et les locataires durant les chantiers.

Devant le succès rencontré en 2018 avec ces subventions, l’État et les SIG ont décidé de faire un effort supplémentaire cette année. L’an dernier, 32 millions avaient été versés pour soutenir 736 projets consistant par exemple à mettre des immeubles au standard Minergie, à y installer du double vitrage ou un système de chauffage aux énergies renouvelables, ou encore à en refaire l’enveloppe thermique. La demande était telle qu’une vingtaine de projets ont dû être reportés à 2019 par manque de budget.

«Le chauffage des bâtiments représente la moitié de la consommation d’énergie du canton de Genève, relève le conseiller d’État Antonio Hodgers. Or, si nous avons été pionniers dans la transition énergétique et sommes en avance en termes d’économies d’électricité, nous avons en revanche un taux de rénovation du patrimoine bâti plutôt faible par rapport à d’autres cantons.»

«Un cercle vertueux»

Parallèlement à l’obligation faite aux propriétaires de mettre du double vitrage sur tous leurs bâtiments – avec une échéance fixée à la fin de janvier 2016, puis assouplie – les subventions pour l’assainissement des immeubles sont passées de moins de 10 millions de francs en 2016 à plus de 25 millions en 2017 et 35 millions en 2019. Cela grâce à l’effet multiplicateur de l’aide de la Confédération, qui paie trois francs chaque fois que le Canton en paie un. Ainsi, sur les 35 millions, 21 proviennent de Berne, sept de Genève et sept autres des SIG. «Plus un canton met de moyens dans ces programmes, plus la Confédération lui en donne, relève Antonio Hodgers. Cela crée un cercle vertueux, puisque ça incite les propriétaires à faire réaliser les travaux nécessaires, en créant au passage des emplois pour les entreprises locales.»

Ce montant record de subventions sert aussi à lancer un nouveau service à l’intention des milieux immobiliers d’une part et des locataires d’autre part. Des experts, formés par l’État et dont les prestations sont subventionnées, conseillent les uns et les autres avant et pendant les chantiers d’assainissement. Cinq projets pilotes (réalisés, en cours ou à venir) ont été retenus pour lancer cette démarche. Des «assistants à maîtrise d’ouvrage» (AMO) aident les propriétaires à s’y retrouver dans les démarches administratives et leur offrent leur expertise technique dans l’optimisation thermique des bâtiments. Quant aux locataires, des «assistants à maîtrise d’usage» (AMU) écoutent leurs doléances, aident à trouver des solutions pour limiter les nuisances des chantiers de rénovation et enseignent les bons gestes pour réduire les besoins en chauffage des immeubles.

Selon le directeur général des SIG, Christian Brunier, les premiers retours d’expérience sont concluants: «Les bilans énergétiques sont bons et les locataires et propriétaires ont l’air satisfaits.» D’ici à 2025, les SIG et l’État espèrent étendre le processus à 150 projets d’assainissement thermique.

Créer un partenariat

Responsable du parc immobilier des Rentes Genevoises, Isabelle Jacobi Pilowsky confirme l’intérêt de la démarche: «Les chantiers habités ont un gros impact sur la vie des locataires. Dans un de nos projets, l’intervention des AMU a été très positive. Des comités d’habitants ont été créés, ainsi que des ateliers d’écogestes et de vivre ensemble. Tout cela a renforcé la communication. Nous devons avoir plus de transparence et créer un vrai partenariat entre les propriétaires et les locataires.»

Pierre Olivier est l’un des trois assistants à maîtrise d’usage formés jusque-là. Lors des chantiers d’assainissement, il fait du porte-à-porte chez les habitants et tient une permanence. D’après lui, le fait d’impliquer davantage les locataires permet de résoudre les problèmes plus rapidement. «Il faut les faire adhérer au projet. En plus, cela renforce les liens sociaux entre voisins.»

(TDG)

Créé: 29.01.2019, 20h09

Bons Résultats

Bien qu’il reste encore beaucoup à faire en matière d’énergies fossiles à Genève, le canton est sur les rails. Ainsi, les objectifs que le Conseil d’État s’était fixés pour 2020 étaient déjà atteints, ou presque, en 2017. Le gouvernement visait une baisse de 29% de la consommation d’énergies fossiles à l’échéance 2020 (par rapport au niveau de l’an 2000). Or, il y a deux ans, on avait déjà réduit notre dépendance au pétrole et au gaz de 28,7%.

Du coup, il y a bon espoir de réaliser l’objectif d’une réduction de 53% d’ici à 2035, voire plus tôt. Pourtant, si l’on compare ce résultat à l’échelle nationale, on se rend compte que nous ne sommes pas si vertueux que cela au bout du lac. En effet, à côté des 32,3% de réduction des besoins d’énergie fossile entre 2000 et 2017 en moyenne suisse, nos 28,7% n’apparaissent plus si glorieux. Le conseiller d’État Antonio Hodgers souhaite donc que le canton maintienne ses efforts: «Notre modèle n’est pas encore durable. Si tout le monde consommait autant d’énergie que les Genevois, il faudrait trois planètes pour couvrir les besoins de l’humanité.»

AN.G.

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