Les pompiers du SIS réclament des effectifs supplémentaires

SécuritéLa commission du personnel s'inquiète de l'ouverture de trois casernes 24 heures sur 24 en 2020. Le Municipal bouge.

Image: Laurent Guiraud / Archives

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Un risque pour la population, mais aussi pour les collaborateurs. Les pompiers du Service d'incendie et de secours (SIS) estiment qu'il y a urgence à renforcer leur effectif. La commission du personnel vient d'écrire au Conseil municipal de la Ville de Genève afin que celui-ci soutienne un projet récemment déposé par Ensemble à gauche, réclamant 25 postes en plus au prochain budget. En vue, notamment, de pouvoir faire face à l'ouverture 24 heures sur 24 des trois casernes urbaines dès 2020.

«Ces postes, le SIS en a un besoin urgent», clame la commission du personnel. «Aujourd'hui déjà, après une importante intervention, les collaborateurs sont épuisés. Une heure passée sur un feu, c'est éreintant. Et il n'y a pas de renforts disponibles», alerte Marc Emery, son président.

Et sans augmentation d'effectifs, la situation ne va pas aller en s'améliorant, redoute le personnel. Car l'an prochain, les trois casernes de la ville (Frontenex, Asters et Bains) seront ouvertes 24 heures sur 24, comme le prévoit le Concept opérationnel de défense incendie et secours 2015-2030, adopté en 2017 par l'Association des communes genevoises (ACG). Selon ce document, ces trois bases devront compter au minimum 38 sapeurs présents jour et nuit en caserne, soit 20 de plus qu'aujourd'hui sur l'effectif total.

Or, pour l'heure, le SIS ne dispose que de 162 hommes et femmes pour assurer ce tournus, soit 32 personnes disponibles 24 heures sur 24. «Ouvrir les casernes de la ville de Genève avec cet effectif représente un réel danger pour les intervenants, sachant qu'ils travaillent déjà, en moyenne sur l'année, plus de 51 heures par semaine», note la lettre envoyée par les employés. Pour la commission du personnel, il faut que des relèves puissent être effectuées sans délai lors d'une intervention et sans devoir rappeler les collaborateurs en congé.

Selon la même commission, le danger concerne aussi la population. Sans augmentation d'effectifs, seules 60% des interventions en zone urbaine à forte densité pourront être assurées dans les temps (soit 10 minutes), et non pas 80% conformément aux délais recommandés par la Coordination suisse des sapeurs pompiers. La lettre envoyée au Municipal, que la commission souhaite voir lue en plénière, pointe également du doigt l'augmentation de la population prévue dans le cadre du PAV et des projets immobiliers autour du CEVA.

Concrètement, le SIS demande au moins 20 postes d'ici la fin de l'année, puis 90 pour les dix prochaines années, afin de pouvoir assurer l'ouverture de deux bases supplémentaires prévues dans le concept opérationnel. Une requête appuyée par un projet de délibération récemment déposé par Ensemble à gauche, sous la plume de la candidate au Conseil administratif Maria Pérez. Ce texte, d'ores et déjà signé par l'UDC et les Verts, exige 25 postes de plus au budget 2020.

Le projet des élus met également en exergue la difficulté de trouver de nouveaux candidats. «L’école latine des sapeurs-pompiers professionnels dure plus de 18 mois, au terme desquels il faut réussir l’examen final [...]. Si nous comptons encore plus de 50 sapeurs à recruter pour combler les départs naturels (retraite), nous pouvons constater que la mise en application du Concept opérationnel cantonal de défense incendie et secours du canton de Genève souffre d'un retard conséquent, puisqu’on approche des 200 sapeurs-pompiers professionnels à recruter et former en seulement dix ans !»

Mais pour l'heure, la Ville ne compte pas entrer en matière. «D’entente avec le commandement du SIS, il a été convenu que les 25 nouveaux postes créés au cours de ces dernières années suffisent aux pompiers professionnels pour que ces derniers assurent leurs missions en 2020, dont l’ouverture en H24 7/7 des casernes des Asters et de Frontenex», explique Cédric Waelti, porte-parole du Département de l'environnement urbain et de la sécurité.

Pour la Ville, l'avenir est entre les mains des mairies du canton. «Dans un avenir proche, il faut garder en tête que le SIS doit quitter le giron de la Ville pour être placé sous une nouvelle structure intercommunale, poursuit Cédric Waelti. Un projet de loi cantonal est en cours d’élaboration. Il appartiendra donc aux communes de se déterminer sur les futurs besoins et ressources afin que le concept opérationnel puisse se déployer d’ici à 2030».

Cette demande d'effectifs ne date pas d'hier. En 1983 déjà, les archives de la caserne des Bains relataient cette inquiétude. Les derniers renforts datent de 2015: le 15 septembre, 25 postes ont été votés par le Municipal.

Créé: 04.10.2019, 09h36

Articles en relation

La création de 25 postes de pompiers met le feu en Ville de Genève

Conseil municipal La droite a fait le forcing pour augmenter les effectifs du SIS. La gauche accuse Barazzone de manipulation. Plus...

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Après l'accord avec l'UE, Johnson doit convaincre le Parlement
Plus...