Les taxis bloquent le centre-ville de Genève

Conflit avec UberLe Collectif des taxis annonce une plainte contre l’Etat et demande le départ de Pierre Maudet.

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Très en colère contre Uber, le service de location de chauffeurs venu des Etats-Unis, les taxis genevois ont bloqué la ville, hier après-midi. Le Collectif des taxis dit avoir déposé une plainte contre le Département de la sécurité (DSE), «pour violation de la loi sur les taxis». Il exige la suppression de l’application Uber et va jusqu’à demander le départ du conseiller d’Etat Pierre Maudet.

Dès 16 heures, un circuit s’organise entre la place de la Fusterie et la gare routière, via le pont du Mont-Blanc. La circulation est vite bloquée. A 18h30, les TPG annoncent un retard de 50 minutes du tram 14 à la rue du Stand. Le secteur de la gare est lui aussi touché.

«Ce fut un énorme blocage, jusqu’à l’aéroport», se félicite Marc Derveaux, président du Collectif des taxis. Selon lui, plus de 500 chauffeurs ont participé au mouvement. «Ce que nous faisons là est très gentil, prévient-il. Nous n’allons pas laisser de répit à l’Etat. Ce sera de plus en plus dur, jusqu’à l’interdiction d’Uber.»

Apprenant le placement en garde à vue, hier à Paris, du directeur général d’Uber France et de son homologue pour l’Europe de l’Ouest, les taxis genevois se sentent pousser des ailes. Mais le sentiment dominant est bien la colère face à l’Etat, accusé de duplicité: «Il interdit Uber sans donner aucune consigne à la police et prépare une loi pour l’autoriser.»

Directeur de cabinet de Pierre Maudet, Patrick Baud-Lavigne ne s’exprime pas sur la plainte que le DSE n’a pas encore reçue. Il déclare que «l’Etat n’a aucune base légale et aucun moyen technique de couper l’application Uber» et rappelle qu’Uber avait jusqu’au 30 juin pour se mettre en conformité avec la loi. Enfin, il esquisse la solution envisagée: si Uber se contente d’exercer un service de limousine (véhicule réservé à l’avance, sur commande, avec un prix défini), il pourrait être autorisé.

De son côté, Pierre Maudet se dit «choqué par l’attitude de certains chauffeurs de taxis qui prennent le grand public en otage et se permettent de paralyser encore plus la ville». Le magistrat souligne qu’aucune demande d’autorisation n’a été faite pour leur manifestation et déplore que certains n’aient pas hésité à flirter avec la légalité et la sécurité routière.

Créé: 29.06.2015, 20h02

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