Les nettoyeuses cessent leur grève, un accord a été trouvé

GenèveDes négociations avec le patron ont permis de reclasser les employées licenciées. Il reste deux cas à régler, mais il y a bon espoir.

Le piquet de grève du SIT devant l'Union Bancaire Privée, le 24 janvier 2019.

Le piquet de grève du SIT devant l'Union Bancaire Privée, le 24 janvier 2019. Image: Frank Mentha

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Les nettoyeuses d’Orgapropre, en grève depuis onze jours, ont cessé leur mouvement ce jeudi. Un accord a été trouvé entre le patron de l’entreprise et le syndicat SIT, au terme de négociations démarrées lundi sous l’égide du conseiller d’État en charge de l’Emploi, Mauro Poggia. Presque toutes les 37 employées licenciées ont pu être reclassées. Il ne reste que deux personnes sur le carreau, mais les différents partenaires se sont engagés à chercher une solution d’ici à la fin de février, quand leur délai de congé arrivera à son terme.

Tout le monde est soulagé par cette issue à un conflit social qui a failli dégénérer vendredi dernier, quand des empoignades ont eu lieu sur le piquet de grève et qu’un syndicaliste a été séquestré pendant une vingtaine de minutes (lire notre édition du 25 janvier).

Des employées précaires

Le 12 novembre, 37 des 173 employées de la société de nettoyage Orgapropre apprennent qu’elles sont licenciées par leur patron car un important client, l’Union Bancaire Privée (UBP), a résilié son contrat pour le 1er février. Il s’agit essentiellement de femmes peu qualifiées, dont certaines ont près de vingt ans d’ancienneté ou sont proches de l’âge de la retraite, et qui cumulent souvent plusieurs emplois à temps partiel et mal payés. Douze d’entre elles sont rapidement reprises par Orgapropre pour travailler chez d’autres clients. Sur les 25 restantes, quatorze se mettent en grève pour réclamer un plan social en vue d’être reclassées à un poste similaire ou, à défaut, d’obtenir des compensations financières. Finalement, douze des grévistes seront engagées par l’entreprise concurrente qui a repris le mandat de nettoyage des locaux de l’UBP. Cependant, elles ne pourront pas travailler dans cette banque, car une clause de non-concurrence l’interdit.

Pour les deux dernières nettoyeuses, la nouvelle entreprise mandatée et l’UBP se sont engagées à chercher comment les reclasser. Le conseiller d’État Mauro Poggia est confiant: «Nous allons tout mettre en œuvre pour cela, et en un mois, je suis convaincu que nous y arriverons. Ce qui a été fait jusqu’ici est la démonstration de la sincérité de cet engagement. La banque, qui était certes indirectement à l’origine de cette situation mais n’avait pas de responsabilité juridique à l’égard des personnes licenciées, a travaillé avec la nouvelle entreprise de nettoyage pour trouver des solutions de remplacement pour les employées. Tout le monde a joué le jeu, et je ne peux que m’en réjouir.»

«Slogans inélégants»

Dans un communiqué de presse, le syndicat déplore des malentendus ayant envenimé le conflit et regrette des «slogans inélégants à l’encontre d’Orgapropre», qui ont causé un dégât d’image à l’entreprise. Le SIT souligne qu’Orgapropre est «une entreprise locale tout à fait respectable», n’ayant jamais fait, en trente ans d’activité, l’objet de condamnations devant le Tribunal des prud’hommes ou de la part de la commission paritaire du nettoyage. «Cela revalorise l’image d’Orgapropre, qui avait été largement dégradée», se félicite son patron, Pascal Masson.

Le syndicat salue pour sa part l’effort consenti par l’entreprise pour atténuer les conséquences du licenciement collectif. En clair, des indemnités seront versées aux nettoyeuses, mais leur montant n’est pas communiqué. Le SIT réclamait 2000 francs par personne. De plus, les employées qui quittent Orgapropre sont libérées de l’obligation de travailler, tout en touchant leur salaire jusqu’à la fin du délai de congé.

«Grâce à un mouvement de lutte exemplaire, les grévistes ont obtenu le reclassement de presque tout le monde, se réjouit Thierry Horner, secrétaire syndical au SIT. Ces femmes qui sont tout en bas de l’échelle sociale ont le sentiment d’avoir enfin été reconnues. Elles sont très satisfaites d’avoir retrouvé un emploi.»

Le porte-parole de la banque, Bernard Schuster, a également réagi à ce dénouement: «L’UBP, qui a contribué, depuis le début du conflit, au reclassement du personnel de nettoyage licencié, se réjouit qu’un accord ait été trouvé entre les salariés d’Orgapropre et leur direction.»

Créé: 31.01.2019, 21h08

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