Les punaises de lit s’incrustent à Genève

InsectesUne famille de la  Jonction a subi l’invasion des  parasites. Témoignage.

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Des petits insectes brunâtres, aussi grands qu’un grain de riz, s’emparent d’un appartement de plus à Genève. Ils se déplacent sur nos sacs, nos vêtements, ou même dans nos meubles d’occasion, et n’ont pas l’intention d’en rester là. Avec l’augmentation du tourisme de masse, les punaises de lit ont réinvesti les grandes villes du monde et se propagent dans nos habitations avec l’aisance du cambrioleur nocturne. A New York, des immeubles entiers ont dû être fermés pour cause d’infestation.

Au 11, avenue de la Jonction, l’appartement des Abreu respire le nettoyage et le médicament. Depuis avril, en plus de ses maladies, Mme Abreu présente de nombreuses lésions cutanées. «Ça me démange, je ne dors plus, et ma vie devient intolérable», se plaint-elle. En ce qui la concerne, il n’y a plus de doute: elle subit les avances nocturnes répétées de celle que l’on appelle Cimex lectularius. L’œuvre des punaises de lit est saisissante: une multitude de taches rouge vif couvrent son corps, et rappellent des brûlures de cigarette. Si l’on en croit les dires de Scanbug, une entreprise spécialisée dans la détection canine de punaises de lit, la situation à Genève prend réellement de l’ampleur depuis une année: «Le nombre de nos interventions suit une courbe exponentielle.»

La société souhaite sensibiliser la population à agir dès l’apparition des parasites afin d’éviter un processus long et coûteux une fois qu’ils sont confortablement installés. Elle recommande tout simplement «une détection atteignant un taux de 95% grâce à des chiens, permettant de cibler avec précision où se trouvent les nids de punaises», évitant ainsi une désinfection totale.

A + A Désinfection, qui collabore avec Scanbug pour désinsectiser, confirme que nous faisons face à «une véritable invasion et qu’il faut agir rapidement afin d’enrayer la prolifération». Le patron de l’entreprise, Stéphane Aeschlimann, avance des chiffres inquiétants: «A Genève, en 2010, nous avons traité 8 appartements, et 250 en 2011. Nous en sommes aujourd’hui à 673 pour 2012.» Ils ont même des techniciens qui ne s’occupent plus que des punaises, et proposent désormais une formation d’une demi-journée, avec détection canine, pour les régies désireuses de se former.

«Ce n’est que le début»

Il s’avère donc que le problème de la famille Abreu représente une goutte d’eau au milieu d’un océan d’insectes. Comme nous l’explique Stéphane Aeschlimann, «ça n’est que le début, et bien souvent, les locataires pensent qu’il suffit de notre intervention pour que le problème disparaisse». Il est impératif que tous les objets envahis par les punaises soient pris en charge par leur propriétaire. Sans quoi le traitement reste inefficace.

La préparation au traitement est tout aussi indispensable que la désinfection elle-même, et les entreprises spécialisées telles que Scanbug encadrent leurs clients avec une marche à suivre appropriée selon le diagnostic. Lavage à plus de 60 °C, et congélation à –20 °C pendant septante-deux heures sont de rigueur! Pour les objets volumineux, des congélateurs géants sont mis à disposition, moyennant environ 100 fr. par palette.

Responsabilité du bailleur

D’un point de vue juridique, l’avocat de l’Asloca Pierre Stastny parle «de la responsabilité du bailleur d’éliminer le défaut (ndlr: supprimer les punaises) tant qu’il ne parvient pas à démontrer de manière irréfutable que le locataire l’a lui-même provoqué».

Etant donné qu’il est pratiquement impossible de désigner le fautif avec certitude, l’assainissement devrait donc être du ressort de la régie. Le secrétaire général de l’Union suisse des professionnels de l’immobilier à Genève précise que si des organismes considérés comme de la vermine «représentent un risque de propagation dans un immeuble sans que le locataire ne soit responsable, le traitement est de la responsabilité du propriétaire».

Il s’agit maintenant de combattre le plus judicieusement possible ce qui apparaît bel et bien comme une invasion.

Créé: 21.09.2012, 22h47

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