Les policiers devront passer à la caisse

RetraitesLa population accepte à 59% que la retraite des policiers et agents de détention s’aligne sur celle des autres fonctionnaires.

Les Genevois ont dit un grand oui à la loi modifiant la caisse de prévoyance des policiers.

Les Genevois ont dit un grand oui à la loi modifiant la caisse de prévoyance des policiers. Image: DR

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«Ne tournez pas le dos à votre police», clamaient les partisans du non à la modification de la loi sur la caisse de prévoyance des fonctionnaires de police et des établissements pénitentiaires (LCPFP). Ces slogans jouant sur la corde sensible n’auront pas suffi. Les Genevois ont accepté dimanche à 59% des voix le texte qui leur était soumis à votation. Ainsi, les retraites des policiers et agents de détention s’aligneront sur celles de l’ensemble de la fonction publique.

De quoi modifier le mode de financement des rattrapages de cotisation. Jusqu’ici, le rappel de cotisations était en moyenne à 80% à la charge de l’État pour les policiers et agents de détention assurés à la Caisse de prévoyance de l’État. Désormais, ce sera donc à l’agent lui-même de choisir de payer tout ou partie des coûts des rappels en cas de promotion. Comme l’a voulu l’Exécutif.

De quoi inciter son président Pierre Maudet, absent pour cause de voyage avec les maires genevois, à tweeter avec enthousiasme: «Avec le vote très clair de ce jour sur la caisse de pension des fonctionnaires de police et des prisons, la population genevoise conforte le Conseil d’État dans sa stratégie de réforme de la fonction publique.»

«Carton plein»

Devant la presse, son collègue, le conseiller d’État Antonio Hodgers, renchérit, saluant, en référence à l’acceptation de la loi sur le PAV (Praille-Acacias-Vernets), «un carton plein pour le Conseil d’État. De bon augure pour cette législature.» Et de rappeler au passage que cette votation s’inscrit dans un enjeu plus large, soit la réforme des caisses de prévoyance. L’enthousiasme est plus mesuré chez le conseiller d’État MCG Mauro Poggia. C’est à lui qu’incombe la tâche de se réjouir au nom du Conseil d’État, tout en veillant à ne pas froisser son parti, à l’initiative du référendum. Selon ses mots, cette modification de loi vise à «placer les policiers et les gardiens de prisons dans la même situation que l’ensemble des fonctionnaires. On peut comprendre qu’il s’agit d’une perte d’un avantage pour les policiers, précise Mauro Poggia. Mais l’État se doit d’assurer la cohérence du système et qu’il n’y ait pas d’exception qui ne se justifie pas.»

Partisan du oui, le chef de groupe des Verts au Grand Conseil, Mathias Buschbeck, est plus radical dans son propos, se félicitant de la fin de «ce qui était perçu comme un privilège d’un autre âge par la population».

Du côté des référendaires, l’argument ne passe pas. «Cette inégalité de traitement entre les fonctionnaires remonte à 2014 et a été créée par le Conseil d’État lui-même avec la loi sur la Caisse de prévoyance de l’État de Genève (CPEG)», lance Pablo Cruchon, député d’Ensemble à Gauche. «À terme, on va vers une péjoration importante des prestations de retraite de la fonction publique.» Il déplore aussi la méthode du Conseil d’État consistant à «saucissonner les mesures. Et à les imposer de façon autoritaire avec très peu de discussion avec les partenaires sociaux.»

Appel au dialogue

Un avis que partage François Baertschi. Le député MCG en appelle une fois encore au «dialogue plutôt qu’à la confrontation pour régler le problème de la retraite». Au nom de son parti, qui appelait à voter non pour «protéger la police», il regrette «la dégradation à venir de ce service, après la loi sur la police (LPOL)».

Il se déclare tout de même «satisfait que, malgré la complexité de cet objet et la problématique de la brochure, attaquée sans succès en justice par les syndicats policiers, 41% des Genevois se soient mobilisés en faveur de notre police». Le Vert Mathias Buschbeck préfère, lui, relever le fait que son parti est «le seul à gagner deux fois aujourd’hui. Sur cet objet et sur le PAV.» (TDG)

Créé: 10.06.2018, 19h29

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