Les foulées d’un élu meyrinois

Rencontre avec Robert TillmannAprès vingt ans d'engagement politique et associatif pour sa commune, le PLR prend sa retraite.

Robert Tillmann pose devant la patinoire des Vergers; un clin d’œil à son engagement pour le hockey meyrinois.

Robert Tillmann pose devant la patinoire des Vergers; un clin d’œil à son engagement pour le hockey meyrinois. Image: Lucien Fortunati

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Pas de grands adieux. A la fin de la séance du mois de juin, Robert Tillmann a simplement tenu à souhaiter un bel été à ses confrères du Conseil municipal de Meyrin, où il a été élu la première fois en 1995. Cet automne, un autre PLR prêtait serment et prenait sa place au sein de l’hémicycle. Après des années d’engagement associatif et politique dans sa commune, Robert Tillmann a pris sa retraite au début de juillet, «juste après la Fête des écoles en souvenir de mes premières Promotions à Meyrin, en 1957… il y a presque soixante ans».

Robert Tillmann est né en 1951, à Locarno, d’un père genevois et d’une mère tessinoise. La famille s’installe à Meyrin en 1955; un an après le CERN. L’aéroport anime et remplit son imaginaire d’enfant. «Mon père était pilote militaire, il a pris ses bases à Cointrin. Gamin, je jouais sur le tarmac, volais avec mon père, c’est une période de grand bonheur!» Adolescent, Robert Tillmann s’éprend d’athlétisme. Ses foulées l’amèneront à décrocher le titre de champion genevois de course à pied en 1967, puis celui de champion suisse deux ans plus tard. Le dessin et la vie de bohème l’attirent aussi. «J’ai fait une année aux Beaux-Arts, je voulais y rester mais mon père a dit non. J’ai donc fait une école pour devenir graphiste.» Son diplôme en poche, Robert Tillmann voyage beaucoup, s’installe à son compte à Chancy avec des idées, des amis talentueux, mais «sans grands succès». Jusqu’à ce qu’il décroche un poste de graphiste à Interavia, une maison d’édition spécialisée dans l’aéronautique. «Ce travail m’a passionné, j’y suis resté jusqu’à ce qu’ils nous virent tous lorsqu’ils ont été rachetés par des Anglais dans les années 90.» Il tente alors la publicité, deux ans, puis se remet à son compte.

Vingt ans de politique meyrinoise

Travailler pour Interavia lui a permis de revenir vivre à Meyrin et d’y fonder une famille. Il commence à s’investir pour sa commune, comme membre du Cartel des sociétés meyrinoises et du comité du club de hockey où évolue son fils Romain. «C’est là qu’en 1995, la conseillère administrative radicale de l’époque, Madeleine Bernasconi, m’a attrapé et demandé de me présenter au Conseil municipal», se souvient-il. Il est élu du premier coup. «Il y avait aussi Michel Balestra, Michel Chevrolet, Pierre-Alain Tschudi et Monique Boget. On formait une équipe assez marrante, il y avait un côté un peu familial.» La politique communale lui plaît «parce qu’on a une prise directe sur les choses même si on n’est pas toujours écouté ou si on n’a pas tout le temps raison», précise-t-il. Et d’admettre: «Cela m’a pas mal changé, j’ai acquis une certaine sérénité avec le temps.»

La patinoire, «sa» victoire

Lorsqu’il se lance en politique, Robert Tillmann ne court plus mais continue à se battre «pour le sport et pour les projets permettant aux Meyrinois de disposer de toutes les infrastructures nécessaires dans leur commune». La patinoire, où il nous fixe rendez-vous pour la photo, est l’une de ses victoires: «Avant cela, le club de hockey n’avait pas de surface de glace avant le mois d’octobre ou novembre, on devait aller s’entraîner jusqu’à la vallée de Joux!» En 2003, Robert Tillmann quitte l’hémicycle. Il y reviendra cinq ans plus tard. Entre-temps, son parti a perdu certains de ses membres au profit de l’UDC et les élus meyrinois se sont déchirés autour du tracé du tram: «Je ne voulais pas rentrer dans le combat», dit-il seulement. Il reste président de la section des radicaux ainsi qu e du Cartel des sociétés.

Robert Tillmann s’échappe parfois de la cité satellite pour se rendre à sa maison du Tessin. Ou les samedis pour tenir un stand de brocante sur la plaine de Plainpalais, repris au décès de son père. Il y retrouve «l’ambiance conviviale du marché aux puces et les apéros en plein air». Sa retraite se passera aussi hors de Meyrin avec sa seconde épouse, de l’autre côté de la frontière, «pour des raisons techniques et financières». Que fera-t-il de son temps libre? «Des balades avec mes chiens, je m’occuperai de mes petits-enfants et encore un peu des Foulées automnales. C’est tout.»

Créé: 23.09.2016, 14h49

Bio express

18 août 1951 Naissance à Locarno.

1956 Entre à l’école primaire de Cointrin.

1967 Première victoire aux championnats genevois de course à pied.

1972 Termine sa formation de graphiste aux Arts décoratifs.

1975 Commence aux Editions Interavia.

1978 Mariage puis naissance de Joséphine et Romain, en 1979 et 1982.

1985 à 1995 Membre puis président du Club des patineurs section hockey et du Cartel des sociétés meyrinoises.

1990 Fonde sa société ART, graphisme et édition.

1995-2003 Siège au Municipal de Meyrin (radical), puis de 2011-2016 (PLR). Préside le Conseil en 2015 et démissionne en 2016.

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