Les médecins genevois redoutent l’arrivée de praticiens européens sous-qualifiés

SantéLa suppression de la clause du besoin début 2012 libéralise l’installation de cabinets médicaux indépendants. Le médecin cantonal réfute l’accusation des professionnels.

L'installation de cabinets médicaux indépendants est libre depuis le 1er janvier 2012.

L'installation de cabinets médicaux indépendants est libre depuis le 1er janvier 2012. Image: Lucien Fortunati

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Imposé en 2002 pour limiter les coûts de la santé, le numerus clausus sur l’ouverture de cabinets médicaux indépendants est totalement levé depuis le 1er janvier 2012. L’Association des Médecins Genevois (AMG) craint l’afflux de praticiens européens sous-qualifiés. Le médecin cantonal réfute cette accusation. Il craint d’avantage une hémorragie de professionnels de la santé dans les hôpitaux.

«La clause du besoin était une mauvaise mesure car elle pénalisait aussi les Suisses. Mais sa levée totale est aussi une mauvaise chose», critique Pierre-Alain Schneider, le président de l’AMG. Mise en cause, la reconnaissance automatique des diplômes européens prévue par les Accords bilatéraux. «Il n’y a pas de problème avec la France ou l’Allemagne mais plus avec des pays plus exotiques qui sont moins regardant avec la validation des études. Nous avons plusieurs cas de médecins formés en Amérique du Sud ou au Maghreb et qui ont obtenus un diplôme européen.» Avec la levée totale de la clause du besoin ils vont donc pouvoir s’installer librement en Suisse, ce que redoute le docteur Schneider.

D’après le radiologue, des problèmes vont se poser au niveau de la qualité des soins puisque «des professionnels peuvent exercer en Suisse sans avoir le niveau.» Le président de l’AMG regrette ainsi que la levée de la clause du besoin ne se soit pas accompagnée de l’introduction de mesures comme «des contrôles approfondis des diplômes ou la création d’une sorte de label de qualité». Des solutions qui sont difficiles à mettre en place du fait des accords passés avec l’Union Européenne.

Pour le médecin cantonal Jacques André Romand, il n’y a pas d’inquiétude particulière à avoir pour l’instant. Les médecins «exotiques» qui veulent s’installer en Suisse et ouvrir un cabinet indépendant ne sont pas si nombreux. Il y a actuellement 1600 cabinets médicaux à Genève et sur les 350 demandes d’ouverture faites avant fin 2011, seules 50 étaient concrètes. «Sur nos listes d’attente, les médecins formés à l’étranger étaient minoritaires et venaient pour la plupart de France voisine.» Sur la question de la qualité des formations européennes, le médecin cantonal se veut rassurant. «Il est évident que les formations peuvent varier en fonction des pays mais on est très bien soigné dans d’autres pays aussi. Il ne faut pas croire qu’on est en danger si on est malade en dehors de la Suisse.»

Pour Jacques André Romand, lui-aussi opposé à la levée de la clause du besoin, le problème est ailleurs. «Nous craignons davantage une hémorragie de médecins dans les hôpitaux, puisqu’ils y étaient bloqués auparavant. Nous allons aussi nous pencher sur une éventuelle hausse des frais médicaux.» Il critique également une libéralisation «qui ne permet plus de planifier les installations en fonction des besoins en spécialistes.» Tous les effets vont être scrupuleusement observés dans les prochains mois. «Les directeurs sanitaires ont obtenu la mise en place d’un observatoire pour pouvoir prendre des mesures au niveau fédéral si besoin est.» (TDG)

Créé: 06.01.2012, 11h39

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