Love Life: Mauro Poggia proclame son désamour

Prévention contre le SIDA«Il n'est pas nécessaire d'être puritain pour considérer que l'Etat doit savoir concilier avec finesse son devoir d'information et de prévention».

Une des affiches de la campagne. Sur le site internet, Joanna et Sonia, les deux mannequins impliquées expliquent leur motivation: « Les campagnes comme celle-ci sont importantes pour continuer à réduire le risque de contamination et à en appeler au sens de la responsabilité de chacun. Profiter de la vie et de son corps sans mettre sa santé en jeu, c’est ce que nous défendons. »

Une des affiches de la campagne. Sur le site internet, Joanna et Sonia, les deux mannequins impliquées expliquent leur motivation: « Les campagnes comme celle-ci sont importantes pour continuer à réduire le risque de contamination et à en appeler au sens de la responsabilité de chacun. Profiter de la vie et de son corps sans mettre sa santé en jeu, c’est ce que nous défendons. »

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«Personne ne contestera que la lutte contre le Sida et, plus généralement, contre les maladies sexuellement transmissibles, mérite, encore et toujours, notre engagement soutenu et constant. Personne ne contestera non plus que face à la redoutable efficacité de l'inertie, il faille parfois savoir heurter, pour réveiller les esprits assoupis. Cet électrochoc salutaire nous oblige à remettre en question notre comportement face à certaines situations. De là à adhérer à la récente campagne orchestrée par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) sous l'appellation "LOVE LIFE", il y a un pas que j'ai un mal certain à franchir.»

C'est ainsi que le conseiller d'Etat MCG, Mauro Poggia, chef du Département de la santé à Genève proclame, ce jeudi dans son blog (hébergé par la Tribune de Genève), son désamour d'une campagne d'affichage de prévention contre le SIDA, qui ne cesse de faire des remous. Depuis qu'il a accédé au gouvernement genevois en novembre 2013, Mauro Poggia s'est fait plus discret dans son blog, mais chacune de ses interventions ne manque pas de vigueur.

En fait, le magistrat profite de ses vacances pour manifester son avis personnel «qui n'engage pas le Conseil d'Etat», précise-t-il en réponse à un SMS de la Tribune. Mauro Poggia n'a pas reçu de plaintes directement mais dit avoir entendu des réactions qu'il a trouvées justes. «Cette campagne échappe aux cantons et j'ai été pour ma part mis devant le fait accompli.» Mauro Poggia va-t-il se plaindre officiellement à Berne? «En l'état un courrier à l'OFSP n'est ni exclu, ni à l'ordre du jour.»

Lire le billet «LOVE LIFE, le désamour» sur le blog de Mauro Poggia

«Il n'est pas nécessaire d'être puritain, ni même particulièrement chatouilleux sur ce sujet, poursuit l'ancien conseiller national, pour considérer que l'Etat doit savoir concilier avec finesse son devoir d'information et de prévention avec les sensibilités diverses et tout aussi respectables les unes que les autres, des habitants de notre pays.»

Le latex salvateur

Dans son billet, Mauro Poggia réfute l'idée des auteurs de cette campagne nationale que les groupes à risques ignorent l'importance de se protéger. «J'ai peine à concevoir, écrit-il, qu'en 2014, en Suisse, il puisse y avoir encore une personne, notamment au sein de la communauté homosexuelle, qui ignore qu'il faille opter pour des relations sexuelles protégées lorsque le partenaire n'est totalement fiable. J'ai peine à concevoir également, si cette campagne s'adresse aux personnes avinées tentées par de furtives relations sexuelles aurorales, que le message leur soit encore présent à l'esprit, au moment où elles chercheront en vain le latex salvateur.»

Et le conseiller d'Etat de dénoncer le fait que «ces affiches semblent réduire l'amour à l'acte sexuel, ce qui est particulièrement préjudiciable à la cause homosexuelle, qui, curieusement, ne semble pas s'en offusquer».

L'image de la Suisse

Mauro Poggia s'inquiète encore de l'image que ces affiches donnent aux touristes des mœurs qui se pratiqueraient dans le pays. «Faut-il aussi que les touristes de tous horizons qui visitent nos villes en retiennent que la Suisse serait un pays de débauche, selon leur conception du sujet? La Suisse n'a-t-elle pas été bâtie sur le respect de l'autre?» (TDG)

Créé: 14.08.2014, 14h46

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La nouvelle vidéo mise en ligne dans le cadre de la campagne de prévention du SIDA a déjà été vue par plus de 50'000 personnes sur YouTube. Le site américain prévient: «Cette vidéo peut être inappropriée pour certains utilisateurs. En confirmant, vous acceptez le fait que cet avertissement ne s'affichera plus à l'avenir.»

Merci qui? Merci les Suisses!

"La meilleure des protections, c’est la fidélité", rétorquent les opposants - des chrétiens conservateurs - à la nouvelle campagne anti-sida lancée en Suiss. «Ces blaireaux n’ont vraiment rien compris au message», lit-on dans un long article publié le 8 août sur le site Le Nouvel Observateur plus. (...)

Être fidèle ne signifie pas ne jamais avoir à utiliser le caoutchouc, ni avant, ni après car tout couple n’est pas éternel… À croire que ces anti ont rapidement oublié leurs jeunes années, rappelle l'auteur anonyme parrainé par Aude Baron. À moins qu’ils n’aient jamais été jeunes ? C’est aussi faire passer le message conservateur selon lequel la sexualité ne s’envisage qu’au sein du couple : désolé les moyenâgeux, mais le "plus avant le mariage", c’est fini depuis belle lurette ! Alors même s’il s’agit d’images assez réalistes et voluptueuses, elles ne sont pas de l’ordre de la pornographie, estime David Courbet, auteur de "Féminismes et pornographie".

Quant à l’excuse des enfants, elle n’est pas valable. Si des enfants voient de telles affiches et posent des questions, tant mieux. Cela permettra aux parents, proches ou instituteurs de leur apporter les réponses nécessaires pour une problématique qui va rapidement les concerner.

Informer sur la protection du Sida et les autres maladies sexuellement transmissibles est donc totalement compatible avec un message non anxiogène à destination des plus âgées mais aussi et surtout des plus jeunes, poursuit l'article. Afin d’éviter, notamment à ces derniers, de ne plus délaisser ce bout de caoutchouc qui peut éviter des drames… et sauver bien des vies. Merci qui ? Les Suisses ! (JFM)

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