Lisa Mazzone vise le Conseil des États

ÉlectionsLa jeune écologiste, déjà conseillère nationale, brigue la place laissée par Robert Cramer à la Chambre haute. Réponse en octobre 2019.

À 30 ans, Lisa Mazzone saura-t-elle rassembler une majorité de Genevois?

À 30 ans, Lisa Mazzone saura-t-elle rassembler une majorité de Genevois? Image: Georges Cabrera

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Robert Cramer, douze ans au Conseil des États, ne se représente pas aux prochaines élections à l’automne 2019. Chez les Verts, la succession est donc ouverte. Lisa Mazzone est la première à sortir du bois. L’écologiste se porte candidate à la candidature, comme elle l’annonce en exclusivité dans nos colonnes. Son parti décidera le 21 novembre.

Berne ne lui est pas inconnue, puisqu’elle siège depuis 2015 au Conseil national. Cette fois, elle se prépare à une élection majoritaire autrement plus difficile. Depuis douze ans, les deux sièges sont occupés par la gauche, et la droite compte bien reprendre la main. À 30 ans, la jeune écologiste saura-t-elle rassembler une majorité de Genevois autour d’elle? Elle a une année pour convaincre.

Mme Mazzone, qu’est-ce qui vous motive à briguer ce siège?

Comme jeune femme Verte, je souhaite représenter ce que Genève apporte à la Suisse. Son dynamisme, son courage, sa capacité à innover et à sortir des sentiers battus. Et je me sens en phase avec mon canton, c’est le seul qui a accepté les trois initiatives vertes, sur les aliments équitables, l’économie verte et la sortie du nucléaire. Par ailleurs, le Conseil des États n’a que sept femmes sur 46 membres et cette part risque fort de diminuer l’année prochaine. Or, on voit le résultat. Il a par exemple longtemps rechigné à légiférer sur l’égalité salariale.

Vous êtes jeune, avec peu d’expérience à Berne. N’êtes-vous pas trop ambitieuse?

Il y a des précédents. Alain Berset ou Raphaël Comte y sont entrés à mon âge, sans expérience fédérale. En réalité, je suis plutôt dans la tendance d’un rajeunissement bienvenu des politiques. La «SonntagsZeitung» m’a même classée parmi les quinze élus les plus influents au National.

Votre parti est très minoritaire à Genève. Comment justifier un siège à Berne?

Le Conseil des États est d’abord une élection de personne. Je défends le ticket de gauche pour les valeurs progressistes chères à notre canton. Les Verts sont en progression, en Suisse et en Europe. À Genève, l’urgence climatique a rassemblé des milliers de personnes. Je souhaite continuer de porter ces préoccupations à la Chambre haute.

Pour gagner cette élection, il faut rassembler. Vous, vous avez plutôt des positions tranchées. Allez-vous les arrondir?

Je sais dialoguer derrière les portes des commissions, comme pour le contre-projet négocié avec la droite et les initiants sur les multinationales responsables. Mais pour tisser des compromis, il faut d’abord affirmer ses convictions avec force, sinon on s’efface, ce qui n’est pas dans l’intérêt de Genève. Je me réjouis donc de faire une campagne engagée, en défendant mes positions qui, je l’espère, convaincront au-delà de nos rangs.

Convaincre la droite, qui vous reproche votre «croisade» contre l’aéroport?

Je ne remets pas en cause l’existence de l’aéroport, mais son développement effréné. D’ailleurs, j’ai réussi à réunir dans ce combat des gens de tous bords, y compris de droite. Le problème réside plutôt chez quelques politiciens genevois que ces préoccupations dérangent.

En matière d’égalité salariale, vous êtes pour sanctionner les entreprises qui ne jouent pas le jeu.

Cela fait près de quarante ans que cette égalité est inscrite dans la Constitution. Les mesures volontaires ne suffisent visiblement pas. Ce combat, on ne va pas encore le léguer aux générations futures. Les sanctions font partie de la solution.

Sur l’asile, on a le sentiment que vous voulez accueillir tous les réfugiés.

Face à la détresse humaine, la Suisse, pays riche, doit être fidèle à sa tradition de protection. La migration est aussi une nécessité dans un pays vieillissant. La tendance à Berne est de s’inscrire dans les politiques européennes de repli et de peur, qui sont des bombes à retardement.

(TDG)

Créé: 17.10.2018, 22h56

Un parcours politique éclair

Profession? «Conseillère nationale.» Lisa Mazzone n’hésite pas à se définir comme politicienne professionnelle. Le parlement de milice? «Un mythe, une image cristallisée qui n’existe plus.»

À 30 ans, son parcours se lit d’abord dans les urnes. Conseillère municipale au Grand-Saconnex (2011-2013), puis députée au Grand Conseil (2013-2015), elle accède au Conseil national en 2015, profitant de la visibilité que lui a donné la présidence du parti genevois. Un parcours éclair.

Des mandats, elle en compte beaucoup. À Genève, elle préside l’Association transports et environnement ainsi que la Carpe, qui lutte pour maîtriser le développement de l’aéroport. À Berne, elle est vice-présidente des Verts suisses et coprésidente de l’association du service civil. «Je fais beaucoup de choses, mais je m’y retrouve et j’adore mon travail de parlementaire.»

Son enfance, elle l’a passée à Versoix. Puis le Collège André-Chavanne et un bachelor en lettres (français, latin). Elle fut ensuite coordinatrice de Pro Vélo à Genève.

De plan de carrière, elle dit ne pas en avoir. «J’avance avec mes convictions, là où elles m’amènent.»

La parole, elle n’hésite pas à la prendre au perchoir du National. Une étude l’a classée au quatrième rang dans les prises de parole. Elle se dit travailleuse. «Je potasse mes dossiers un nombre incalculable d’heures.» Elle s’est présentée à l’interview avec un petit carnet de notes à la couverture fleurie, histoire de ne rien oublier. Une professionnelle n’improvise pas.

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