Les frontaliers peuvent toucher leur paie en euros sans frais

UberisationOn peut gagner jusqu'à 1000 euros par an, explique le site www.travailler-en-suisse.ch.

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Plus besoin d'avoir un compte dans une banque suisse, les frontaliers peuvent toucher leur paie directement en euros et ce pratiquement sans frais. Il suffit, explique David Talerman sur le site travailler-en-suisse.ch, de passer par un service de change de devises en ligne suisse et d'être client d'une banque française 100% en ligne.

David Talerman précise que le changeur en ligne doit bien être suisse. Cet ancien employé de banque expatrié en Suisse reconverti dans le marketing recommande la société genevoise b-Sharpe et cite aussi Telexoo ou Wechselstube. Ces entreprises peuvent fournir au client gratuitement un numéro iban suisse à l'intention de l'employeur. Le spécialiste donne un exemple pour un salarié frontalier qui gagne 5000 francs par mois, les plus petits salaires étant ceux qui trinquent le plus dans la jungle des services bancaires et la tendance actuelle à l'augmentation des commissions.

Selon son évaluation, les frais d'une banque classique peuvent atteindre 250 à 400 euros par an, ceux d'une banque en ligne 0 franc. A cela s'ajoutent les frais de change facturés 3% par les banques traditionnelles et 0,5% voire moins par les banques sur Internet. De quoi économiser au total 800 à 1000 euros par an. Selon le site moneyland.ch, on peut aussi économiser des centaines de francs en comparant les offres sur le marché.

La Banque cantonale de Genève n'offre pas de conditions particulières pour les travailleurs du Grand Genève. Dans ce secteur, c'est toujours le change Migros et la banque du Léman ou les petits changeurs de rue qui mènent le train et devant les guichets desquels s'agglutinent les salariés qui changent leur paie à l'ancienne.

Pas la panacée

Le patron du site internet, qui revendique 45'000 abonnés, a contacté cinq banques en ligne françaises et dressé un tableau comparatif de leurs prestations. Petit bémol, les frontaliers qui ont des dépenses régulières en Suisse, par exemple le paiement des cotisations à l'assurance maladie ont une bonne raison d'avoir un compte salaire en francs suisses.

Autre désavantage, le fait que le change en ligne ne permet pas d'utiliser un service de garantie de change (blocage du taux sur plusieurs mois voire un an). David Talerman recommande que la moitié du salaire soit versé à un taux bloqué ce qui permet de stabiliser le budget familial. Le principal obstacle reste d'ordre psychologique, note-t-il, la relation avec son banquier est sécurisante pour certaines personnes, comme celles qui continuent de changer leur paie dans les officines spécialisées.

Son article a été bien lu, mais a suscité moins de partages que d'autres articles du même genre. David Talerman explique cela par la théorie de la dissonance cognitive. Un concept savant qui décrit le fait que les gens sont généralement satisfaits des services qu'ils utilisent et ont tendance à dénigrer les nouveautés. On constate aussi ce phénomène quand on interroge des touristes à la montagne, même en l'absence de neige, ils sont généralement contents d'y être.

La banque en ligne est une forme d'ubérisation de ce secteur économique expliquait-il dans une Tribune de Genève en automne dernier. Les changeurs en ligne vont petit à petit menacer les bureaux de change qui ont pignon sur rue, estime David Talerman, qui ne croit pas les banques classiques capables de satisfaire leurs petits clients face à la concurrence en ligne. Ce lundi, toujours dans la Tribune, Marian Stepczynski notait qu'«il n’est pas certain qu'on ait encore besoin de banques demain». (TDG)

Créé: 17.02.2016, 11h07

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